Les News de Nord Vaudois - octobre 2017

En collaboration avec le journal La Région.

23 fév 2018

Les navigateurs n’en font qu’à leur tête

Le port des Iris est envahi par des pneus, qui servent de pare-battages. Une situation totalement contraire au règlement. Conscient du problème, le garde-port veut assainir les lieux.

Des dizaines de pneus émergent dans le port des Iris, à Yverdon-les-Bains. Les propriétaires de bateaux les utilisent comme pare-battages, pour protéger leur embarcation lorsqu’ils ne sont pas au large. La présence de ces gommes est pourtant strictement interdite par le règlement du lieu. Mais la situation est enlisée depuis des décennies.

Il s’agirait d’ailleurs d’une particularité toute yverdonnoise. Une rapide recherche sur Internet permet de constater qu’un peu partout, les règlements proscrivent l’utilisation de pneumatiques comme amortisseurs. «Je n’ai jamais eu cette vision-là d’un port envahi par des pneus», note Marc Miéville, voyer des eaux pour la région Nord vaudois. Un navigateur yverdonnois, à qui cette singularité locale n’a pas échappé, ne décolère pas: «Cela m’a frappé, car je passe régulièrement à pied. C’est interdit, ça pollue et c’est moche.» D’après son expérience, ailleurs, les plaisanciers concernés n’auraient pas fait long feu: «Si on utilise un pneu à Vidy ou à Lausanne, on résilie votre place d’amarrage.»

Changer les mentalités

A son entrée en fonction, en juillet 2016, Jérôme Charlton, garde-port de la Ville d’Yverdon-les-Bains, n’a pu que constater l’irrégularité de cette situation. «C’est effectivement contraire au règlement.» Selon lui, plus de la moitié des navigateurs sont en infraction. Il a donc décidé d’intervenir et d’assainir les lieux: «On va tout faire pour que cela change.» Le problème, c’est que personne ne semble jamais s’être préoccupé de la situation jusque-là et qu’il s’agit de faire évoluer les mentalités. «Cette situation perdure depuis au moins vingt ou trente ans. La plupart le fait car on ne leur a jamais dit que c’était peu esthétique et pas bien pour l’environnement.» Fabriqués à base d’hydrocarbures, les gommes n’ont en effet absolument pas leur place dans le lac: «C’est à éviter, insiste Marc Miéville. Il s’agit de déchets au sens de la protection de la nature.»

Le garde-port s’efforce désormais de sensibiliser les plaisanciers. © Carole Alkabes

Le garde-port s’efforce désormais de sensibiliser les plaisanciers. © Carole Alkabes

Au lieu de sévir immédiatement, Jérôme Charlton a donc opté pour le dialogue. Mais le ton pourrait bientôt devenir un peu plus ferme: «Il devrait y avoir un courrier informatif pour rappeler le règlement. On verra ensuite quelles sont les réactions et on avisera pour la suite.»

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23 fév 2018

Les Combiers livrent leurs sobriquets

La Bibliothèque du Sentier a recueilli près de 1000 sobriquets à la Vallée, qu’elle publie dans un ouvrage. De nombreux habitants étaient présents lors du vernissage du livre, samedi dernier au Musée du Vacherin Mont-d’Or.

«Bichon», «Big-Moustaches», «Bijou» «Chat maigre», «Décroche-marmites», «Papelet», «Pèdzoille», «Pinson», «Piquette», «Riquet», «Six-sous», «Yodzet» ou «Zouzou» sont autant de sobriquets qui font le charme des Combiers.

«Lorsque je suis arrivée à la Vallée, je ne comprenais pas pourquoi les habitants ne s’appelaient pas par leurs noms et prénoms, glisse Elisabeth Meylan. J’ai trouvé qu’il y avait une forme de poésie dans le fait d’interpeller quelqu’un par Miquet, P’tit Loup ou Loin-du-Ciel». Curieuse de découvrir la signification qui se cachait derrière ces sobriquets, la Suisse alémanique a décidé de se lancer un défi: rassembler les surnoms qui fourmillent d’un bout à l’autre du lac de Joux.

En octobre 2016, alors qu’elle travaillait au sein de la Bibliothèque du Sentier, elle a fait appel à Claude Karlen, un mécanicien à la retraite passionné par l’histoire combière pour dénicher les 1000 sobriquets les plus beaux, les plus drôles et les plus farfelus.

Et Claude Karlen s’est piqué au jeu. Depuis longtemps, les patronymes de la région sont portés par de nombreuses familles, parmi lesquelles figurent les Aubert, les Audemars, les Golay, les Guignard, les Lecoultre, les Meylan, les Piguet et les Rochat. «Aux Charbonnières, par exemple, on comptait jusqu’à la fin du XVIIe siècle, presque uniquement des Rochat. Il a fallu les différencier, d’où l’émergence des sobriquets», explique le Combier. Afin de les collecter, une vingtaine de personnes ont accepté de l’aider. «J’ai rencontré beaucoup de gens âgés qui avaient conservé des listes complètes de sobriquets, poursuit-il. Toutefois, certains d’entre eux ont refusé qu’ils paraissent dans ces pages, car ils les jugeaient infâmes.»

On ne peut s’empêcher de sourire à la lecture de certains surnoms comme «Péteux», «Pétole», «Cul jaune», «Zizi», «Cacapèdze», «Coucouille», «Cul-de-plomb», «Pipi», «Fesse», «Culotte» ou encore «Gratte à cul».

Au final, ce livre est un bel hommage à l’histoire combière et devrait plaire aux habitants de la Vallée, mais aussi à ceux d’autres contrées. Soutenu par la Fondation Jan Michalski et la Fondation Paul-Edouard Piguet, ce petit ouvrage est parsemé d’humour et de tendresse.

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23 fév 2018

“J’ai envie de rouler encore quatre ou cinq ans”

Danilo Wyss a entamé sa onzième saison avec BMC. Une formation dont l’avenir est encore incertain. A 32 ans, l’Urbigène ne compte pas poser le pied tout de suite.

