Les News de Nord Vaudois - septembre 2017

En collaboration avec le journal La Région.

22 sep 2017

Un film d’action made in Nord vaudois

Yverdon-les-Bains – Concise – Jonathan Erath, Tanguy Guinchard et son frère Anthony -le trio du Team Stama, champion du monde d’arts martiaux extrêmes- ont présenté, hier à Grandson, «USB Protocol», un court-métrage tourné dans la région.

«USB Protocol», un court-métrage d’action version nord-vaudois. ©DR

«USB Protocol», un court-métrage d’action version nord-vaudois.

Ed est un jeune homme tout à fait normal qui mène une vie plutôt banale. Mais cette dernière va être bousculée lorsqu’un agent secret lui confie, juste avant de mourir, une mystérieuse clé USB, avec une seule consigne : la cacher. Il se retrouve, du jour au lendemain, pourchassé par des malfrats qui tentent de récupérer les fichiers numériques.

Musique digne des blockbusters américains, course-poursuite, combats, effets spéciaux : tout est pensé pour plonger le spectateur dans un film d’action hollywoodien. Pourtant, ce court-métrage, baptisé «USB Protocol», d’une trentaine de minutes, a été réalisé par le Team Stama, composé de trois jeunes, âgés entre 21 et 22 ans : l’Yverdonnois Jonathan Erath, agent de sécurité, et les Concisois Tanguy Guinchard, publicitaire, et son frère Anthony, étudiant en microtechnique. Et toutes les scènes ont été tournées à Concise, Yverdon-les-Bains et Renens.

 

Cascades de professionnels

 

Pour entrer dans son rôle de grand méchant, Jonathan Erath a dû passer de nombreuses heures à se faire maquiller. ©DR

Pour entrer dans son rôle de grand méchant, Jonathan Erath a dû passer de nombreuses heures à se faire maquiller.

Si ce film semble tout droit sorti d’une grande production, c’est certainement à cause de ses cascades, et de ses combats, tous joués par les trois Nord-Vaudois. Et ce ne sont pas des amateurs. Invités dans de nombreux shows, demi-finalistes de La Suisse a un incroyable talent en 2016 et champions du monde d’arts martiaux extrême la même année, ils sont connus à travers le monde.

Par contre, en ce qui concerne la réalisation du film, c’était une grande première : «Nous n’avions encore jamais réalisé un projet d’une telle ampleur, raconte Tanguy Guinchard, le réalisateur. A la base, on pensait faire une vidéo de quatre ou cinq minutes, juste pour s’entraîner à mettre en scène des bagarres, mais en fait j’ai réalisé que lorsqu’on veut faire quelque chose de bien, c’est difficile de raboter.»

Ce n’est pas la seule chose qu’il a apprise en tournant «USB Protocol». «Comme on avait un petit budget (ndlr : 15 000 francs), nous avons dû créer certains effets spéciaux nous-mêmes», explique-t-il. Car, qui dit film d’action, dit beaucoup de casse et cela a un prix, surtout s’il faut rejouer les scènes plusieurs fois. Pour limiter les dépenses, ils ont fabriqué, par exemple, des bouteilles en sucre et des meubles en sagex.

Présenté hier à Grandson, à la quinzaine de sociétés nord-vaudoises qui ont investi dans le projet, «USB Protocol» est aussi en lice dans trois festivals. Peut-être que le Team Stama décrochera bientôt une autre médaille.

«USB Protocol» sera diffusé en fin de l’année sur www.teamstama.com.

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22 sep 2017

L’Appli du Coeur, pour avoir moins peur

Yverdon-les-Bains – Sensée diminuer l’anxiété et la douleur, une application est proposée à tous les enfants du Service de pédiatrie de l’hôpital de la Cité thermale, depuis juin dernier. Une innovation numérique à l’échelle de la Suisse.

L'hôpital d’Yverdon-les-Bains a été numérisé dans l’application. ©DR

L’hôpital d’Yverdon-les-Bains a été numérisé dans l’application.

«Je m’attendais à des cris et à des pleurs mais, finalement, elle était très détendue», confie l’Yverdonnoise Marine Berisha, mère d’une fille âgée de 9 ans, opérée du nez il y a quelques semaines à l’Hôpital d’Yverdon-les-Bains. Pour cause, la jeune Meylina a été l’une des premières bénéficiaires de l’Appli du Cœur, une application interactive sur tablette instaurée depuis le mois de juin dans le Service de pédiatrie de l’établissement. Une première en Suisse.

Pour Sabrina Pennel, la présidente et fondatrice de l’association Les ateliers du Coeur, à l’origine du projet, cet outil est nécessaire pour faciliter et dédramatiser l’hospitalisation des plus jeunes. «J’ai côtoyé de nombreux enfants dans les hôpitaux suisses et étrangers, et je sais que leur quotidien peut être très pesant. Certains enfants passent près de deux ans dans une chambre, en attendant une greffe. Cela génère beaucoup d’anxiété.»

 

Moins de médicaments

 

L’outil permet à l’enfant de comprendre toutes les étapes de l’opération. ©DR

L’outil permet à l’enfant de comprendre toutes les étapes de l’opération.

Un stress qui engendrerait des douleurs supplémentaires. «Grâce à sa dimension apaisante, la tablette devrait permettre de réduire 70% des douleurs et, par extension, diminuer la prise de médicaments, avant et après l’opération. Ainsi, l’enfant pourrait rentrer plus vite à la maison.»

Inspirée par les pratiques du centre hospitalier universitaire de Rennes, en France, l’application met en scène l’utilisateur, grâce à un avatar à son image. La petite Meylina, elle, a choisi de représenter sa meilleure amie, pour qu’elle l’accompagne dans cette épreuve.

