Les News du Nord Vaudois

En collaboration avec le journal La Région.

16 nov 2017

La HEIG-VD s’invite parmi les étoiles

Yverdon-les-Bains – L’institut d’automatisation industrielle de la Haute Ecole d’ingénierie et de gestion participe à la réalisation du plus grand télescope du monde, qui devrait être opérationnel d’ici à 2024, au Chili.

Les professeurs Lorenzo Zago et Laurent Jolissaint ainsi que leurs assistants Audrey Bouxin et Alicem Unal (de g. À dr.) se réjouissent d’apporter leur expertise en matière de télescopie pour la phase exécutive du projet du European Extremely Large Telescope (ELT). ©Michel Duperrex

Les professeurs Lorenzo Zago et Laurent Jolissaint ainsi que leurs assistants Audrey Bouxin et Alicem Unal (de g. à dr.) se réjouissent d’apporter leur expertise en matière de télescopie pour la phase exécutive du projet du European Extremely Large Telescope (ELT).

La vie existe-t-elle sur d’autres planètes de l’univers ? Cette question taraude les chercheurs en astronomie et en astrophysique depuis plusieurs décennies déjà. Observer ce qui se passe sur d’autres étoiles, tel est l’objectif de l’Observatoire européen austral (ESO), qui mène de vastes recherches dans ce domaine. Dans ce but, il est en train de réaliser l’European Extremely Large Telescope (ELT), le plus grand télescope du monde (son miroir primaire mesurera 39 mètres de diamètre), estimé à plus d’un milliard d’euros.

Pour réaliser ce projet d’envergure, l’ESO sous-traite à l’industrie le développement des divers éléments du télescope. Pour deux de ces éléments, les supports des miroirs secondaire et tertiaire, l’appel d’offres a été remporté par la société espagnole SENER, active notamment dans le domaine aérospatial. Cette dernière a ensuite mandaté la Haute Ecole d’ingénierie et de gestion du Canton de Vaud (HEIG-VD), et plus particulièrement son laboratoire d’optique et métrologie, afin qu’elle apporte son expertise technique dans la modélisation mathématique des miroirs de ce télescope géant, qui sera construit sur le Cerro Armazones, une montagne située dans la cordillère des Andes, au Chili.

 

Œil tourné vers l’univers

 

La HEIG-VD est mandatée pour la réalisation de deux plus petits miroirs qui, à la manière d’un objectif d’appareil de photographie, serviront à capter la lumière des étoiles extrasolaires au micron près. «Pour simplifier, le grand miroir de 39 mètres va réfléchir la lumière d’une zone précise vers un miroir secondaire, qui va lui aussi réfléchir la lumière sur un autre miroir. Pendant des poses d’observation, qui durent une demi-heure, le télescope va former une image très précise d’une partie infime du ciel», explique Lorenzo Zago, professeur émérite de la HEIG-VD et spécialiste en matière de télescopes.

Grâce à cette prise de vue, le télescope permettra d’obtenir des images d’exoplanètes et d’analyser leur atmosphère pour, un jour peut-être, détecter la présence éventuelle d’une vie extraterrestre.

 

Télescopes à la pointe

 

«Notre laboratoire (ndlr : il est affilié à l’Institut d’automatisation industrielle) est jusqu’ici le seul, en Suisse, à participer à la réalisation de l’ELT et de ses instruments», révèle, avec enthousiasme, Lorenzo Zago.

En collaboration avec le professeur Laurent Jolissaint, Lorenzo Zago a participé au développement d’un télescope de type VLT (Very Large Telescope) de l’Observatoire de Paranal, au Chili. Les deux professeurs et leurs assistants ont également apporté leur expertise pour d’autres projets de recherche dans ce domaine, en Turquie et en Iran notamment.

Actuellement, les miroirs paraboliques des télescopes conçus par l’ESO, en Amérique latine mesurent huit mètres de diamètre. Mais il en existe d’autres plus larges -leur miroir atteint dix mètres de diamètre- à Hawaï, aux îles Canaries et en Afrique du Sud.

Par ailleurs, le choix du site de la cordillère des Andes n’est pas si anodin. «L’ESO a déjà réalisé de nombreux télescopes au Chili, explique le professeur de la HEIG-VD. L’endroit désertique est particulièrement propice à l’implantation d’un télescope, car il y a très peu de nuages et il ne pleut presque jamais.» L’idéal pour observer les étoiles extrasolaires.

 

Un vaste projet européen

Observer les étoiles depuis l’hémisphère sud

 

Fondé en 1962 par l’Allemagne, la Belgique, la France, les Pays-Bas et la Suède, l’Observatoire européen austral (en anglais : European Southern Observatory – ESO) est la plus grande organisation scientifique et technique intergouvernementale au monde. «A l’époque, il existait de nombreux sites d’observation dans l’hémisphère nord, mais aucun dans le sud, explique le professeur Lorenzo Zago.

L’ESO gère trois sites d’observation répartis dans la région chilienne du désert d’Atacama : La Silla, Paranal et Chajnantor. Le premier site de l’ESO est celui de La Silla, situé à 2400 mètres d’altitude à 600 km au nord de Santiago du Chili. Le réseau des très grands télescopes (VLT) est, quant à lui, installé à Paranal, situé à 2600 mètres d’altitude.

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16 nov 2017

«Je voulais mettre des mots sur ma maladie»

Yverdon-les-Bains – L’Yverdonnois Pablo Xavier, alias Le Fils de la Terre, a été atteint, à l’âge de 23 ans, de schizophrénie. Il a alors décidé d’utiliser le slam pour exprimer ce qu’il vivait. Aujourd’hui, mieux dans sa peau, il veut populariser cet art dans la région. Interview.

Le Fils de la Terre a retrouvé des racines après son combat contre la schizophrénie. Originaire du Gros-de-Vaud et ayant habité Lausanne, il a trouvé le bon compromis entre la ville et la nature à Yverdon-les-Bains. ©Michel Duperrex

Le Fils de la Terre a retrouvé des racines après son combat contre la schizophrénie. Originaire du Gros-de-Vaud et ayant habité Lausanne, il a trouvé le bon compromis entre la ville et la nature à Yverdon-les-Bains.