Le Down Under a une fois de plus servi de coup d’envoi à la saison de Danilo Wyss. Le cycliste urbigène a entamé en janvier, sur des routes australiennes qu’il connaît bien, sa onzième saison avec le tricot de BMC. Une formation qui – puisque son financier Andy Rihs quittera le peloton – aura changé de nom ou tout simplement disparu à la fin de l’année. L’avenir de l’équipe américano-suisse se jouera ce printemps. Et, dans l’enchaînement, celui des coureurs.

L’aventure commune pourrait très bien se poursuivre si Tag Heuer, personnalisé par Marc Biver, parvient à trouver une solution pour l’équipe dont la firme horlogère est également sponsor. «Même s’il s’agit de gros budgets, je reste optimiste», assène le champion de Suisse 2015, bien qu’il se jette un peu dans l’inconnu cette année. «C’est sûr que la situation amène une partie d’insécurité, mais cela reste quelque chose de connu pour moi, poursuit celui qui a, durant sa carrière, presque toujours obtenu des contrats d’année en année. Il sera important de réussir un bon début de saison, même si j’ai montré par le passé que je mérite ma place dans le peloton.»

Options multiples

Car le coup de pédale, Danilo Wyss l’a toujours, ainsi que la flamme. «J’ai envie de rouler encore quatre ou cinq ans, lance-t-il, pas prêt à lâcher le guidon. Je prends toujours autant de plaisir et je suis encore motivé et compétitif.» Néanmoins, il demeure complexe de se projeter. «Je vais me concentrer sur ce printemps. J’aviserai au début de l’été selon la situation de l’équipe.»

Il est évident que si la structure de BMC perdure, peut-être avec des ambitions moins marquées – du moins plus ciblées; un des scénarios potentiels –, le Nord-Vaudois pourrait être de l’aventure. Sans quoi, il lui faudra dénicher un bail ailleurs, s’il veut éviter de devoir ranger son vélo. «Toutes les options sont ouvertes. Dans le sport d’élite, tout peut s’arrêter très vite. On le sait tous, glisse le concerné. J’ai des idées de reconversion, mais encore rien de concret. Le jour où cela arrivera, j’aimerais rester dans le sport.»

Préparation au chaud

Présentement, le coureur établi à Estavayer-le-Lac se concentre sur lui-même. Après avoir passé une partie de décembre en Espagne, puis six semaines en Australie depuis Noël, dans des conditions idéales, le cycliste d’Orbe peaufine sa forme sur les routes régionales. «La semaine prochaine, je m’en vais aux Canaries, où j’ai mes habitudes.» Un dernier séjour – et une excellente idée au vu des températures annoncées en Suisse – pour préparer le Tour de Catalogne, où il retrouvera le peloton à la mi-mars. Avec l’idée de tenter de se mettre un peu plus en évidence dès ce printemps, même si son rôle premier restera d’être au service des leaders de BMC. «Mes objectifs dépendront des opportunités, résume-t-il. Les ambitions de l’équipe seront de remporter une grande classique, de monter sur le podium au Tour de France et la victoire au contre-la-montre par équipes des Championnats du monde. Des résultats accessibles, la base de l’effectif étant la même que l’an passé.»

Il est trop tôt pour savoir si Danilo Wyss disputera la Grande Boucle, ce d’autant plus qu’un homme de moins sera aligné et que BMC a enrôlé Simon Gerrans, un élément aux caractéristiques similaires aux siennes. «Je suis motivé à retourner au Tour, bien sûr, mais je ne me prends pas la tête. J’ai déjà disputé dix grands tours durant ma carrière. Si je n’en fais pas cette fois, ce ne sera pas dramatique. Il y a plein d’autres courses.» BMC en a une cruciale à gagner pour assurer son avenir.

 

Le Tour de Romandie à son programme

Après le Tour de Catalogne, Danilo Wyss enchaînera avec celui du Pays Basque, début avril, puis celui de Romandie, fin avril. Il est probable qu’il se rende ensuite sur les routes du Tour de Californie. Voilà, dans les grandes lignes, sa première partie de saison.

Concernant la fin de saison dernière, l’Urbigène assure avoir digéré le fait de ne pas avoir été appelé pour les Mondiaux, même s’il pense que la décision était injuste pour lui, ainsi que pour Martin Elmiger, «qui était également en forme à cette période».

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22 fév 2018

«Je suis la mieux armée pour le Conseil d’Etat»

La conseillère nationale socialiste fribourgeoise Valérie Piller Carrard brigue le siège laissé vacant par la Verte Marie Garnier, à la suite du scandale de la Préfecture de la Sarine.

Une kitchenette pour enfants, des peluches, des dessins et des bricolages accrochés par-ci par-là et une planche à repasser près de la cheminée: dans cette maison villageoise, sise au cœur de Cheyres, rien ne laisse présager que la maîtresse des lieux est en pleine campagne électorale. En effet, la socialiste Valérie Piller Carrard est candidate pour succéder à Marie Garnier (Les Verts). Rencontre avec une femme dynamique qui, si elle est élue, souhaite maintenir l’équilibre politique.

Valérie Piller Carrard, vous êtes en pleine campagne électorale. Comment cela se passe-t-il?

Il y a beaucoup de choses à organiser, mais c’est d’autant plus stimulant que j’aie ma famille, mes amis et mon équipe de campagne qui me soutiennent dans cette aventure.

Votre expérience au sein du Conseil national est-elle bénéfique pour briguer un tel siège?

Certainement, d’autant plus que je suis membre de la commission des institutions politiques. Cette fonction m’a permis de créer des contacts. A travers ma candidature, je suis la plus armée pour le Conseil d’Etat.

N’est-ce pas ambitieux?

Non, je crois que les enjeux sont extrêmement importants, puisqu’il s’agit de conserver le troisième siège à gauche.

Justement, Marie Garnier a démissionné, à la suite des fuites d’informations au sein de la Préfecture. Cette affaire a-t-elle entaché la gauche?