«Chaque enfant qui va au bloc opératoire a accès à la tablette une semaine avant le jour de l’opération, raconte Coralie Gros, infirmière en charge du projet. Ainsi, après avoir entré son nom, son âge et ses activités préférées, il peut regarder un petit scénario personnalisé de son opération à venir.»

 

Une «grande aventure»

 

Pour les jeunes âgés de 4 à 11 ans, tous les détails médicaux sont occultés, pour laisser place à ce qui est appelée une «grande aventure», où la blouse blanche est un déguisement et les médicaments de la potion magique. «Grâce à ce système, beaucoup d’enfants sont venus tout sourire le jour de l’opération, se réjouit Coralie Gros. Certains avaient même hâte de commencer.»

Pour les plus âgés, le support est le même, mais les étapes de l’opération sont décrites de manière réaliste. «Chaque intervention médicale est expliquée au patient en amont, avec des dessins explicatifs, souligne Sabrina Pennel. Mettre des images sur des mots est un facteur de soulagement.»

Le jour J, l’aide-soignant a le choix entre différents modes d’utilisation de la tablette : une échelle de confort, grâce à laquelle l’enfant peut montrer où il a mal, ainsi qu’un jeu permettant de faciliter l’endormissement à l’heure de l’anesthésie.

 

Alléger la souffrance

 

«Ma fille a pu compter des moutons en attendant de recevoir le masque, ce qui l’a vraiment amusée», se rappelle Marine Berisha. Grâce à de nombreux jeux, tels que le puzzle, le memory et le coloriage, l’enfant a également la possibilité de se distraire durant son séjour à l’hôpital, avant et après l’opération.

Une aubaine pour les petits, mais également pour leurs parents. «J’étais très soulagée que ma fille soit si calme. Je l’ai retrouvée le lendemain dans son lit, dans les vapes certes, mais quand même avec sa tablette», sourit la mère de Meylina.

Actuellement, l’Appli du Cœur est utilisée près de deux fois par semaine, à l’Hôpital d’Yverdon-les-Bains, grâce à une dizaine de tablettes. Sabrina Pennel espère désormais convaincre les hôpitaux de Genève et de Lugano.

 

Le numérique au service du bien-être des petits

 

«Quand j’ai demandé aux établissements hospitaliers suisses s’ils désiraient se munir d’une telle application, l’Hôpital d’Yverdon-les-Bains a tout suite été très intéressé», se rappelle Sabrina Pennel.

Durant près d’une année, l’extérieur et l’intérieur des bâtiments de l’hôpital ont été filmés, ainsi que les aides-soignants, afin de les numériser dans l’application. «L’idée est que les enfants se sentent en confiance dans cet environnement, explique l’infirmière Coralie Gros. Un jeu de réalité augmentée est même proposé durant le trajet entre la chambre et le bloc opératoire.»

Atteints d’une maladie chronique ou non, tous les jeunes nécessitant une opération peuvent bénéficier de la tablette. «Parfois, ce sont des chirurgies bénignes, comme une ablation des amygdales ou une opération des végétations. Mais j’essaie aussi de proposer cet outil pour des urgences, comme une appendicite.»

Pionnier, le Service de pédiatrie de l’Hôpital d’Yverdon-les-Bains avait déjà intégré l’hypnose conversationnelle pour rassurer les plus petits (voir La Région Nord vaudois du 3 mars 2016).

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22 sep 2017

La petite reine fera son retour à Yverdon-les-Bains

Cyclisme – L’édition 2018 du Tour de Romandie fera escale dans la Cité thermale, le jeudi 26 avril. La capitale nord-vaudoise recevra l’arrivée de l’étape qui partira de Delémont.

Le chrono par équipes de 2009, dans les rues d’Yverdon-les-Bains. ©Champi-a

Le chrono par équipes de 2009, dans les rues d’Yverdon-les-Bains.

Le Tour de Romandie sera de retour à Yverdon-les-Bains, au printemps prochain. La Cité thermale recevra l’arrivée de la deuxième étape de l’édition 2018 de l’épreuve. Le jeudi 26 avril, le peloton arrivera en provenance de Delémont, après avoir traversé le Jura.

«Nous avons régulièrement reçu des épreuves cyclistes. Je crois qu’on peut même affirmer que le vélo a du poids dans le Nord vaudois et que la région se prête bien à sa pratique, souligne le syndic Jean- Daniel Carrard, à l’heure d’évoquer les raisons de l’accueil du Tour de Romandie. D’une manière générale, nous sommes toujours intéressés à accueillir des manifestations sportives et culturelles.»

Le dernier arrêt de la boucle romande à Yverdon-les-Bains date de 2009. A cette date, un contre-la-montre par équipes avait été organisé au cœur de la ville. L’année avait été particulièrement forte en émotions cyclistes, pour la région, puisque le Tour de Suisse était également passé dans la Cité thermale, avant de rejoindre Juraparc, puis Le Sentier le lendemain. Ensuite, au mois de juillet, c’est le Tour de France qui était passé par la deuxième ville du canton et ses alentours.

 

Villes-étape dévoilées

 

L’édition 2018 du Tour de Romandie aura lieu du mardi 24 avril au dimanche 29 avril. Le prologue aura lieu au coeur de Fribourg. Suivront des étapes pour baroudeurs Fribourg-Delémont le mercredi 25, puis Delémont-Yverdon-les-Bains le lendemain. Le contre-la-montre se disputera le vendredi 27 entre Ollon et Villars, à la veille d’une étape de montagne en boucle Sion- Sion le samedi 28. L’ultime étape, entre Mont-sur-Rolle et Genève, se terminera par le traditionnel final royal sur les quais genevois le dimanche 29 avril.

Le parcours précis qui attend le peloton entre ces différentes têtes d’étape sera dévoilé dans le courant du mois de décembre.