Le slameur Pablo Xavier est frappé par la schizophrénie en 2007. Pour contrer sa maladie, il se lance dans le slam. Installé à Yverdon-les-Bains depuis 2010, Le Fils de la Terre -son nom de scène- souhaite maintenant mieux faire connaître son art dans la région, en organisant des soirées slam. Entretien.

Pablo Xavier, vous vous êtes lancé dans le slam lorsque vous avez été atteint par la schizophrénie. Pourquoi ?

J’avais 23 ans et je faisais déjà du rap depuis quelques années. C’était vraiment dur. A cause de la maladie, je me sentais fragmenté. Je n’arrivais pas à expliquer ce que je vivais, je voulais utiliser la complexité des mots et des métaphores pour exprimer ce que je ne comprenais pas.

Comment vous sentez-vous, dix ans plus tard ? Peut-on dire que vous êtes guéri ?

Aujourd’hui, je me sens mieux dans ma peau, j’ai passé le cap de la souffrance psychique. Je ne peux pas utiliser le terme de guérison. La schizophrénie signifie littéralement «le fractionnement de l’esprit». Je dirais que j’ai retrouvé des racines, j’ai de nouveau les pieds sur terre. Mon pseudonyme vient de là. J’ai fait un gros travail sur moi-même, je suis rétabli à 80%, mais je suis sensible, à fleur de peau. Avant, la maladie était au centre de ma vie, maintenant c’est mon côté artistique qui prime.

Au lieu de vous enfermer dans la maladie, vous avez décidé d’en parler et de témoigner. Pourquoi ?

Je voulais démontrer que ce n’est pas une fatalité. Entre 2011 et 2015, j’ai donné plusieurs témoignages, par rapport à la schizophrénie. Je suis allé dans plusieurs institutions, par exemple au CHUV, pour évoquer mon parcours et faire du slam. J’ai aussi fait un recueil de mes textes sur la maladie. Le but était de montrer l’évolution, de la souffrance au rétablissement. Je ne veux pas être un artiste torturé, j’aimerais amener quelque chose de positif et des valeurs qui me tiennent à cœur.

Récemment, vous avez organisé une soirée slam au Tempo, à Yverdon-les-Bains. Cet art est-il répandu dans la région du Nord vaudois ?

C’est la première fois que j’animais, seul, une soirée slam à Yverdon-les-Bains. Je ne connais pas d’autre slameur qui vienne de la région. A Lausanne, ces soirées ont lieu tous les mois. Les gens du public peuvent participer et chacun a le droit de prendre la parole. Mon idée est de faire découvrir des talents, de donner un espace à tous, et aussi de me faire connaître en tant qu’artiste. J’ai de la facilité avec les mots, j’aime bien faire de l’impro. Pendant la soirée, j’ai demandé vingt mots au public et je devais trouver des rimes. Les gens ont apprécié mon impro, les applaudissements ne s’arrêtaient plus.

Plus généralement, quel regard portez-vous sur le slam en tant qu’art ?

Je trouve dommage qu’il n’y ait pas plus d’artistes qui mettent le slam en musique comme Grand Corps Malade, qui a lancé la mode en 2006- 2007 en France. Le genre est ensuite aussi venu en Suisse, mais aujourd’hui le phénomène s’est un peu estompé. Il faudrait amener un style nouveau, et axer la priorité sur la qualité au niveau des mots.

Vous avez des projets qui vous tiennent à cœur. Pouvez- vous nous en dire plus ?

Après 2015, je me suis accordé une pause et je ne suis plus monté sur scène. J’ai relancé ça au début de cet automne. J’aimerais tout d’abord organiser des soirées slam au Tempo tous les trois mois. J’avais envie de réaliser cela depuis longtemps, j’ai réussi à faire le premier pas et c’est un bon début, la salle était pleine. Mon deuxième projet, plus personnel, est de participer à des concerts d’ici quelques années. Je suis encore en apprentissage, je prends des cours de guitare depuis trois ans et des leçons de chant depuis une année. J’aimerais bien mettre ensemble la musique et le parler du slam. Une fois mon style trouvé, je souhaiterais aussi collaborer avec d’autres artistes pour partager la musique et les mots.

La prochaine soirée slam au Tempo aura lieu le 16 février 2018. Plus d’informations sur Pablo Xavier: https://www.facebook.com/LeFilsdelaTerre et ici: https://www.youtube.com/user/leFilsdelaTerre

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16 nov 2017

Les limites de la patience atteintes

Football – Promotion League – Yverdon Sport a joué avec le cœur de ses supporters et avec celui de son président. Mario Di Pietrantonio, fâché de l’attitude de ses troupes, a frappé du poing sur la table.

Cette fois, ça suffit ! Le président d’Yverdon Sport a clairement mis les points sur les «i», et ses joueurs devant leurs responsabilités. ©Duperrex-a

Cette fois, ça suffit ! Le président d’Yverdon Sport a clairement mis les points sur les «i», et ses joueurs devant leurs responsabilités.

Yverdon Sport devait logiquement disputer une sorte de petite finale avant l’heure, samedi prochain, à Kriens, lors d’un duel du haut du classement de Promotion League. Plutôt que de défier l’ogre de la catégorie en pleine confiance, YS se déplacera en terre lucernoise dans une ambiance particulièrement pesante et avec huit points de retard. La faute à une période compliquée au niveau de ses résultats, et à la réaction du président aux récentes performances en demi-teinte de l’équipe fanion. Le derby perdu à Bavois (1-4), a été suivi d’un nul face à Brühl au Stade Municipal, puis d’une défaite incompréhensible contre Köniz, le week-end dernier (3-4). Pour mémoire, les Bernois, encore menés 3-1 à la 86e minute, avaient réussi l’exploit de retourner la situation, marquant à trois reprises face à des Yverdonnois étrangement démobilisés. Ce relâchement coupable a forcé le président d’YS, Mario Di Pietrantonio à réagir. Et de manière plutôt sérieuse.