(Elle réfléchit) Je suis persuadée qu’il faut aller de l’avant. Il y a une réelle menace en ce qui concerne l’équilibre politique avec l’alliance bourgeoise. Et il faut retrouver un certain calme.

Vous briguez le siège des Verts (ndlr: la députée verte Sylvie Bonvin-Sansonnens s’est aussi lancée dans la course). Ne craignez-vous pas de disperser les votes de la gauche au premier tour?

C’est le jeu démocratique. Je souhaite apporter mon expérience politique complète au sein du Conseil d’Etat avec les valeurs que je défends qui sont l’égalité, la justice sociale et la solidarité.

Le fait d’être une femme est-il un enjeu politique?

Dans cette campagne, c’est un avantage certain, car une femme apporte d’autres compétences et une sensibilité différente. Il me semble impensable qu’il n’y ait plus qu’un seul siège féminin à l’Exécutif cantonal (ndlr: la socialiste Anne-Claude Demierre).

En tant que femme, quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées face à des pontes politiques comme le trio socialiste Berset-Levrat-Steiert?

Au contraire, c’est un atout de pouvoir côtoyer ces personnes. Lorsque je suis arrivée au Conseil national en 2011, ils m’ont soutenue et permis de créer de nombreux contacts avec les journalistes, notamment.

L’un de vos chevaux de bataille est la politique familiale, quels sont les visées dans ce domaine?

Je m’engage contre les inégalités sociales. De nombreuses familles de la classe moyenne vivent des difficultés financières. Les primes d’assurance maladie, par exemple, sont devenues une charge insoutenable. Le canton de Vaud a, par exemple, choisi de limiter les primes à 10% du revenu brut des ménages. Cela me semble tout à fait défendable.

Si vous êtes élue, vous reprendrez la Direction des institutions, de l’agriculture et des forêts. Quelles sont vos compétences dans ces domaines?

Le fait d’être membre de la commission des institutions politiques au sein du Conseil national est certainement un point positif. Mon expérience en tant que conseillère communale au sein de l’Exécutif de Gletterens (ndrl: le Conseil communal est, dans le canton de Fribourg, l’équivalent de la Municipalité) m’a apporté de bonnes bases pour aborder les thématiques en lien avec cette direction, telles que les communes, les préfectures ou les forêts.

Vous l’avez dit, vous souhaitez maintenir un rapport de force équilibré. Le fait d’être une Broyarde s’inscrit-il dans cette veine?

La Broye est une région importante avec ses propres particularités comme l’intercantonalité. Sans le conseiller d’Etat Pascal Corminbœuf, par exemple, la question du développement des transports publics n’aurait pas évolué de la même manière.

Quel lien entretenez-vous avec le Nord vaudois?

Je suis très attachée à la Cité thermale, car j’y ai effectué mon apprentissage en tant qu’employée de commerce dans une régie immobilière. Et puis j’aime le centre historique de la ville.

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22 fév 2018

Eoliennes contre vents et marées

Le Conseil général du village situé sur les contreforts du Mollendruz a refusé un projet éolien le 18 janvier dernier, il sera amené à revoter le même préavis le 27 mars. Une pratique totalement légale, mais à laquelle les communes ont rarement recours.

«Cela existe, mais à ma connaissance ça se fait très rarement.» Préfète du district du Jura-Nord vaudois depuis 2008, Evelyne Voutaz, qui était précédemment préfète adjointe des districts de la Vallée et de Moudon, ne se rappelle pas avoir connu un cas similaire dans la région.

Revoter deux fois le même préavis est une pratique très rare, comme le confirment aussi Corinne Martin, cheffe du Service des communes et du logement du Canton, et Vincent Duvoisin, chef de division au secteur des droits politiques au sein du même service.

Pourtant, d’après nos confrères de 24 heures, les conseillers généraux de la Commune de La Praz devront à nouveau se prononcer lors de la séance du 27 mars sur le préavis concernant le projet éolien, qu’ils ont refusé le 18 janvier dernier.

«Un nouvel élément»

Pour Anni Sordet, syndique du village de 160 habitants, ce nouveau vote était nécessaire: «Les Communes de Mont-la-Ville et Juriens ont, de leur côté, dit oui au projet. C’est un nouvel élément important.»

Une séance d’information, en présence de représentants du Canton, des opposants, de Suisse Eole, de techniciens et des divers partenaires du projet aura lieu le 21 mars prochain.

Pas de troisième fois

Même si, légalement, un préavis peut être présenté autant de fois que souhaité, Anni Sordet et les autres municipaux de La Praz n’iront pas au-delà de ce deuxième vote en cas d’échec. «Il n’y aura pas de troisième fois. S’il ne passe pas, ce sera la volonté de la population.»

Jean-Marc Blanc, secrétaire général de Paysage-Libre Vaud, association opposée à l’implantation des douze éoliennes, ne remet pas la loi en cause, mais estime que ce second scrutin lancé par les partisans du projet est loin d’être fair-play. «Ils sont mauvais perdants. Du point de vue moral, leur geste est discutable.»

Celui qui vit à Bottens craint que les conseillers qui s’étaient opposés en janvier votent désormais en faveur du projet, mais pas pour les bonnes raisons. «Ce que nous redoutons, ce sont les pressions qui seront exercées auprès des gens.»

«Les éoliennes sont des infrastructures peu gourmandes en termes environnementaux, une source d’énergie intéressante en vue de la stratégie 2050», rappelle, pour sa part, Pierre Dessemontet, député, municipal yverdonnois des Energies, et membre du conseil d’administration  de la société Energie naturelle Mollendruz. «Après la séance d’information, les gens se détermineront et voteront en leur âme et conscience.»

Le verdict -bel et bien final cette fois- sera connu le 27 mars prochain.

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22 fév 2018

«Tant que le club compte sur moi…»

Sept mois et quinze buts après son arrivée en Promotion League à Yverdon Sport, Djibril Cissé fait le point sur son retour au jeu et la façon dont il perçoit l’avenir.