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21 sep 2017

Accueil de star pour la ministre de l’éducation 4.0

Yverdon-les-Bains – Cesla Amarelle a eu son heure de gloire, mardi soir, lors de la cérémonie en l’honneur de son accession au Conseil d’Etat. Un grand moment pour la socialiste, qui prévoit déjà de grands chantiers.

La socialiste yverdonnoise Cesla Amara a été escortée par le premier citoyen de la ville, l’UDC Pascal Gafner, pour aller prendre l’apéro, après la cérémonie officielle célébrant son accession au Conseil d’Etat. ©Michel Duperrex

La socialiste yverdonnoise Cesla Amarelle a été escortée par le premier citoyen de la ville, l’UDC Pascal Gafner, pour aller prendre l’apéro, après la cérémonie officielle célébrant son accession au Conseil d’Etat.

A peine a-t-elle fait un pas dans la salle du Théâtre Benno Besson, que l’ensemble du public s’est mis à l’applaudir. Cesla Amarelle, nouvelle ministre en charge de la formation, de la jeunesse et de la culture, a fait son entrée à Yverdon-les-Bains telle une star. Une cérémonie était organisée en son honneur par la Municipalité, mardi soir, afin de célébrer l’accession de la socialiste au Conseil d’Etat. Heureux hasard, l’événement a eu lieu le jour de la rentrée universitaire.

Jour de fête oblige, ses amis et collègues se sont succédé sur l’estrade pour exprimer leur joie de voir l’ancienne professeur de droit des migrations à l’Université de Neuchâtel intégrer l’Exécutif cantonal. «Sérieuse», «militante», «forte d’une grande expérience», «combative», «prédestinée à la politique», «souriante», «capacité à nouer des alliances», les compliments et les éloges ont fusé de toute part.

 

Quelques anecdotes

 

Les conseillers d’Etat ont fait le déplacement jusqu’au Théâtre Benno Besson pour célébrer l’arrivée de leur nouvelle collègue, ©Cesla Amarelle.

Les conseillers d’Etat ont fait le déplacement jusqu’au Théâtre Benno Besson pour célébrer l’arrivée de leur nouvelle collègue.

Une bonne excuse également pour évoquer quelques bons moments passés avec l’Yverdonnoise : «Lors d’une soirée électorale mémorable passée au comptoir d’Oron-la-Ville et quelques bons chasselas en dégustation m’avaient d’ailleurs convaincue de sa capacité à se fondre dans la franche cordialité de l’état d’esprit valdo-vaudois, bien loin de l’image d’intellectuelle austère véhiculée ici et là, confie la présidente du Conseil d’Etat, Nuria Gorrite. Disons-le franchement, ma chère Cesla, on est revenues avec, comme on dit, une fédérale.»

Et certains se sont même permis quelques jeux de mots : «Ce n’est pas Tesla, même si ton esprit est plus vif que cette voiture. Pas non plus C’est cela, expression bien vaudoise remplaçant le voilà voilà», lance avec humour Stéphane Montangero, président du Parti socialiste vaudois.

 

Des conseils avisés

 

La principale tâche qui attend la Nord-Vaudoise, c’est l’adaptation de la Loi sur l’enseignement obligatoire (LEO). Alors, la présidente du Grand Conseil, Sylvie Podio, en a profité pour lui confier un petit conseil : «Vous allez avoir affaire à 150 députés experts en matière d’enseignement scolaire -car ils sont tous passés par l’école-, mais qui, néanmoins, font preuve d’une certaine subjectivité et d’une certaine émotion dans les débats concernant l’école. Je vous encourage donc à garder une oreille attentive à ces émotions, même si, à un moment ou à un autre, vous devrez trancher. Car c’est le seul moyen pour que nous puissions avancer ensemble dans ce dossier, au-delà des préjugés et des idéologies.»

 

Prise de conscience

 

A l’issue des divers discours, Cesla Amarelle a pris la parole sous un tonnerre d’applaudissements. Et c’est sans détour qu’elle s’est confiée aux dizaines de personnes présentes ce soir-là : «Me retrouver devant vous en tant que conseillère d’Etat me paraît parfois encore un peu abstrait, tant l’action gouvernementale est vaste, avoue-t-elle. Ce n’est que maintenant que je prend conscience des responsabilités ce qui m’attendent.» Malgré ses doutes, elle se sent prête à affronter cette nouvelle tâche : «Je suis portée par tout cet élan de soutien.»

La ministre nord-vaudoise en a profité pour rappeler les trois chantiers majeurs qui vont marquer sa législature : «Il y a beaucoup de défis, y compris pour le Nord vaudois, par rapport à l’école, afin de développer l’éducation numérique dans le canton, de mettre en œuvre la loi sur l’enseignement obligatoire et de consolider la place des maîtres de classes (ndlr : via un renforcement des mesures socio-éducatives), précise-t-elle. Et ici, j’aimerais faire en sorte qu’il y ait un bon dialogue entre les enseignants, le département et le politique.»

Reste à savoir quelles seront les premières mesures prises par celle qui se qualifie de «produit de l’école vaudoise».

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21 sep 2017

Woodspirit, le bois dans les veines

Vallée de Joux – Féru de sports de glisse, Lucas Bessard, 27 ans, s’est improvisé menuisier-artisan. A L’Isle, dans son atelier de poche, il s’est lancé dans la fabrication de skis haut de gamme made in Vaud, avec du bois venu tout droit du Risoux. Un vrai travail d’orfèvre.

Lucas Bessard réalise le noyau de ses skis grâce à du frêne qui provient, en partie, des vastes forêts du Risoux, à la Vallée. ©Simon Gabioud

Lucas Bessard réalise le noyau de ses skis grâce à du frêne qui provient, en partie, des vastes forêts du Risoux, à la Vallée.