 

Fini de rigoler

 

Dans un message destiné à ses joueurs, que La Région Nord Vaudois s’est procuré, l’homme fort du club fustige l’attitude des joueurs, allant jusqu’à qualifier les dernières minutes maudites de la confrontation contre Köniz de «faute professionnelle». Mario Di Pietrantonio, surpris mais pas dérangé par le fait que son message soit parvenu jusqu’aux médias, enfonce même le clou en expliquant que «la plaisanterie a assez duré» et que l’équipe «faisait honte» aux différents acteurs travaillant pour le bien du club, supporters compris. Si les paroles peuvent sembler dures au premier abord, certains faits semblent donner raison au président. «On met tout en œuvre pour que nos joueurs ne doivent se concentrer que sur le foot», plaide le président, joint par téléphone mardi. «Ils ont leur propre bus pour les déplacements, les salaires et les primes sont tous payés à l’heure, rubis sur l’ongle. On leur lave et on leur prépare leurs affaires pour les entraînements, on fait le maximum. Et au final, on vit des matches comme celui de Köniz. C’est un peu comme si on me plantait un couteau dans le dos», ajoute-t-il encore, visiblement amer.

 

Conséquences concrètes

 

Le coup de sang, compréhensible, risque bien d’engendrer des conséquences concrètes pour l’effectif yverdonnois. Un ultimatum clair a été posé dans le fameux message présidentiel : si YS ne bat pas Kriens, samedi, les salaires de novembre pourraient tomber en retard, voire pas du tout. Même si la pratique peut sembler excessive, voire pas tout à fait conforme à certains contrats de travail, Mario Di Pietrantonio n’a peur de rien. Et il confirme que «s’il faut aller en procédure, on ira. Je prendrai un avocat, eux aussi. Mais là, c’en est trop».

Au-delà des contre-performances et de l’attitude générale entrevue dans le dernier quart d’heure face à Köniz, certains joueurs ne donnent manifestement pas satisfaction au boss du Stade Municipal. Ceux-ci ne devraient plus faire partie de l’effectif au deuxième tour. «Soit ils acceptent de se trouver un nouveau club, soit ils s’entraîneront et joueront avec la deuxième équipe. C’est aussi simple que ça», détaille encore le patron d’YS. Pour lui, le match de demain constitue «une dernière chance» de ne pas se faire définitivement distancer par Kriens, candidat numéro un à la promotion en Challenge League. Espérons que le coup de sang du président donnera des ailes à une équipe qui a les moyens, pour autant que son engagement soit au niveau du talent des hommes alignés, de poser des problèmes à n’importe quel adversaire dans la ligue. Même à Kriens.

 

Les raisons de la colère du président

 

Köniz (ici en rouge) avait passé l’épaule. ©Champi-a

Köniz (ici en rouge) avait passé l’épaule.

Comme beaucoup de présidents de club, et de passionnés de football, Mario Di Pietrantonio peut accepter la défaite. Pour autant que chacun des joueurs ayant foulé la pelouse ait donné au minimum le 100% de ce qu’il est capable de produire. Au-delà des faux-pas comptables, préjudiciables pour une éventuelle promotion en Challenge League, le patron du Stade Municipal a de la peine à digérer des manquements dans l’implication, dans l’état d’esprit et dans l’engagement. Les couacs survenus contre Bavois et face à Köniz sont, ainsi, à la base de son coup de gueule.

 

Promotion League

Programme

 

Dernière journée avant la trêve :

Sa 15h Bâle II – Sion II

Sa 16h Breitenrain – Chx-de-Fds

Sa 16h Köniz – Zurich II

Sa 16h St. Nyonnais – Old Boys

Sa 16h United ZH – Stade-LS

Sa 16h YF Juventus – Cham

Sa 16h30 Bruehl SG – Bavois

Sa 18h Kriens – Yverdon Sport

 

Classement

 

1. Kriens 16 11 3 2 38-16 36

2. St. Nyonnais 16 11 1 4 32-15 34

3. Yverdon 16 9 1 6 38-29 28

4. Brühl 16 7 5 4 32-21 26

5. Breitenrain 16 7 4 5 31-32 25

6. Zurich II 16 6 6 4 30-24 24

7. Bâle II 16 6 5 5 29-22 23

8. Sion II 16 5 7 4 26-25 22

9. Köniz 16 7 1 8 31-31 22

10. Chaux-de-F. 16 6 3 7 24-23 21

11. Cham 16 5 6 5 31-34 21

12. Bavois 16 5 4 7 23-27 19

13. Stade LS 16 5 3 8 32-37 18

14. YF Juventus 16 4 3 9 21-28 15

15. Old Boys 16 3 6 7 23-34 15

16. United Zh 16 2 0 14 15-58 6

Seule l’équipe qui termine en tête du championnat 2017-2018 de Promotion League est promue en Challenge League pour la saison prochaine.

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15 nov 2017

Le vent va-t-il tourner pour les éoliennes ?

Lausanne – La Cour de droit administratif et public a entendu, hier, les opposants et les initiateurs du projet de parc éolien Sur Grati. Le dossier pourrait toucher bien plus que les communes de Premier, Vallorbe et Vaulion.

Après s’être baladée dans les alpages nord-vaudois afin de constater l’impact réel sur le paysage, la Cour administrative du Tribunal cantonal a entendu, hier, les arguments des différentes parties. ©Blanchard-a

Après s’être baladée dans les alpages nord-vaudois afin de constater l’impact réel sur le paysage, la Cour administrative du Tribunal cantonal a entendu, hier, les arguments des différentes parties.

Après que la Cour de droit administratif et public (CDAP) s’est promenée, en mai dernier, sur les hauteurs de la commune de Premier (lire La Région Nord vaudois du 22 mai), c’était au tour des opposants et des initiateurs du projet de parc éolien Sur Grati de se déplacer, hier, à Lausanne, pour une audience au Tribunal cantonal, lequel doit statuer sur les recours.

Or, d’entrée de cause, les opposants ont demandé à ce que l’affaire soit suspendue. «Grati se situe entre deux autres parcs (ndlr : Bel Coster et Mollendruz), il est donc impossible de juger ses impacts sur le paysage sans avoir une vision d’ensemble», a expliqué Maître Laurent Trivelli, au nom des recourants. Si la CDAP ne s’est pas encore déterminée sur cette requête de suspension, le sujet qui fâche, déjà longuement débattu lors de la séance de mai dernier, a immédiatement été abordé, à savoir les atteintes à l’environnement.

 

Les bécasses en danger

 

Les experts du Canton de Vaud ont simplement rappelé que «le projet respecte toutes les directives de la Confédération» et que «l’impact est insignifiant dès 10 km». Pour les opposants en revanche, le fait que des machines mesurant 207 mètres de haut -pales comprises- soient situées sur les crêtes du Jura les rendent plus visibles.