Djibril Cissé l’avait lâché sans détour en juillet dernier, à son arrivée à Yverdon Sport: «Je m’attends à recevoir un traitement spécial de la part des défenseurs de Promotion League. Ce serait assez normal, en fait.» Aucune prétention, simplement de la clairvoyance pour une icône du ballon rond ayant effectué un pas de retrait en direction du monde semi-professionnel suisse. Le résultat? «Je ressens parfois une attention particulière, mais la démarche est toujours très respectueuse. Aucun joueur n’a jamais fait preuve de méchanceté à mon égard. Au contraire, certains viennent me féliciter après le match pour ma performance ou pour ma carrière.»

Une implication crescendo

Le terrain constituant pour lui un formidable miroir de tout ce qu’il se passe en-dehors, le Français se sent bien en Suisse. Très bien, même: «Et à tous les niveaux. Cela peut toujours être mieux, hein. Mais, globalement, je suis très heureux de me trouver dans la situation qui est la mienne actuellement.»

Il faut dire que, malgré deux ans d’absence de toute compétition, le buteur n’a pas tardé à retrouver ses sensations, devenant rapidement le meilleur buteur de sa nouvelle catégorie de jeu. «Je n’ai jamais douté que je parviendrais à marquer à nouveau des buts. Mais que ceux-ci viennent aussi rapidement (ndlr: il a marqué six fois lors de la préparation estivale) et soient aussi nombreux (quinze en championnat), ça a été une belle surprise.»

D’abord cantonné au seul et unique rôle de buteur, le vainqueur de la Ligue des champions 2005 s’est investi toujours un peu plus dans le cœur du jeu yverdonnois au fur et à mesure de l’avancée de la saison: «La situation a évolué en parallèle à ma forme physique. Lorsque j’étais encore un peu court, en début d’exercice, j’ai dû limiter mes efforts. Les semaines ont passé, j’ai gentiment retrouvé mon souffle et mes jambes, et j’ai ainsi pu donner davantage de ma personne à l’équipe. Ma progression a été attentivement suivie par Anthony Braizat, l’entraîneur. Il a toujours su exactement où je me situais et ce que je pouvais apporter au groupe sur le terrain.»

Une trêve interminable

De l’OM à Liverpool, en passant par le Panathinaikos et la Lazio de Rome, notamment, Djibril Cissé semblait avoir tout connu dans le football. Le troisième échelon helvétique lui a pourtant livré une nouvelle surprise: l’interminable pause hivernale. «Deux mois d’arrêt complet, je n’avais jamais connu ça. J’y avais de justesse échappé à Krasnodar, en Russie, puisque j’étais parti à Bastia à ce moment. Il s’agit d’un tout nouvel aspect à appréhender pour moi. Il faut rester en forme, réhabituer son corps à l’effort, retrouver ses marques… Cela a été délicat à gérer les premiers jours.»

Une pause marquée, notamment, par l’arrivée à YS de Thomas Lenzini, qui n’est autre que le beau-frère de l’attaquant tricolore. Mario Di Pietrantonio, le président du club, considère l’ex-international français comme beaucoup plus qu’un simple joueur. Il n’est donc pas étonnant que ce dernier ait été consulté au moment de choisir certains renforts: «J’ai simplement prévenu que certaines de mes connaissances pourraient apporter un plus à l’équipe. Si on me demande mon avis, je réponds volontiers, mais je n’interviens absolument pas dans la campagne de transferts.»

Avec ou sans «Djib»

Belle satisfaction tant par le nombre de points qu’il rapporte à son équipe que par le rôle de moteur qu’il joue dans le vestiaire, Djibril Cissé a répondu au-delà des attentes. Reste que les chances d’YS d’obtenir la promotion  en Challenge League souhaitée sont restreintes. Et si cela ne passe pas cette saison, il faudra remettre le couvert dès cet été. Avec ou sans son atout numéro un? «Je l’ai toujours dit, mon idée de départ était de jouer encore deux ans. Cela se passe à merveille à Yverdon et j’admets volontiers que je n’ai pas reçu d’offres venant de clubs de ligue nationale. Il faudra bien sûr réévaluer la situation dans quelques semaines, en fonction du second tour que je réalise et de plusieurs paramètres. Mais, a priori, tant que le club compte sur moi, je suis prêt à m’y investir.»

Lorsqu’il s’agira de prendre une décision, la balle pourrait donc se trouver dans le camp d’YS. Le club pourra-t-il vraiment se passer de son buteur à la renommée planétaire?

 

Ce qu’ils disent de lui

 

Mario Di Pietrantonio, président du club

«Djibril, avant tout, c’est quinze buts. Qu’il marque, c’était le premier objectif qu’on avait fixé ensemble, et il l’a brillamment atteint. Ensuite, on voulait qu’il prenne un maximum de plaisir, après deux ans sans compétition. Là encore, cela semble être une réussite. C’est un immense professionnel et un grand travailleur. Et puis, il représente également un modèle pour le football suisse et vaudois. Son avenir? J’y pense très souvent. Il faudra prendre les bonnes décisions. Mais il est trop tôt pour mettre ça sur la table.»

Anthony Braizat, entraîneur de la «une»

«C’est un gagneur hors norme. A tel point qu’il faut parfois le freiner. Il s’agit peut-être du plus gros défi que j’ai à relever vis-à-vis de lui. Djibril ne veut jamais s’arrêter, et c’est un bonheur pour un entraîneur d’avoir à disposition un élément aussi motivé. Mais parfois, il finit un peu usé, ses genoux peuvent commencer à gonfler, par exemple. D’où l’importance de trouver le juste milieu pour tirer profit au maximum de son potentiel. Au-delà de ça, et je l’ai toujours dit, c’est un joueur que je traite comme n’importe quel autre.»

Adriano De Pierro, défenseur central d’YS

«Je ne suis pas du genre à idolâtrer les footballeurs. Je considère que, sur le terrain, on est tous les mêmes. Reste que, avec Djibril, j’ai découvert une personnalité super attachante. Il a réalisé des choses incroyables durant sa carrière que je ne soupçonnais même pas. En l’observant à l’entraînement, c’est facile de comprendre ce qui l’a mené aussi loin: il ne s’arrête jamais! Je n’ai jamais vu quelqu’un qui déteste perdre autant que lui. Même lors des exercices. S’il ne réussit pas, il s’énerve contre lui-même et recommence.»