Trente mètres carrés. Un garage recyclé en atelier de poche. Un havre de paix niché sur les rives de la Venoge, à L’Isle, à quelques encablures d’où elle prend sa source. Un lieu singulier, où l’effluve du bois fraîchement raboté caresse les narines, où les copeaux craquent sous les souliers. Contre le mur, alignés par paires, des skis attendent preneur. Des lattes au design élancé, faites de bois noble et local. Des pièces uniques réalisées des mains d’un seul homme, Lucas Bessard.

Pas de travail à la chaîne entre les murs de la toute jeune société Woodspirit. Même si, avec l’été qui tire sa révérence et les températures en berne, le carnet de commande pourrait bien se remplir et, avec lui, le rythme de travail s’accélérer. Dans son antre, le Vaudois de 27 ans dessine, découpe, scie, rabote, profile, colle, presse, ponce, vernit, farte et aiguise. Artisan autant que chef d’entreprise, le passionné est au four et au moulin. Et c’est peu dire. «J’ai toujours aimé m’occuper, toucher à tout. Je suis un manuel. Bricoler, c’est dans ma nature», note celui qui a grandi au milieu des machines et qui a hérité du virus du bois et du bricolage de son père, le laitier du village.

 

Noyau fait de frêne local

 

Au milieu de l’atelier, trône un vaste et vénérable établi. Dessus, des lattes de frêne attendent d’être transformées. A l’instar de ses prédécesseurs de la fin du XIXe siècle, l’artisan a porté son dévolu sur le bois. Mais pas n’importe lequel. Et c’est bien là que réside tout l’esprit de Woodspirit. Une partie du frêne provient de la forêt du Risoux, à la vallée de Joux, quelques kilomètres au-dessus du village. «Je n’utilise qu’un bois de premier choix, sans nœud, et de la région. C’est le côté authentique de l’entreprise.» Collées les unes aux autres, les lames de frêne constituent le noyau central du ski. Recouvertes de fibre de verre et couplées aux technologies actuelles -semelles et carres-, les lattes sont «tout aussi performantes et résistantes que les skis industriels», assure l’amoureux du travail bien fait.

Voilà près d’une année que le Vaudois a embrassé sa nouvelle activité, avec déjà une bonne centaine de réalisations derrière lui. En autodidacte, il assume seul la production, de A à Z. Si, à ses débuts, les doutes se sont parfois bousculés dans sa tête, l’artisan semble avoir trouvé son rythme de croisière et gagné une certaine reconnaissance de son entourage. «Au début, lorsque j’évoquais mon projet, personne ne me prenait au sérieux. Alors j’ai arrêté d’en parler et je me suis lancé dans mon coin», lâche celui qui a réalisé des études en agroalimentaire.

 

Un Crowdfunding et des espoirs

 

Preuve que les skis frappés du logo Woodspirit sont beaux, mais aussi performants, Lucas Bessard peut compter sur un ambassadeur de choix pour faire la promotion de ses réalisations, en la personne de Nicolas Falquet. Le freerider professionnel, établi aux Marécottes (VS), a en effet lâché son fournisseur et a fait le pari Woodspirit. «En plus de tester mes skis et de me conseiller, il me donne un coup de main pour la visibilité de la marque et la réalisation de films. Après quelques bières, on s’est aperçu qu’on avait pas mal de choses en commun», confie le Vaudois.

Si l’artisan se plaît dans son atelier, il avoue s’y sentir un peu à l’étroit. Raison pour laquelle il a lancé, jusqu’au 9 octobre prochain, une campagne de financement participatif. «Le garage, c’était bien pour débuter. Mais c’est un peu de la bricole. Maintenant, je cherche à professionnaliser et à développer l’entreprise», explique Lucas Bessard, qui espère rassembler de quoi lui permettre de changer de locaux et, pourquoi pas, d’investir dans de nouvelles machines, comme celles de découpe au laser. En contrepartie des dons, des bonnets et T-shirts frappés du logo Woodspirit, des pavés fleuris, une spécialité fromagère toute isloise, et, bien sûr, des skis sont proposés, suivant la somme.

A noter que l’entreprise Woodspirit organise une soirée portes ouvertes, ce soir, dès 17h, à L’Isle. Plus d’informations sur www.woodspirit.swiss.

 

Autodidacte chevronné

1990 naissance de Lucas Bessard à Lausanne. Il passera son enfance à L’Isle.

2005 Durant sa jeunesse, son papa, bricoleur chevronné, lui inocule le virus du travail du bois, et de la «bricole» en général. Il s’essaie à la fabrication de skateboards.

2013 Il fabrique sa première paire de skis. Une version hors norme au patin extra-large. En parallèle, il termine son bachelor d’ingénieur agroalimentaire à la HES de Sion. Une voie qu’il ne suivra pas, faute de «vibrer» pour la branche.

2014 Il rejoint la fromagerie de son père, afin de l’épauler dans la fabrication de Gruyère, notamment.

2016 Il fait le grand saut et fonde son entreprise, qu’il monte en raison individuelle. Il y investit toutes ses économies. Peu après, il signe un contrat de sponsoring avec le freerider professionnel Nicolas Falquet, qui lâche son fournisseur pour oser l’expérience Woodspirit.

2017 Il lance une campagne de financement participatif, afin de déménager dans un nouvel atelier, plus spacieux, et éventuellement faire l’acquisition de machines spécialisées.