Un autre élément qui met en rogne les recourants concerne la faune. En effet, l’installation des hélices pourrait nuire à la vie et à l’habitat d’une espèce d’oiseaux menacées, les Bécasse des bois. Si l’association BirdLife Suisse considère qu’il est impossible de compenser les pertes que ce projet engendrera sur ces volatiles, d’autres spécialistes, y compris au Canton, pensent le contraire.

«Dès que nous avons appris l’existence de cette colonie, nous avons pris des mesures : suivi de l’espèce, déplacement d’une éolienne, choix de mât plus haut, garantie d’une compensation sur 170 hectares au cas où un impact est identifié, arrêt des pales durant les périodes de croules», explique VO Energies Eole S.A., porteur du projet avec les Communes de Premier, Vallorbe et Vaulion. «Des arrêts qui ne sont pas calculés dans la production d’énergie», a rétorqué Maître Trivelli.

 

Doute sur l’utilité de Grati

 

Pour les recourants, l’un des points clés du dossier repose sur la productivité énergétique des six hélices de Sur Grati. Car c’est bien ce critère qui a permis de le placer dans le top dix des projets éoliens vaudois. Pourtant, ces opposants ont estimé qu’il y avait un problème dans le calcul du potentiel énergétique présenté par les promoteurs : «Les porteurs du projet ont retenu un forfait de perte de 5%, alors qu’il devrait être bien plus important si l’on considère les arrêts pour les périodes de croules, pour le gel et pour les pannes éventuelles», a précisé Maître Trivelli.

Un argument qui n’a pas l’air de faire trembler les promoteurs : «Même s’il perdait quelque rang (ndlr : Sur Grati est en 9e position sur les 19 projets retenus), il resterait parmi les meilleurs du plan directeur cantonal», a souligné Maître Alain Thévenaz, représentant des communes porteuses du projet.

 

Au-delà du Nord vaudois

 

En invoquant des arguments d’intérêt public, comme l’atteinte au paysage ou la protection de la faune, les opposants espèrent, en fait, bien plus qu’un simple report du projet Sur Grati. Ils reprochent la façon dont le Canton a sélectionné les projets de parcs éoliens pour établir son plan directeur cantonal (PAC). «En laissant des entreprises proposer des sites, ce n’est pas lui qui a réfléchi aux meilleurs endroits, il a juste tenté de les classer en fonction de ce qu’on lui proposait, témoigne une recourante. On a l’impression qu’il n’a pour objectif que la transition énergétique, mais qu’il ne prend pas en compte l’ensemble des aspects du projet.»

Comme celui-ci est le deuxième -après celui de Sainte-Croix- à passer entre les mains du Tribunal cantonal, l’issue de ce recours pourrait bien faire jurisprudence pour les parcs à venir, à savoir celui de Bel Coster et du Mollendruz, voire également celui de Bavois, qui a récemment été remis sur les rails.

Il appartient désormais à la CDAP de vérifier la pertinence des pesées d’intérêts effectuées par les autorités cantonales et communales.

 

En chiffres

 
6 Comme le nombre d’éoliennes prévues Sur Grati. Le projet est estimé à près de 60 millions de francs.

207 Mètres. Soit la hauteur des machines, pales déployées, prévues sur les hauteurs de Premier.

11 000 Soit le nombre de ménages qui pourraient être approvisionnés en énergie durant un an grâce au projet.

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15 nov 2017

Vivre une élection comme au XVIIIe siècle

Yverdon-les-Bains – L’association Les 18es d’Yverdon et région veut reconstituer une élection d’une ville vaudoise il y a 300 ans.

Catherine Guanzini, archiviste de la Ville d’Yverdon-les-Bains, se prête au jeu du vote avec ce scrutin. ©Michel Duperrex

Catherine Guanzini, archiviste de la Ville d’Yverdon-les-Bains, se prête au jeu du vote avec ce scrutin.

Un peu de tirage au sort, un peu de suffrage, pas de campagne électorale officielle, les élections au XVIIIe siècle ne ressemblaient pas vraiment à ce que l’on peut vivre aujourd’hui. «A l’époque, les conseillers siégeaient à vie. D’ailleurs, les élections avaient lieu après les enterrements», précise Catherine Guanzini, archiviste de la Ville d’Yverdon-les-Bains. Avec l’historienne Patricia Brand, toutes deux sont membres du comité de l’association Les 18es d’Yverdon et région. Elles ont décidé de mieux comprendre comment fonctionnait une élection d’une ville vaudoise il y a 300 ans en lançant un projet de reconstitution.

 

Un scrutin à fabriquer

 

L’association a lancé un financement participatif pour pouvoir fabriquer un scrutin d’époque. «Cela nécessitera l’emploi d’une ébéniste, d’un tourneur et d’un fondeur. C’est un travail délicat», relate Catherine Guanzini. Au total, l’association a besoin d’un montant d’environ 10 000 francs pour mener à bien la fabrication de cette urne et pour soutenir les recherches historiques.

Au XVIIIe siècle, le tirage au sort était aussi important que le suffrage lors des élections. C’est à Berne, en 1710, et à Yverdon-les-Bains, en 1713, que l’on trouve les premières traces de cette pratique. Dans la Cité thermale, il y avait deux conseils, un de 24 membres et un de 12. Pour y entrer, il fallait être un homme et faire partie du cercle fermé des bourgeois de la ville.

 

Très longue procédure

 

Lors de l’élection, après l’enterrement, les 35 conseillers restants devaient piocher dans un sac contenant le même nombre de petites balles. Les trois-quarts de ces billes étaient dorées et permettaient de voter, en insérant une sphère dans le trou du scrutin correspondant au conseiller choisi, et un quart argentées, qui forçaient les conseillers à quitter la salle de vote.

Ensuite, c’est le suffrage qui était appliqué. Ceux qui avaient un lien de parenté avec les candidats retenus au premier tour sortaient de la salle. Au final, une vingtaine de conseillers s’exprimaient pour le suffrage. «C’était une procédure très compliquée, pour eux aussi», sourit Catherine Guanzini.