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21 fév 2018

Une saison qui s’est terminée si tôt pour les deux équipes régionales

Le HC Yverdon a disputé son championnat par vagues. Si le maintien a été rapidement assuré, l’équipe a fait espérer mieux qu’un 8e rang.
Une saison régulière au-delà des attentes suivie d’une grosse désillusion en playoffs: l’exercice du HC Vallée de Joux, quant à lui, laisse comme un amer arrière-goût en bouche.

HC Yverdon

 

La saison régulière

Trois phases parfaitement distinctes, calquées sur les trois tours, ont rythmé l’exercice régulier du HC Yverdon, néo-promu. «Premièrement, il a fallu du temps pour se situer. On s’est cherchés, par rapport à ce nouveau championnat, se souvient Jiri Rambousek. En plus, plusieurs joueurs sont arrivés en cours de saison.» Une période d’adaptation à laquelle a succédé un épisode faste, qui a vu les Yverdonnois remonter dans le top 5. «Un cycle encourageant pour la suite, qui nous a même fait penser à revoir à la hausse notre objectif initial, qui était juste le maintien», poursuit l’entraîneur tchèque. Les choses se sont, ensuite, irrémédiablement corsées dès la défaite contre le HC Vallée de Joux, avant Noël. Lors du dernier tour, Jimi Tinguely et les siens n’ont obtenu que deux victoires, contre les cancres Monthey et Meyrin. De quoi les faire retomber au 8e rang et hériter de l’ogre Sierre au premier tour des playoffs. Rédhibitoire.

Il est difficile d’expliquer cette baisse de régime: «On a probablement fait involontairement preuve de moins de motivation une fois le maintien assuré, estime le technicien. L’équipe a manqué d’expérience et de détermination dans des moments décisifs, comme lors de ce match où on menait 3-1 contre Saint-Imier, avant d’être battus.»

Un bilan unilatéral demeure, par conséquent, difficile à établir. «Qualifiés tôt pour les playoffs, on n’a jamais risqué la relégation, et ce à notre première saison en 1re ligue. A l’inverse, compte tenu de la qualité du jeu produite en novembre et décembre, on a de quoi être déçus de terminer 8es. Il y avait de quoi faire mieux, soupèse Jiri Rambousek. On ne peut parler ni de déception totale, ni de satisfaction.»

Les playoffs

La mission était impossible. Et pourtant, Yverdon a su élever son niveau de jeu et, comme en saison régulière, donner bien des tourments aux Sierrois. Reste que, au final, la formation de la Cité thermale est sortie de la glace vaincue à chaque confrontation, et c’est cela que l’histoire retiendra. Pour le HCY, les séries n’auront duré qu’une semaine. C’est court, très court. «Au vu de nos prestations, être éliminés en trois matches est sévère. On a espéré s’offrir une deuxième rencontre à domicile, lance le coach. Je ne peux rien reprocher à mon équipe. Les gars ont été présents et ont contraint Sierre à jouer son meilleur hockey pour passer. On a manqué d’expérience et de qualité, surtout dans le jeu défensif, pour tenir soixante minutes»

Les satisfactions

Il y en a plusieurs, et notamment le recrutement: les renforts «se sont bien intégrés et ont permis d’augmenter le niveau de l’équipe». Jiri Rambousek pense là, avant tout, à Zandovskis, Gay, Beutler, Borgeaud et Rochat. Les trois gardiens aussi ont montré de bonnes choses, Chmel se révélant même décisif. Un joueur comme Vioget a gagné en volume de jeu, alors que d’autres, Pippia et Pappalardo par exemple, ont permis, par leur abattage, à l’équipe de présenter le troisième meilleur box-play du groupe. «On possède également le deuxième meilleur power-play, mais il n’a, paradoxalement, pas fonctionné en playoffs.»

Les déceptions

Avec 110 buts encaissés en saison régulière, Yverdon n’a pas brillé par sa rigueur. «Trop d’erreurs individuelles et pas assez d’agressivité défensive nous ont coûté des buts, reconnaît l’entraîneur. Les gars n’ont pas toujours consenti les efforts nécessaires.» C’est dans l’idée d’améliorer ces points que le club va aborder le mercato et la préparation.

L’avenir

La saison prochaine, le championnat de 1re ligue sera divisé en deux groupes – plutôt que trois actuellement; la région Suisse centrale peine à fournir assez de formations –, qui devraient être composés de quatorze et quinze équipes. Des groupes qui seront réduits à douze une année plus tard. «Avec deux à trois relégués, il ne faudra pas se louper», pointe Jiri Rambousek. Pour aborder le prochain exercice, l’entraîneur espère conserver le noyau dur de son effectif. «Environ 80% des joueurs», affirme-t-il, précisant vouloir dénicher au moins deux défenseurs expérimentés.

«On a deux bras et deux jambes. Il y a des gens plus malheureux que nous actuellement», a lancé Beat Kindler à ses joueurs peu après leur élimination à Villars, jeudi dernier. © Champi-a

«On a deux bras et deux jambes. Il y a des gens plus malheureux que nous actuellement», a lancé Beat Kindler à ses joueurs peu après leur élimination à Villars, jeudi dernier. © Champi-a

HC Vallée de Joux

 

La saison régulière

«Les gars étaient impossibles à freiner. J’ai moi-même essayé à l’entraînement: rien à faire! Ils réussissaient tout ce qu’ils entreprenaient et, à la fin, quoi qu’il arrive, le tableau d’affichage leur donnait raison. Les joueurs en faisaient tellement que j’ai bien cru qu’on allait en payer le prix en playoffs. Mais ce n’est pas vraiment le manque d’énergie qui nous a plombé lors de notre série finale.» Beat Kindler s’est effectivement retrouvé à la tête d’une machine inarrêtable à partir de la mi-championnat. Le début d’exercice (quatre victoires, puis une série noire de cinq revers consécutifs) avait forgé un caractère de guerrier à ses hommes. Meilleure équipe du troisième tour avec huit succès en neuf matches, le HC Vallée de Joux semblait parti pour écrire un grand chapitre de son histoire.