Une créativité sans limite

Difficile de trouver plus homogène que la gamme de skis dits «industriels» et venus tout droit de Chine. Même pour les plus «locaux» d’entre eux, citons l’enseigne suisse Stöckli, la production de masse a pris le pas sur la singularité et l’originalité. «Mes clients recherchent quelque chose de différent, de plus authentique que ce que l’on trouve sur les pistes», note l’artisan, bien décidé à assouvir les envies les plus folles en matière de créativité. Qu’elles soient siennes ou qu’elles émanent de ses clients, d’ailleurs.

C’est au moment de procéder à «l’enveloppe» du ski, après l’assemblage et le profilage du noyau de frêne, que l’artisan fait place à l’artiste, là où toutes les folies deviennent possibles : un portrait de Donald Trump, un damier à la façon marqueterie (photos ci-contre), un logo ou un massif montagneux. Noyer, merisier, érable ou châtaignier sont autant d’essences -toutes issues des forêts suisses- avec lesquelles le jeune Vaudois compose. Un écrin de bois très fin qui vient épouser littéralement la forme du ski. La seule limite réside en la surface disponible sur les lattes.

«Je ne réalise que du sur-mesure, des skis artisanaux et personnalisables. C’est important d’entretenir un contact privilégié avec mes clients et qu’ils se sentent concernés par la réalisation du produit, quitte à faire le déplacement dans mon atelier», illustre Lucas Bessard.

Créés en une petite trentaine d’heures, du noyau aux finitions, en passant par la semelle, ses articles frappés de sa griffe dans le chevron attirent les amateurs comme les descendeurs de bon niveau. Les skis, à la fois performants et esthétiques, ont un certain coût -comptez un peu plus de mille francs la paire selon le degré de personnalisation-, mais ont trouvé leur clientèle.

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21 sep 2017

Comment le tournoi d’Yverdon est devenu incontournable

Basketball – L’événement d’avant-saison commencera demain. Les rencontres n’auront pas lieu que sur le terrain, mais aussi en coulisses, où tous les représentants de la sphère orange suisse se sont donnés rendez-vous.

La salle des Isles fait le bonheur des basketteurs de LNA avant le début du championnat. ©Lado-a

La salle des Isles fait le bonheur des basketteurs de LNA avant le début du championnat.

Réactivé en 2014, le tournoi national de basketball d’Yverdon-les-Bains, programmé juste avant la reprise du championnat, est déjà (re)devenu un incontournable du calendrier national. De demain à dimanche, les meilleures équipes du pays, tant chez les dames que chez les hommes, fouleront la salle des Isles à l’heure de peaufiner les derniers réglages. Les joueuses et joueurs ne seront, pour autant, de loin pas les seuls à poser les pieds dans la Cité thermale, puisque c’est un peu tout le milieu du basket suisse qui a pris rendez-vous.

Olivier Schott

Olivier Schott

La formule du succès, c’est Olivier Schott (en médaillon), arrivé à la tête de l’USY Basket en 2013, et son équipe qui l’ont trouvée. «En reprenant le club, l’un des objectifs était de promouvoir la discipline. On a rebondi sur le passé en relançant le tournoi, quitte à essuyer une petite perte financière la première année, souligne le président. On a surtout pu montrer qu’on était sérieux.» Et pérenniser l’affaire.

Un vrai tir primé, puisque la manifestation est devenue le rendez-vous d’avant-saison. Dans la raquette, se côtoient les présidents des clubs de l’élite, les délégués des associations régionales, les responsables du mini-basket, ainsi que les arbitres de l’élite. Yverdon est the place to be, en somme.

«On n’est pas une grande communauté. Alors, à chaque fois qu’un grand événement est organisé, au même titre que la finale de la Coupe de Suisse ou celle de la SBL Cup (ndlr : la Coupe de la Ligue), à Montreux, on en profite pour se rassembler, lance Giancarlo Sergi, le président de la fédération nationale. Oui, le rendez-vous d’Yverdon est devenu important.»

En présence de quasi tous les représentants de la sphère orange, il est plus facile de faire passer les messages. Ainsi, 21 arbitres de LNA, 15 commissaires et un instructeur de la Fédération internationale (FIBA) se rencontreront pour la troisième fois dans la Cité thermale, dans le cadre du traditionnel clinic d’avant-saison. «On en profite pour présenter les nouvelles directives, ainsi que pour réaliser les tests physiques, précise Sébastien Clivaz, chef des arbitres nationaux. La date, juste avant la reprise, est idéale. En plus, on trouve toutes les infrastructures nécessaires, avec un excellent hôtel, des salles de conférence et des salles de sport.»

Cette année, d’un point de vue du règlement, la FIBA, dans un souci d’uniformisation, a décidé de s’aligner sur ce qui se pratique en NBA concernant la règle des marcher. «Dans les grandes lignes, un joueur en mouvement pourra faire un pas supplémentaire», prend comme exemple Sébastien Clivaz, au moment d’évoquer les principales nouveautés de la saison à venir.

Le système de statistiques a également changé. «Le tournoi permettra de l’utiliser pour la première fois de façon formelle», glisse le responsable des compétitions de le Swiss Basketball League, Valentin Wegmann, qui profitera du week-end pour rencontrer les présidents des clubs au cours de l’assemblée annuelle.

 

Parquet posé

 

Si le tournoi yverdonnois actuel convient et convainc, ses organisateurs ne manquent pas de le développer. Ainsi, principale nouveauté cette année, le sol de la salle des Isles sera recouvert d’un parquet adapté. «A la fois pour le confort des joueurs, mais aussi celui des spectateurs et des médias. En plus, cela nous permet d’accueillir un match d’handibasket, énumère Olivier Schott, tout heureux de s’aligner sur les standings des autres événements phare de la saison. Une innovation qui alourdit un peu le budget (62 000 francs au total), mais qui va dans le sens souhaité. Le prochain palier consistera à attirer une ou des équipes étrangères.