Le financement participatif est ouvert jusqu’au 25 novembre. Si les fonds sont réunis, le scrutin sera fabriqué en 2018 et inauguré en 2019. Le Musée d’Yverdon et région présentera l’objet dans le cadre de ses activités.

Plus d’infos : www.wemakeit.com/projects/histoires-d-election-au-18e

 

Le tirage au sort, remis au goût du jour ?

 

Les balles dorées étaient glissées dans un de ces petits trous, en fonction du conseiller pour lequel on voulait voter. La partie du scrutin avec les tiroirs n’était accessible qu’avec une clé, pour que l’issue de l’élection reste secrète jusqu’au bout. ©Michel Duperrex

Les balles dorées étaient glissées dans un de ces petits trous, en fonction du conseiller pour lequel on voulait voter. La partie du scrutin avec les tiroirs n’était accessible qu’avec une clé, pour que l’issue de l’élection reste secrète jusqu’au bout.

Un colloque international sur le tirage au sort en politique en Suisse et en Europe a eu lieu à l’Université de Lausanne les 27 et 28 octobre, et avait pour ambition de rassembler les spécialistes suisses et européens de cette thématique. Catherine Guanzini et Patricia Brand, archivistes de la Ville d’Yverdon-les-Bains, étaient présentes à ce colloque. «Cela montre que la question du tirage au sort n’intéresse pas seulement les archivistes, mais que les politologues y réfléchissent aussi», affirme Catherine Guanzini.

A Bienne, un mouvement citoyen a récemment demandé que le Conseil de Ville soit pour moitié tiré au sort, relançant l’idée de cette pratique qui avait été perdue vers le milieu du XIXe siècle.

Même si la proposition, lancée dans un postulat, a été jugée inapplicable par le Conseil municipal, il reconnaît dans sa réponse que cette intervention contient «une approche originale et innovante» visant à renforcer la démocratie directe au vu du taux d’abstention constaté lors des scrutins.

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15 nov 2017

Son royaume pour un top 6

Bodybuilding – A peine revenu d’une compétition internationale à Estoril avec une 3e et une 4e places en poche, Flavio Lancia s’apprête à repartir pour Budapest, où l’attend le concours de Mister Univers WABBA. L’aboutissement d’une saison.

Flavio Lancia : J-3 avant le départ pour Mister Univers. ©Ruy Coelho

Flavio Lancia : J-3 avant le départ pour Mister Univers.

Il a bien failli tout arrêter, Flavio Lancia. Ranger définitivement 17 ans de compétition au placard, retrouver une vie «normale» et se consacrer à sa famille et son travail. Les sacrifices inhérents à son sport commençaient à prendre trop de place par rapport au reste de ses activités. C’était en fin d’année dernière. Le bodybuilder de Valeyres-sous-Montagny a alors vécu une sérieuse remise en question. «Sauf qu’il y a ce top 6 dans une grande compétition (ndlr : Mondiaux ou Mister Univers) après lequel je cours depuis tellement longtemps… C’est en quelque sorte l’objectif d’une vie, et je ne me vois pas arrêter tant que je ne l’ai pas atteint. Et il y a tous les gens et les sponsors qui se sont engagés récemment auprès de moi. Je me serais senti mal de les laisser tomber.»

 

Le cadre A pour Univers

 

Le quadruple champion de Suisse a donc décidé de repartir pour un tour, voire deux. «Je n’ai encore pas grand-chose de prévu pour la saison prochaine, mais je sais que l’actuelle ne sera pas ma dernière», se réjouit l’athlète de 46 ans. Il faut dire que, de son propre aveu, celui qui exerce à 100% en tant que conseiller en personnel est plus en forme que jamais. Il y a dix jours, lors d’une compétition internationale à Estoril (Portugal), il est allé se tester en vue du concours Mister Univers WABBA de ce week-end, en plus d’obtenir une brillante 3e place dans sa catégorie body légers (rapport poids/taille égal à 1, à 5% près), ainsi qu’une 4e en super master, chez les plus de 45 ans. «Sincèrement, ça doit être le meilleur championnat auquel j’ai participé. 250 athlètes, 1500 spectateurs, quasi aucun retard, ce qui est loin d’être la norme dans ce genre de rendez-vous… Bref, c’était le rêve.»

Un rêve qui lui a permis de se qualifier dans le cadre A de la fédération suisse pour Mister Univers, qui se disputera en Hongrie. Dans sa catégorie, il est le seul du pays à avoir gagné ce privilège. «Cela signifie que la fédé prend toutes les charges de ma participation à son compte.»

 

Un poisson dans l’eau

 

Une qualification qu’il doit avant tout au travail acharné effectué depuis presque 25 ans, et plus spécifiquement ces derniers mois. «Je peux toujours compter sur le soutien de mon coach alimentaire, Christophe Dupertuis, avec qui je travaille de longue date. Récemment, j’ai rencontré Rui Rodriguez. C’est un athlète qui possède un niveau impressionnant et qui m’a vraiment aidé à passer la vitesse supérieure en salle.»

Qui dit approche d’une compétition dit, forcément, plan alimentaire particulièrement restrictif. «Là, ça fait une semaine que je ne mange que du poisson, à hauteur de deux kilos par jour, répartis sur six repas. Ça a l’avantage d’être assez volumineux, riche en protéines et pauvre en calories.» Reste encore à tenir le coup mentalement : «Cela oblige à certaines concessions. Mais la passion de ce sport m’anime à tel point que je passe rapidement outre.»

Samedi, Flavio Lancia s’envolera donc pour Budapest, où la consécration de toute une saison pourrait l’attendre, le lendemain. «J’aurais apprécié pouvoir partir un peu plus tôt, mais, la pesée étant samedi soir, on m’a fait remarquer que cela ne servait pas à grand-chose…»

Tout est, cependant, déjà calibré pour que, enfin, le pensionnaire du fitness Best Body, à Yverdon, puisse faire partie des six meilleurs athlètes de la catégorie body légers. Il n’y a «plus qu’à» impressionner le jury hongrois. L’expérimenté Nord-Vaudois possède bien un ou deux tours dans sa manche pour ce faire.