Les playoffs

Un tour final long de seulement huit jours et quatre matches, une élimination face à Villars, 6e de la saison régulière: la chute a été aussi brutale que la montée en puissance qui a précédé fut flamboyante. «On a péché par manque d’expérience, souffle Beat Kindler. Sur ce point-là, on ne tenait pas la comparaison avec les Villardous.» Un quart de finale que les Combiers ont laissé filer lors des deux premiers actes, se brisant sur système ultra défensif parfaitement préparé par leurs adversaires.

Les satisfactions

L’entraîneur du HCVJ l’avait martelé avant le début des playoffs: «Ce qui nous vaudra la victoire, c’est notre groupe.» Si cela n’a finalement pas suffi pour passer en demi-finale, l’état d’esprit de Vincent Le Coultre et ses camarades se doit d’être salué. «A 2-0 pour Villars durant la dernière rencontre, je nous voyais morts, reconnaît le technicien. L’effectif était décimé par les blessures et les absences. On s’est même retrouvés très injustement en infériorité numérique pendant cinq minutes. Et les joueurs ont tout de même trouvé la force pour rebondir et revenir dans la partie. Ils se sont sentis trahis par certains faits de jeu, ils ont laissé parler leur rage et cela a failli retourner le cours de la série. Cette attitude, elle peut les mener très loin. Au-delà de ça, j’ai été très surpris par des joueurs comme Frédéric Wirz. Voir ce qu’il parvient à faire avec le potentiel qui est le sien à la base, ça force le respect. Et il n’est pas le seul dans ce cas. La progression des frères Marco et Timmy Capriati, ainsi que celle de Loïc Thuillard, est aussi à mettre en évidence.»

Les déceptions

Arriver en pleine euphorie avant de devoir en découdre dans une série au meilleur des cinq matches contre une formation aussi expérimentée que Villars n’a rien d’évident. La Vallée l’a appris à ses dépens. «On a très mal préparé ces playoffs. Et si on a tous notre part de responsabilité, je suis le premier à devoir être remis en question. L’avantage, c’est qu’on a beaucoup appris de cet échec, car cette situation était inédite pour nous.»

Autre sérieux problème rencontré par les Combiers cette saison: les absences. «Je ne pense pas passer pour un mauvais perdant en disant que, si j’avais pu compter sur tout le monde jeudi dernier à Villars, on n’aurait pas été éliminés à ce moment.» Vrai. Sauf qu’il a fallu notamment composer avec la blessure du top scorer Jason Berney et celle de Jonathan Bossard, ainsi qu’avec l’absence de Marco Bassetti (armée). Un souci d’effectif récurrent ces derniers mois. «Ce sont des amateurs. Même si c’est frustrant, c’est absolument normal qu’ils ne se consacrent pas à 100% au hockey.»

L’avenir

«L’idéal serait d’élargir un peu le contingent. Ce n’est jamais évident de faire monter des joueurs au Sentier trois ou quatre fois par semaine, mais on va tout faire pour y parvenir.» Avant ça, il faudra déjà parvenir à garder tout le monde, ou presque. Ce qui semble sur la bonne voie. «On a beaucoup progressé et appris cette saison. Le groupe est motivé et animé par une super ambiance. Ce serait une bonne chose de poursuivre le travail déjà commencé. Tout va se régler dans les deux ou trois prochaines semaines», explique Beat Kindler. A commencer par son cas personnel.

Les awards de la saison décernés par la rédaction

 

HCY:

Le MVP: La fiche de Juris Zandovskis affiche 45 points en 28 matches. Le Letton a constitué l’atout offensif n° 1 du HCY dans le jeu et devant le filet.

Le come-back: Après deux saisons blanches, Dan Vidmer a retrouvé ses sensations au fil de l’exercice, jusqu’à revêtir le costume de patron de la défense.

L’homme à tout faire: Arrivé en tant qu’attaquant polyvalent, replacé en défense en cours d’exercice, Bryan Borgeaud a répondu présent dans toutes les situations. Précieux.

HCVJ:

Le MVP: Deuxième pointeur derrière le très bon Jason Berney, Vincent Le Coultre a brillé par sa polyvalence et son leadership. Une fois de plus.

La révélation: Victor Gudel s’est d’abord remis d’une commotion avant de s’affirmer dans le  troisième bloc, puis de mériter sa place dans le deuxième. Grosse saison.

La valeur sûre: Virevoltant défenseur, Quentin Carlucci a su faire parler sa pointe de vitesse pour créer le danger, tout en assurant derrière. Fort.

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21 fév 2018

Gasser tire la prise

Après vingt ans d’activité, le patron de l’entreprise d’électricité et de téléphonie a vendu sa société au groupe VOEnergies S.A.

Il y a près de quarante ans, un jeune apprenti découvrait les bases du métier de monteur électricien. Ensuite, ce même enfant d’Yverdon-les-Bains est devenu patron d’une société de 45 employés, Gasser électricité-téléphone S.A. (lire encadré gris). Aujourd’hui, après pile vingt ans d’activité, Pierre Gasser a abandonné son bureau. «Je souhaitais moins d’engagement au niveau de l’opérationnel de la société, explique-t-il. Mais n’ayant pas trouvé de successeur intéressé au sein de ma famille et de mes proches, j’ai pris contact avec VOEnergies S.A. pour assurer la pérennité de l’entreprise.» Une rencontre qui s’est conclue, mercredi dernier, par le rachat de la firme yverdonnoise par le groupe vallorbier, avec effet au 1er janvier. Les patrons ont refusé de communiquer le montant de la transaction.