 

USY : intégration et progression

 

Les équipes phare de l’USY Basket ont repris le championnat cette semaine. En 2e ligue masculine, la troupe de José Romay reste sur deux demi-finales. «Ce qui est mieux que les ambitions de maintien affichées, rappelle le président Olivier Schott. Cette fois, l’objectif sera encore de rester à ce niveau, tout en continuant à préparer l’échelon supérieur. Nous souhaitons que nos jeunes nous y amènent. On n’ira pas chercher des joueurs ailleurs pour cela, alors on se laisse du temps.» Le Macédonien Tomcho Sokolov, ex-professionnel arrivé l’hiver passé au club, ne fait plus partie du contingent.

Chez les dames, Yverdon aligne une équipe en 2e ligue depuis le début de la saison, cette fois. «Même si l’effectif reste un peu juste, le groupe a bien pris, se réjouit Olivier Schott. Nos juniors filles pourront l’alimenter dans le futur.»

 

Le programme

 
Demain

Demi-finales hommes :

18h45 Fribourg – Genève

21h Monthey – Lugano

 

Samedi

9h-12h Tournoi minibasket

 

Demi-finales dames :

13h Fribourg – Genève

15h15 Pully – Bellinzone

17h15 concours à 3 points

 

Démonstration handibasket :

18h30 Meyrin – Pully

 

Dimanche

Finales dames :

11h15 3e-4e places

13h30 1re-2e places

 

Finales hommes :

15h45 3e-4e places

18h 1re-2e places Restauration, entrée libre.

Infos : www.usybasket.ch

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20 sep 2017

«L’EPFL n’est pas notre concurrent»

Yverdon-les-Bains – Après avoir codirigé le Centre de l’énergie de l’EPFL, le professeur Massimiliano Capezzali a rejoint la HEIG-VD, où il a pris la direction du tout nouveau Pôle de compétence Energie. La priorité sera mise sur le renouvelable.

Massimiliano Capezzali, 44 ans, entend faire profiter la HEIG-VD de son expérience. ©Michel Duperrex

Massimiliano Capezzali, 44 ans, entend faire profiter la HEIG-VD de son expérience.

Il est arrivé sans faire de bruit. Et pourtant, l’engagement d’un professeur et spécialiste de renommée dans le milieu de l’énergie, le Chaux-de-Fonnier Massimiliano Capezzali, à la Haute Ecole de gestion et d’ingénierie du canton de Vaud (HEIG-VD) pourrait bien faire des vagues. Ambitieux, le directeur du tout nouveau Pôle de compétence Energie entend faire profiter son nouvel employeur de son expérience acquise durant plus de dix ans au sein de l’Ecole polytechnique de Lausanne (EPFL). Interview.

 

Massimiliano Capezzali, pourquoi vous-êtes vous laissé tenter par le projet de la HEIG-VD ?

Après dix ans passés à l’EPFL, j’éprouvais le besoin d’un nouveau challenge. La volonté de la HEIG-VD de créer un pôle de compétence en matière d’énergie, de fonctionner de façon systémique, m’a séduit. L’EPFL est davantage orientée vers la recherche fondamentale. Ce qui n’est pas le cas d’une haute école, qui est surtout tournée vers le terrain et qui met en place des projets concrets à court et moyen terme.

 

Vous avez quitté une école prestigieuse, classée 14e mondiale, pour rejoindre une HES, moins réputée. Peut-on y voir une forme de régression ?

Non, il ne faut pas raisonner en termes hiérarchiques. Si les écoles polytechniques, comme celles de Zurich ou de Lausanne, jouissent d’une très grande renommée internationale, c’est aussi parce qu’elles publient des articles scientifiques dans des revues prestigieuses, comme Nature. Ce qui n’est pas la vocation d’une HES, qui doit se concentrer sur les besoins de l’industrie et de l’économie locale. Surtout, la HEIG-VD travaille sur des projets à implémenter dans un tissu local, voire régional. L’EPFL n’est pas notre concurrent. Nous travaillons, au contraire, de manière complémentaire.

 

Le Pôle de compétence Energie a vécu sa première rentrée hier. Quelle est sa vocation ?

L’idée était de créer une entité capable de mettre en avant les compétences de la HEIG-VD. Surtout, l’objectif était de créer des ponts : durant trop longtemps, on a fonctionné en «silo», c’est-à-dire que chaque domaine énergétique, qu’il soit solaire, thermique ou électrique, travaillait de manière isolée. Ce n’est plus possible. En outre, le «G», de HEIGVD, m’a énormément plu. Le pan économique de l’école est fondamental, notamment en matière de business plan, et de financement de projets énergétiques de manière générale.

 

Quel sera votre rôle, en tant que directeur de l’entité ?

J’aime me considérer comme un facilitateur d’idées et de contacts. En plus de créer des ponts au sein de la HEIG-VD, et entre la Haute Ecole et des partenaires, publics comme privés, j’ai aussi à coeur de développer la notoriété et la renommée dont jouit déjà la HEIGVD.

 

Le nom de Cité de l’énergie est volontiers prêté à Yverdon-les-Bains. Un terrain fertile pour le développement de projets énergétiques avec la Ville ?

J’ai effectivement le souhait de collaborer étroitement avec la Ville, et le Service des Energies (SEY) en particulier. Une série d’idées de projets a d’ailleurs été évoquée. Dans Yverdon-les-Bains, il y a «les-Bains». La ville peut se targuer de bénéficier de gisements d’énergie thermique. C’est une formidable source d’énergie renouvelable sur laquelle il faut tabler.

 

A propos d’énergie renouvelable, le peuple suisse a récemment voté en faveur d’un tournant énergétique en 2050. Une aubaine pour un Pôle de compétence comme celui de la HEIGVD ?