 

Au gramme près

 

Point crucial d’une compétition, passage obligé et presque aussi important que la prestation sur scène : la pesée. Celle-ci a lieu le jour précédant la présentation et représente souvent le premier stress d’un week-end chargé en émotion. «Pour ma part, je sais que je dois me trouver le plus proche possible de 74,5 kg, sans dépasser cette marque. Si ça arrive ? On met des habits chauds, on fait de la marche rapide et on essaie de perdre les quelques grammes en trop en évacuant la flotte», explique Flavio Lancia.

Une fois le résultat validé, les athlètes, qui ont souvent coupé tous les hydrates de carbone de leur alimentation depuis plusieurs jours, peuvent enfin renouer avec les précieux glucides. «L’idée, c’est de réaliser une sorte de rebond, pour paraître plus gonflé sur scène. Ça aide aussi à ne pas tirer une tête d’enterrement devant les juges le jour J.»

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14 nov 2017

«C’était l’apocalypse, on se serait cru dans un film !»

Cheyres-Châbles – Des fortes intempéries, survenues dimanche, ont provoqué plusieurs dégâts matériels dans la commune. Une situation inédite depuis 1999.

Les bateaux étaient renversés sur le sol du parking du port cheyrois. ©Michel Duperrex

Les bateaux étaient renversés sur le sol du parking du port cheyrois.

«Je suis à Cheyres depuis 2002, et je n’avais jamais vu ça.» Pierre-Yves Dietlin, syndic de la commune broyarde depuis le début de l’année, était visiblement choqué, hier matin, à l’heure d’évoquer les dégâts causés par les intempéries survenues dimanche. La commune de Cheyres, fusionnée avec Châbles depuis le début de cette année, a été particulièrement touchée par la violente tempête qui a déferlé sur la Suisse. «Il y avait un avis de tempête mais on ne s’attendait pas à ça. Une dépression a créé une sorte de tornade. Il y a eu une poussée incroyable qui a duré trente secondes », a estimé le syndic.

 

Des dégâts considérables

 

Sur les hauts de Cheyres, le toit de la villa d’André Jaccard, ancien syndic de la commune fribourgeoise, s’est envolé. ©Michel Duperrex

Sur les hauts de Cheyres, le toit de la villa d’André Jaccard, ancien syndic de la commune fribourgeoise, s’est envolé.

Un court laps de temps qui a suffi à provoquer des dégâts considérables. Sous l’effet des puissantes rafales de vent, le toit de la villa de l’ancien syndic de Cheyres, André Jaccard, s’est envolé (lire ci-dessous). Avec son épouse, ils ne se trouvaient heureusement pas dans l’habitation à ce moment-là.

Au parking du port, plusieurs bateaux ont été renversés. «J’ai vu dans le journal Der Bund que Cheyres avait été touché. Je suis venu dès que j’ai pu», révélait Ivo Bergmann, qui avait fait le déplacement depuis la commune bernoise de Berthoud, à une heure de route. Contrairement à la plupart des bateaux, le sien est resté à sa place, intact. «J’ai eu de la chance», a souri le propriétaire du grand voilier.

L’espace réservé au caravaning n’a pas été épargné non plus, des toitures en plastique ont notamment été arrachées par le vent.

 

Du jamais vu depuis Lothar

 

La cave de l’Association des vignerons broyards a aussi été touchée. Plus de 800 bouteilles vides ont été cassées. ©Michel Duperrex

La cave de l’Association des vignerons broyards a aussi été touchée. Plus de 800 bouteilles vides ont été cassées.

A la cave de l’Association des vignerons broyards, son gérant, Roland Pillonel, n’a pu que constater l’étendue des dégâts. «Nous n’avions pas connu ça, dans notre commune, depuis l’ouragan Lothar de 1999.»

Les nombreuses caisses à vin éparpillées au sol et les débris de verre témoignent de la violence des rafales de vent. Des poutres ont même été projetées, à plusieurs mètres, sur le toit de la station de lavage à proximité.«A cause de cette météo exécrable, plus de 800 bouteilles vides ont été brisées. Nous en avons pour quelques centaine de francs de casse et plusieurs heures de rangement», a pesté Roland Pillonel, qui est arrivé sur les lieux vers 5h30 du matin.

Les pompiers ont été sollicités en nombre, dimanche après-midi, et une alarme générale a été déclenchée. «C’était l’apocalypse, on se serait cru dans un film. Heureusement, il n’y a pas eu de blessés, le drame aurait pu être plus important», soulignait le syndic Pierre-Yves Dietlin.

 

«Nous avons eu du bonheur dans notre malheur.»

 

André Jaccard revenait, dimanche, de voyage, avec son épouse. Ils n’étaient pas chez eux lorsque le toit de leur demeure s’est envolé. C’est une voisine qui l’a alerté. «Elle nous a dit qu’une tornade était arrivée depuis le lac et s’était dirigée sur notre maison.» Ce n’est qu’en voyant les pompiers devant sa villa que l’ancien syndic de Cheyres a constaté l’ampleur des dégâts. Au même moment, André Jaccard découvre une bonne nouvelle. «J’ai appris que j’étais devenu arrière-grand-papa. Nous avons eu du bonheur dans notre malheur.»

La demeure n’étant plus habitable, le couple a été relogé chez des proches. Les pompiers ont évacué la toiture endommagée et couvert provisoirement le toit de la villa.

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14 nov 2017

C’est encore trop tôt pour le ski de fond

Balcon du Jura – La neige tombée récemment s’apparente à une bonne nouvelle, toutefois elle ne déclenche aucun optimisme béat, surtout après l’expérience de l’an dernier. Petit point de situation sur le terrain de jeu des fondeurs.

Entre Les Cluds et Mauborget, le paysage avait vraiment revêtu son costume hivernal, hier en toute fin de matinée. ©Michel Duperrex

Entre Les Cluds et Mauborget, le paysage avait vraiment revêtu son costume hivernal, hier en toute fin de matinée.

Un manteau blanc a recouvert le Balcon du Jura dans la nuit de dimanche à hier. Evidemment, les amoureux des sorties en ski de fond, entrés dans une longue attente au printemps dernier, voient leurs envies de balade se concrétiser. En fait, ils devront encore patienter. «Pour l’instant, il y a trop peu de neige, environ 15 centimètres, détaille Serge Gander, le responsable de l’entier des pistes du Groupement des skieurs de fond des Rasses et du répondeur téléphonique. De plus, il y a eu beaucoup de vent, donc la couche par endroit s’avère particulièrement irrégulière.» Du côté de la météo, les prévisions annoncent de nouvelles précipitations le week-end prochain. Peut-être la couche neigeuse sera-t-elle alors suffisante pour y lancer les dameuses.