«C’est douloureux, car cette entreprise, c’est un petit peu mon bébé, confie Pierre Gasser. Mais ça me fait moins mal de la remettre à une société locale plutôt qu’à un grand groupe qui ne jure que par le rendement. Cela m’aurait vraiment embêté d’avoir investi autant d’énergie afin de rester une entreprise à taille humaine pour rien. Car c’est ce qui fait notre force, selon moi.»

Passer le flambeau en douceur

«Gasser électricité-téléphone S.A. garde une indépendance totale, avec ses clients et ses secteurs d’activités (lire encadré), souligne Claude Recordon, président du groupe VOEnergies S.A., qui a réalisé en 2016 un chiffre d’affaires consolidé de 36 millions de francs et près de 350 000 francs de bénéfice. Que ce soit au niveau du personnel ou des conditions salariales et sociales, rien ne change. L’entreprise aura toujours un conseil d’administration et Pierre Gasser en sera toujours le président, mais il a quitté ses fonctions de directeur.»

Pierre Gasser a quitté son poste de directeur de Gasser électricité le 14 février dernier.  Il assurera la transition de sa société durant trois ans.© Michel Duperrex

Pierre Gasser a quitté son poste de directeur de Gasser électricité le 14 février dernier. Il assurera la transition de sa société durant trois ans.© Michel Duperrex

Le patron yverdonnois a choisi Alvaro Dias (en médaillon), avec qui il travaille depuis 33 ans, pour le remplacer. «Bien sûr, je ne vais pas arrêter du jour au lendemain. Je resterai encore environ trois ans pour assurer la transition, précise Pierre Gasser. J’ai une totale confiance en mon successeur. Je pars assez serein.»

Il faut dire que les deux hommes parlent de cette transition depuis plus de quatre ans. «On avait échafaudé plusieurs stratégies et ce rachat était la moins pire des solutions», ajoute-t-il. Si le nouveau directeur de 42 ans n’a pas encore osé s’asseoir dans son fauteuil, il sait pourtant dans quelle direction il souhaite faire avancer Gasser électricité-téléphone S.A. «Il n’y a pas de révolution à faire, selon moi, il faut rester à l’écoute des clients et à la pointe de la technologie, affirme-t-il. Nous devons davantage jouer la carte de la télécommunication, car c’est là que nous nous démarquons des autres.»

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21 fév 2018

Les food trucks sont en panne de succès

Si les camions-restaurants arrivent à attirer les clients à Y-Parc, la formule gagnante n’a pas encore été trouvée sur les autres emplacements mis à disposition par la Commune.

«Je suis resté pendant neuf mois avec mon food truck à la place de la Gare. J’ai eu du mal à m’en aller et je n’y remettrai plus les pieds.» Giuliano Tognetti, propriétaire du camion-restaurant Le Cageot ne mâche pas ses mots en évoquant cette expérience ratée.

Sur cette place de la Gare, l’année dernière, il servait cinquante à soixante couverts entre 11h et 17h, alors qu’à Y-Parc, il vend le même nombre de plats en moins d’une heure à la pause de midi. Le choix a été vite fait pour le restaurateur qui vit à L’Auberson et qui travaille aussi comme traiteur à 50%. Il a rayé la gare de sa liste et a préféré se concentrer, à Yverdon-les-Bains, sur le site du Parc scientifique et technologique, ainsi que sur la promenade Auguste-Fallet, mais uniquement lors du marché hebdomadaire qui a lieu tous les mardis.

Le problème qu’a connu le Tessinois à la gare n’est pas un cas isolé. Depuis le premier appel d’offres, lancé en 2016 sous forme de phase de test, il n’est pas le seul à avoir quitté l’un des trois emplacements mis en place par la Commune – la promenade Auguste-Fallet, la place de la Gare et les Rives du Lac – faute d’une clientèle suffisante. Le Del Inka, tenu par Charlotte Roulin Belaonia et son mari, a aussi rapidement délaissé le centre-ville. «Le lundi on gagnait environ cent francs à la promenade Auguste-Fallet, soit quatre fois moins que le vendredi à Y-Parc maintenant», révèle Charlotte Roulin Belaonia.

Un nouvel appel d’offres

Charlotte Roulin Belaonia et Jorge Israel Belaonia Huaman proposent, avec Deli Inka, des spécialités péruviennes à Y-Parc, au marché d’Yvonand et à Lausanne. ©DR

Charlotte Roulin Belaonia et Jorge Israel Belaonia Huaman proposent, avec Deli Inka, des spécialités péruviennes à Y-Parc, au marché d’Yvonand et à Lausanne. ©DR

«Nous avons tenu compte de l’avis des gérants, c’est pour cela que nous avons apporté des modifications», commente Vincent Audemars, chef de la Police administrative de la Cité thermale, à propos du nouvel appel d’offres pour les food trucks en ville. C’est le troisième depuis le lancement de la phase de test en 2016, mais les nouveautés principales pour l’année 2018-2019 consistent en la prolongation de l’horaire d’ouverture des food trucks en soirée et en l’ajout ou la suppression de jours en fonction de la demande. Le site d’Y-Parc n’entre pas dans l’appel d’offres, car les food trucks sur son site ne sont pas sélectionnés par la Police du commerce, mais bien par les responsables du Parc scientifique et technologique dans le cadre d’un partenariat public-privé.

En 2017, la Police du commerce a sélectionné dix camions-restaurants. «Nous pensons que huit à neuf vont demander à continuer», affirme Vincent Audemars. Les restaurateurs ambulants ont jusqu’au 9 mars pour déposer leurs dossiers, mais l’optimisme de la Police du commerce ne reflète pas forcément celui de tous les propriétaires de food trucks.

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20 fév 2018

Ils tombent par hasard sur six millions

Yverdon-les-Bains - Le procès de trois ressortissants français s’est déroulé hier. Ils sont accusés de tentative de brigandage sur un fourgon de la société SOS Sécurité S.A., dans la zone industrielle de Daillens, en janvier 2017.