Oui, car il y a eu un temps pour les prédictions et les théories. Aujourd’hui, il s’agit de les mettre en pratique à travers des projets concrets. Mais la sortie des énergies fossiles se fera par étapes. Il ne faut pas oublier que, concernant les produits pétroliers, la Suisse est proportionnellement plus dépendante que les Etats- Unis, à qui on aime taper sur les doigts.

 

Quels sont les grands défis aujourd’hui ?

Il faut prendre en compte les besoins de stockage, qui doivent accompagner le développement de centrales photovoltaïques, comme celle d’Onnens, réalisée récemment. A noter que le potentiel est également très fort dans les domaines de la mobilité, ou encore du chauffage d’habitations.

 

Expérience académique

 
1973 Naissance à La Chaux-de-Fonds, de parents italiens.

1998 Il obtient un doctorat en physique à l’Université de Neuchâtel.

1999 Massimiliano Capezzali travaille comme chercheur auprès de la Queen’s University de Kingston, en Ontario (Canada).

2000 De retour en Suisse, il s’engage au Département fédéral de justice et police comme collaborateur scientifique.

2001 Il rejoint l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), d’abord comme chercheur, puis comme adjoint au décanat de la faculté Sciences et techniques de l’ingénieur.

2007 Il accède au poste de directeur adjoint du Centre de l’Energie de l’EPFL.

2017 Massimiliano Capezzali dirige le Pôle de compétence Energie de la HEIG-VD.

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20 sep 2017

«Romans d’adultes», la vie à 25 ans

Yverdon-les-Bains – Sept ans après «Romans d’Ados», cinq Yverdonnois sont de nouveau à l’écran, dans une saga documentaire autour de leurs tourments de jeunes adultes.

De gauche à droite, Jordann, Mélanie, Thys, Rachel et Xavier. ©Nasser Bakhti

De gauche à droite, Jordann, Mélanie, Thys, Rachel et Xavier.

En 2010, sept adolescents yverdonnois avaient marqué la Suisse romande. Filmés durant plus de sept ans, Rachel, Mélanie, Jordann, Thys, Xavier, Aurélie et Virginie avaient confié leurs doutes, leurs rêves et leurs peurs, dans la saga documentaire «Romans d’Ados».

Aujourd’hui âgés de 25 ans, cinq d’entre eux ont accepté de revenir à l’écran, dans une saga de deux films «Romans d’adultes, sur le chemin de l’indépendance», projetés en avant-première, hier soir, au cinéma Bel- Air d’Yverdon-les-Bains (voir ci-dessous). «Le public romand avait très envie de savoir ce qu’était devenu ces jeunes, racontent les deux réalisateurs Béatrice et Nasser Bakhti. Ils ont tous vécu des moments difficiles et emprunté des chemins inattendus.»

Mis sur pied grâce à un crowdfunding, le couple de réalisateurs a suivi les cinq jeunes adultes durant une année. «L’idée était de faire un retour ponctuel sur leurs vies et d’évoquer l’évolution de leurs relations familiales, leurs amours, leurs ambitions et leur quotidien.»

 

Problèmes fondamentaux

 

Rachel et Mélanie, aujourd’hui installées dans la banlieue yverdonnoise, sont sorties toutes deux abîmées d’une relation amoureuse tumultueuse. Thys a fait son comingout et vit aujourd’hui avec son copain à Lausanne. Jordann, tourmenté par l’absence de son père, s’est réfugié dans la drogue. Il a intégré récemment un programme de désintoxication. Enfin, Xavier est ingénieur à Vevey et vit confortablement avec sa compagne.

«Je n’ai jamais perdu contact avec eux, mentionne la co-réalisatrice. J’ai assisté au mariage d’Aurélie et j’ai été la confidente de Jordann lorsqu’il a retrouvé son père.» Chez eux, au travail et avec leurs proches, les cinq jeunes ont accepté d’être de nouveau filmés dans leur intimité. Seules Aurélie et Virginie ont refusé, pour des raisons personnelles.

Véritable étude sociologique, «Romans d’adultes» vise à montrer la complexité des êtres. «Chaque jeune est représentatif de la société d’aujourd’hui. Ils doivent assumer leurs choix et être responsables, ce qui n’est pas facile, conclut Nasser Bakhti. L’important, c’est qu’ils ont tous réussi à affronter la vie et à prendre leur envol.»

 

En avant-première, hier, au Cinema Bel-Air

 

Rachel, Mélanie, Thys, Jordann et Xavier ont assisté, hier soir, à l’avant-première de «Romans d’Adultes, sur le chemin de l’indépendance», au Cinéma Bel-Air d’Yverdon-les-Bains, en compagnie de leur famille.

La sortie officielle des deux volets du documentaire est prévue le 27 septembre prochain.

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20 sep 2017

Avec cette offensive, Yverdon peut jouer plus que le maintien

Rugby – LNB – Le néo-promu débute la phase de qualification à Monthey, dimanche. Le RCY entend jouer un rôle en vue cette saison.

Le RCY a pu conserver la majorité de son effectif. ©Duvoisin-a

Le RCY a pu conserver la majorité de son effectif.

Au sortir d’un exercice 2016- 2017 tout simplement parfait, conclu par le doublé Coupe FSR-championnat de LNC Plus, le XV d’Yverdon reprend du service. A l’étage supérieur, donc, mais toujours avec ambition.

«Le groupe veut repartir sur la même dynamique que la saison dernière, commence l’entraîneur ad interim Sébastien Dupoux, dont le successeur vient d’être trouvé (voir ci-dessous). Avec son fort potentiel offensif, Yverdon peut jouer plus que le maintien. L’objectif est de se sauver le plus rapidement possible, puis de jouer un rôle en vue dans ce championnat de LNB.»