 

Au minimum 20 cm

 

Une certaine épaisseur est nécessaire pour que les machines ne passent pas «à travers», jusqu’au sol. «Si nous avons affaire à de la poudreuse, il faut environ 40 centimètres, pour éviter que l’on n’atteigne le pré, argumente Serge Gander. Si la neige est plus mouillée, plus matte, alors 20 à 25 centimètres suffisent. Il est important de très bien compacter le fond, pour que cette semelle dure pour le reste de l’hiver. Même si l’an passé, cela ne s’est pas passé ainsi.»

 

Drôle d’hiver passé

 

Les herbes folles pointent encore à travers la fine couche de neige aux Rasses. ©Michel Duperrex

Les herbes folles pointent encore à travers la fine couche de neige aux Rasses.

En effet, en novembre 2016, 40 centimètres étaient tombés d’un seul coup… avant de complètement disparaître à l’approche des fêtes, sous les assauts de températures quasi printanières. Du coup, cette première crachée de la saison 2017-2018 ne déclenche logiquement pas un optimisme à toute épreuve. «On prend tout ce qui tombe, plaisante Luca Perrenoud, responsable de l’Office du Tourisme basé à Sainte-Croix. Surtout après deux hivers particulièrement compliqués. Mais vous pouvez être certain que les pistes seront prêtes à l’heure !»

Le domaine des Rasses propose 65 kilomètres de pistes balisées pour les styles classique et skating. Et pour les habitués de balades nocturnes, la boucle entre Les Rasses et Les Cluds reste éclairée jusqu’à 22h tous les soirs. Les pistes s’étendent également en direction des Rochat et le domaine complet offre également de belles possibilités dans la région de L’Auberson, par-dessus la frontière. Mais pour profiter de tout cela, il va encore falloir patienter.

Informations supplémentaires sur gsfr.ch ou sur le répondeur téléphonique au 024 454 29 10.

 

Il faudra au minimum deux jours de travail

 

La réactivité du Groupement des skieurs de fond des Rasses reste grande. Il s’agit de proposer un domaine praticable, au plus vite, dès que les conditions d’enneigement le permettent. Le travail de damage des pistes de ski de fond qui partent des Rasses, pour rejoindre la caravane plantée derrière Mauborget, puis éventuellement la Combe Noire, prend environ deux jours à Serge Gander, le responsable du traçage, ou à un de ses remplaçants. Même si, après le premier passage de la machine, les pistes peuvent se révéler praticables, sans être parfaites, surtout pour les adeptes du style classique. La pratique du skating, elle, demande une neige nettement plus compacte. Du côté de L’Auberson, tout est prêt sur les 30 km de parcours, ne manque plus que la neige.

«Dès le moment où il y en a assez, il nous faut maximum 3h30 pour tout damer, explique Denis Montandon. Y compris les liaisons vers la France ou avec La Gittaz.»

Infos : www.lauberson.ch

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14 nov 2017

Le bronze autour du cou

Gymnastique aux agrès – L’équipe vaudoise A des Aminches Francis Buchi et Justin Delay a ramené une médaille des Championnats de Suisse, dans la catégorie reine.

En photo de couverture ci-dessus, les médaillés et distingués d’Yverdon (de g. À dr.): les gymnastes Francis Buchi (AGY), Quentin Tschanz (Yverdon-Ancienne) et Justin Delay (AGY), accompagnés par le coach du Team Vaud A, Benjamin Payot (AGY). ©David Piot

En photo de couverture ci-dessus, les médaillés et distingués d’Yverdon (de g. À dr.): les gymnastes Francis Buchi (AGY), Quentin Tschanz (Yverdon-Ancienne) et Justin Delay (AGY), accompagnés par le coach du Team Vaud A, Benjamin Payot (AGY).

Ils étaient onze gymnastes régionaux à prendre part aux Championnats de Suisse de gymnastique aux agrès masculins, à Wettingen (AG), le week-end dernier.

Tout a commencé par le concours individuel, samedi, lors duquel les gymnastes ont connu des fortunes diverses. A l’image de Justin Delay (Amis-Gymnastes Yverdon), qui est tombé à son streuli, au reck, et à sa vrille, au sol, perdant ainsi le droit de défendre respectivement sa médaille de bronze et son titre national aux finales par engins, qui auront lieu la semaine prochaine. On le retrouvera, par contre, en finale au saut et aux anneaux, car l’Aminche a su se ressaisir sur la fin de son concours et livrer de bonnes performances à ces deux engins, terminant 14e de la compétition en C7.

Son coéquipier d’entraînement Francis Buchi a, quant à lui, réalisé une très belle performance, lui permettant de finir 8e à l’issue du concours et de se qualifier pour la finale aux barres parallèles et au reck.

 

Le saut parfait

 

Le lendemain, les gymnastes devaient remettre l’ouvrage sur le métier, à l’occasion du concours par équipes, où tous les compteurs étaient remis à zéro. Et ils ont su convaincre ! L’équipe A du canton de Vaud s’est brillamment hissée sur la 3e marche du podium national, à seulement deux petits dixièmes de la 2e place occupée par les Lucernois. Le concours a été dominé par les Bernois.

Les deux Aminches Francis Buchi et Justin Delay ont largement contribué à l’obtention de la médaille, avec notamment une incroyable performance du dernier nommé au saut, où il a présenté un double salto demi vrille parfait, qui lui a valu 10 points, la note maximale en gymnastique aux agrès. «Commencer par une chute au reck au concours individuel était compliqué, et ne pas atteindre la finale du sol n’a rien arrangé, affirmait le Grandsonnois, à l’issue de la compétition. Le lendemain, lors du concours par équipes, l’ambiance était très différente : on se bat ensemble pour le canton. On était tous au top moralement, et je devais me rattraper du concours de la veille.» Ce que le gymnaste des AGY a fait de la plus belle des manières.