L’adage «l’occasion fait le larron» est toute trouvée pour l’affaire jugée hier devant le Tribunal correctionnel de la Broye et du Nord vaudois. En effet, trois hommes étaient entendus pour une tentative de brigandage sur un fourgon blindé contenant plus de 6,5 millions de francs. Pourtant, selon les prévenus, s’ils se sont retrouvés à agripper la jambe d’un des deux convoyeurs de fonds pour l’extirper de sa cabine, «c’est le fruit du hasard». «Mais quel beau conte de fée!, a relevé Me Laurent Moreillon, avocat de SOS sécurité S.A., la société de sécurité privée valaisanne victime de l’incident. Trois voyageurs français, qui cherchaient à tuer le temps un vendredi soir, viennent se perdre dans la campagne vaudoise, sans téléphone mobile, entre 2h30 et 2h50 du matin. Et malheureusement, ils tombent sur un convoi transportant des valeurs importantes.»

Partis pour voler des outils

Pour justifier leur présence au beau milieu de la nuit du 27 au 28 janvier 2017 sur un parking sombre de Daillens, les prévenus ont évoqué une intention de voler des outils de chantier. «Après avoir tourné dans Lausanne (ndlr: les trois hommes venaient depuis Annemasse), mon collègue m’a dit qu’il voulait voler des outils, alors on n’est sorti de l’autoroute à Crissier et on a pris la route nationale pour trouver quelque chose à dérober», a raconté celui qui conduisait le véhicule depuis la France. «Je ne connais pas les lieux, mais quand j’ai vu une zone industrielle éclairée et sur laquelle il y avait des machines de chantier, là, j’ai demandé de stopper le véhicule proche de cet endroit, a expliqué l’un des prévenus, ancien footballeur français de première ligue. Après avoir discuté cinq à dix minutes avec les autres, ils étaient tous d’accord de me suivre.»

Accusés de tentative de brigandage, les trois prévenus sont depuis plus d’un ans détenus à la prison de La Croisée, à Orbe.

Accusés de tentative de brigandage, les trois prévenus sont depuis plus d’un ans détenus à la prison de La Croisée, à Orbe. ©Duperrex-a

D’après leurs explications, ils se trouvaient sur un parking proche du centre de tri de La Poste, à Daillens, où étaient stationnés des camions et des voitures. Ils ont tenté d’ouvrir ces véhicules et des grues de chantier, pour y dérober quelques biens de valeur à revendre. «On pensait que les camions seraient ouverts, c’est pour ça qu’on n’avait pas pris d’outils», a lancé le troisième prévenu, qui a prétendu simplement suivre le mouvement sans se poser plus de questions. A noter qu’il est le seul des trois comparses à ne pas avoir un casier judiciaire long comme le bras.

Alors qu’ils essayaient d’ouvrir des portes fermées sans outil, un fourgon blindé de la société SOS sécurité S.A. -la même entreprise qui a été victime du récent braquage à Chavornay (lire La Région Nord vaudois du 9 février)- arrive et se parque un petit peu plus loin.

Et c’est là que la situation a dérapé. Le chauffeur du convoi a à peine eu le temps d’appuyer sur la poignée de la porte qu’il s’est fait attaquer. «Quelqu’un a tiré la porte depuis l’extérieur et j’ai entendu plusieurs voix crier sortez police, se rappelle-t-il. J’ai vu trois personnes encagoulées en face de moi, puis l’une d’elle a pris ma jambe gauche à deux mains pour me tirer dehors. Ensuite, une autre est encore venue l’aider. Je me suis accroché à l’accoudoir central à deux bras et me suis bien débattu pour essayer de rester dans le camion. C’était assez violent.»

Face à cet assaut, son collègue passager s’est penché et a dégainé son arme en criant aux agresseurs de partir. «J’ai détalé comme un lapin et les autres m’ont suivi», a confié l’ancien footballeur, qui prétend s’être attaqué au chauffeur pour créer «un effet de surprise».

Pourchassés par la police, les trois fuyards ont jeté par la fenêtre plusieurs objets, dont les cagoules et les gants qu’ils portaient, ainsi que des ligatures en plastique.

Un scénario peu crédible

Selon le Ministère public et Me Moreillon, cette version ne tient pas la route. «C’est un fait notoire que de nombreux fourgons transitent par cette zone et c’est aussi un fait notoire que les convoyeurs s’arrêtent souvent à cet endroit précis pour assouvir un besoin naturel, a souligné le défenseur de SOS Sécurité S.A. Il leur suffisait d’attendre.» «Cette nuit-là, trois fourgons devaient arriver à cet endroit à peu près à la même heure. Peut-être qu’ils ne se sont pas attaqués au bon, a lancé le procureur Nicolas Koschevnikov. D’ailleurs, c’était connu qu’il y avait des failles de sécurité, même à l’interne. Un des convoyeurs de l’entreprise a même avoué que lorsque l’on a une aide intérieur, on a 80% de chance de réussir.»

Les deux hommes de droit ont également relevé que l’ancien sportif français avait avoué, au cours de l’enquête, que s’il avait réussi à faire sortir le convoyeur, il aurait conduit le fourgon pour décharger l’argent dans la voiture de son collègue. Une précision qui, selon eux, témoignent de l’intention de voler le butin.

Dans leur plaidoirie, les trois avocats de la défense ont basé leur argumentation principalement sur trois éléments: Tout  d’abord, ils ont souligné le manque d’intention de leur client quant au vol du contenu du fourgon; ensuite, les trois prévenus n’ont, d’après le dossier, pas utilisé de moyen de contrainte pour forcer le convoyeur à descendre du véhicule; et, finalement, ils n’avaient pas prémédité leur action puisque deux des prévenus ne se connaissaient pas.

Une peine privative de liberté ferme

Cette malencontreuse rencontre risque, selon le Ministère public, de condamner deux des prévenus à 18 mois de peine privative de liberté ferme et à seize mois ferme pour le troisième, avec pour tous une expulsion du territoire suisse de douze ans. Il appartient, désormais, au Tribunal de trancher si les trois prévenus avaient véritablement l’intention de voler le fourgon ou non.

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