En catégorie 6, Quentin Tschanz, d’Yverdon-Ancienne, et Thibaud Dubois, de la société Le Lieu – Vallée de Joux, ont tous deux obtenu une distinction bien méritée, se classant respectivement 23e et 26e. De plus, grâce à cette performance, l’Yverdonnois a gagné le droit de défendre les couleurs du canton avec l’équipe B, qui a terminé à une très bonne 5e place.

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13 nov 2017

La qualité des vin vaudois menacée

Nord vaudois – Lors de la Journée du vignoble vaudois qui s’est déroulée jeudi dernier, les professionnels ont exprimé leur colère envers la nouvelle Ordonnance sur la viticulture et l’importation de vin. Décryptage avec les vignerons de la région.

Les vendanges 2017 ont révélé un millésime d’exception. Mais ce ne sera peut-être plus pareil à l’avenir. ©Duperrex-a

Les vendanges 2017 ont révélé un millésime d’exception. Mais ce ne sera peut-être plus pareil à l’avenir.

Lorsqu’il a pris la parole jeudi dernier, Philippe Herminjard, secrétaire de la Fédération vaudoise des vignerons (FVV), n’y est pas allé par quatre chemins : «Je suis un peu fâché», a-t-il annoncé d’entrée lors de l’assemblée générale de la FVV, à Tolochenaz. Ce qui l’énerve, c’est la modification de l’Ordonnance sur la viticulture et l’importation de vin (OVin), qui entrera en vigueur le 1er janvier 2018. «Alors, bien sûr, ce n’est pas le premier texte de loi à subir des changements à la suite de la mise en œuvre de la politique agricole (PA 14-17), mais, jusqu’à présent, l’OVin avait plutôt été épargnée, a-t-il expliqué. Et c’est particulièrement l’article concernant l’acquit portant sur la production de vin, qui énerve le canton parce que les mesures ne se feront plus en litres, mais en kilos.»

 

Un mot qui change tout

 

Aux premiers abords, on pourrait croire que changer l’unité de mesure ne devrait pas impacter tant que ça les agriculteurs, et certainement pas les consommateurs. Mais c’est tout le contraire. Explications de Guy Cousin, vigneron-encaveur, qui cultive quatre hectares de vignes, à Concise : «A l’heure actuelle, quand nous rentrons du raisin après les vendanges, il est pesé. Ce qui libère un droit de production de vin, qui est exprimé en litres.»

Comme le contrôle du quota s’effectue à la fin du processus de pressage, les encaveurs gardent une marge de manoeuvre dans le mode de fabrication. «Aujourd’hui, même si on récolte légèrement trop de fruits, on peut tout presser, mais on le fera moins fort, afin d’atteindre le nombre de litres maximum accordé, poursuit le Concisois. Il faut savoir que plus les grains sont pressés, moins bon est le jus qualitativement parlant. Et, de toute façon, nous ne pouvons pas utiliser l’ensemble du produit, car il y a toujours des résidus à la fin.»

 

Réputation prétéritée

 

Or, la nouvelle réglementation prévoit un quota avant pressage. Conséquence : une baisse de qualité. Car, dès 2018, pour produire le plus de bouteilles possible, les encaveurs n’auront guère d’autres choix que de presser le raisin au maximum et de filtrer la bourbe au lieu de la jeter. «Nous sommes en colère, car des fonctionnaires nous enlèvent, sans aucun raison objective, cette marge de manœuvre que nous considérons comme un outil de qualité», martèle Philippe Herminjard. «Une fois de plus, c’est la théorie qui prime sur la réalité, confie à son tour Guy Cousin. Mais j’ai peur que cela pousse les gens à la fraude.»

Viticultrice depuis six générations, la famille Du Pasquier, entrevoit un autre problème : «Si je me retrouve avec trop de kilos aux vendanges et que je ne peux plus presser, cela signifie que je dois laisser les raisins à la vigne. Et par principe, nous refusons d’agir ainsi, car cela donne une très mauvaise image du métier aux gens s’ils aperçoivent des fruits moisis sur un pied, témoigne Martial Du Pasquier, qui reconnaît ne pas imaginer tous les impacts de la nouvelle OVin sur son travail. Ce qui est sûr, c’est que tant que l’on ne m’impose pas de fournir des justificatifs de pesage, je ne vais rien changer à mes habitudes. Je trouve aberrant de changer une pratique importante qui persiste depuis des générations.» D’après l’expert, le seul autre moyen d’éviter le gaspillage serait de vendre des grappes en vrac sur le domaine.

 

Tout le monde concerné ?

 

«En règle générale, moi, je suis toujours en-dessous des quotas, confie Guy Cousin. C’est plutôt un problème pour les producteurs de raisins.» «En fonction des années, un grain a plus ou moins de jus, ce qui impacte le rendement pour l’encaveur. C’est donc surtout lui, qui a un intérêt à ce que le quota soit exprimé en litre, rapporte Alexandre Taillefer, président des vignerons de l’appellation Bonvillars. Pour moi, ça ne change rien, je suis vigneron.»

Difficile de vraiment savoir qui sera réellement touché par cette modification légale sans prendre conseils auprès du secrétaire patronal : «Tous ceux qui travaillent dans des coopératives ou qui achètent beaucoup de raisins hors de leurs vignes seront concernés, soit les 70% du marché, affirme Philippe Herminjard. Les autres seront moins touchés, car le Conseil fédéral a accepté d’assouplir la bureaucratie pour les petits vignerons, c’est-à-dire qu’ils pourront estimer leur récolte sans avoir à investir dans du matériel pour peser les fruits.»

Cet assouplissement de l’OVin est d’ailleurs la seule victoire remportée par la FVV qui a lutté durant des mois contre le nouveau texte de loi.

 

Voir les côtés positifs du changement

©DR

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La modification de l’OVin ne comporte pas uniquement des aspects négatifs, selon Philippe Herminjard (en médaillon). «Elle fait suite à un rapport de l’Office fédéral de l’agriculture qui avait dénoncé, en 2016, un manque d’uniformité entre les différents cantons. Et la refonte de l’ordonnance permettra justement d’améliorer ce point, car il n’y aura plus qu’un seul et même organe de contrôle qui centralisera les informations sur une base de donnée nationale, précise le secrétaire de la FVV. C’est vrai qu’on en a moins parlé, mais c’est un bon moyen d’éviter les grands cas de fraudes, comme ceux révélés dans les médias.»

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