Car le club yverdonnois a su conserver la majorité de ses joueurs et s’est même renforcé avec trois arrivées d’envergure. Le demi de mêlée Yannis Moulet (Stade-Lausanne), l’arrière ou centre David Gérard (Dunkerque) et l’ailier Matthieu Angelini (Aubagne) sont, en effet, de vrais renforts. Ils viennent s’ajouter aux piliers de l’effectif, fort de 35 éléments. «Nous pouvons compter sur cinq à six joueurs très dominants, qui ont le niveau de LNA, poursuit le coach français. Ces derniers peuvent pratiquement jouer à tous les postes, c’est pourquoi le danger viendra de partout.»

Autre argument à faire valoir, la qualité de jeu avec le ballon. «Mais il nous reste du travail, notamment au niveau des touches, des mêlées et de la défense», note Sébastien Dupoux.

Le match de préparation remporté 27-15 contre le LUC -pensionnaire de LNA- a néanmoins amené des certitudes.

«J’ai vu des arrières mieux positionnés sur le terrain, se satisfait Vincent Piguet, le président du RCY. Sous la houlette de Sébastien, l’équipe a progressé dans sa défense en ligne. Offensivement, nous n’avons effectivement pas trop de soucis à nous faire. Ce qui est réjouissant, c’est que nous disposons encore d’une énorme marge de progression.»

 

Seconde garniture en vue

 

A l’image d’Eliott Schenker, la relève pointe d’ailleurs le bout de son nez. «Mais nous ne voulons pas griller nos jeunes, même si la nouvelle formule exige qu’un club de LNA doive posséder une deuxième équipe, explique le président. Nous voulons développer les effectifs afin de créer une seconde garniture d’ici la fin de la saison, en y intégrant des joueurs régionaux. La structure mise en place autour de Thomas Forestier devrait nous permettre d’attirer de nouveaux éléments.»

Une nouvelle promotion n’est, ainsi, pas à l’ordre du jour, à l’aube de cette nouvelle saison qui débute dimanche, à 14h, à Monthey. «Les mots d’ordre sont plaisir et progression. Si ces deux critères sont réunis, nous aurons forcément des victoires, avance Vincent Piguet. La phase de qualification nous permettra de nous situer et de travailler sereinement, étant donné l’enjeu tout relatif.»

 

Entraîneur trouvé

 

Le RCY a trouvé son nouvel entraîneur en la personne de Jean-Emmanuel Bahoken. Le Français s’est engagé pour une saison, avec option pour une supplémentaire. Originaire du Cameroun et dernièrement responsable du centre de formation à Lyon, le coach a été présenté aux joueurs hier. «La succession de Sébastien Dupoux se fera dans la douceur, sur quelques semaines», annonce Vincent Piguet. Bahoken a été en partie formé en France par son prédécesseur au RCY. «La philosophie sera de poursuivre sur les mêmes bases, poursuit le président. Parmi ses missions, le technicien devra développer l’école de rugby et former des moniteurs.»

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19 sep 2017

Le festival AlternatYv, ode à la nature et à l’altérité

Yverdon-les-Bains – Pour sa deuxième édition, l’événement a tenu ses promesses, le week-end dernier. Retour en images.

Accompagné de ses deux enfants, Nora et Daneck, Marcel Paris a proposé un atelier potager, à la place Pestalozzi. ©Michel Duperrex

Accompagné de ses deux enfants, Nora et Daneck, Marcel Paris a proposé un atelier potager, à la place Pestalozzi.

La deuxième édition du festival AlternatYv s’est tenue le weekend dernier, au centre-ville d’Yverdon-les-Bains. Au programme : ateliers, conférences, concerts et animations, touchant, de près ou de loin, à l’écologie et au développement durable.

Si la météo maussade a, par moments, forcé le public à se mettre à l’abri, elle n’a en rien gâché la fête. Après une première édition «test» l’an dernier, les organisateurs de la manifestation écolo ont proposé une offre d’activités considérablement revue à la hausse. «A travers un programme éclectique, nous avons cherché à attirer un large éventail de la population», explique Ella-Mona Chevalley, l’une des organisatrices de l’AlternatYv.

A l’Amalgame, le groupe Make Plain (folk-country blues) a fait danser la foule. ©Michel Duperrex

A l’Amalgame, le groupe Make Plain (folk-country blues) a fait danser la foule.

Parmi les bonnes surprises, citons notamment l’atelier zéro déchet, proposé par l’association Zero Waste Switzerland, pour lequel toutes les places ont trouvé preneur. La projection du film «Révolution silencieuse», de Lila Ribi, qui raconte l’histoire de l’agriculteur de Juriens Cédric Cheseaux, a également attiré les foules.

«Par rapport à l’an dernier, où tout était nouveau, nous étions mieux organisés cette année, confie Théophile Schenker, l’une des chevilles ouvrières de l’événement. Le bilan est largement positif !» Seules l’annulation de dernière minute d’une conférence et d’un atelier est venue entacher, un peu, le bon déroulement du festival.

 

Ambassadeur de choix contre la déforestation

 

©P. W.

©P. W.

Invité à s’exprimer au sujet de la transition écologique, Almir Narayamoga Surui (photo ci-contre), chef du peuple indigène Surui d’Amazonie brésilienne, a fait l’unanimité, dimanche, lors d’une conférence au Château. Il a évoqué le savoir-faire et la sagesse des «peuples premiers».

 

Un événement amené à se pérenniser ?

 

Les activités ludiques, comme marcher sur de la mousse, ont fait l’unanimité. ©Michel Duperrex

Les activités ludiques, comme marcher sur de la mousse, ont fait l’unanimité.

Après une deuxième édition couronnée de succès, la question de la tenue d’une troisième mouture, l’an prochain, est déjà sur toutes les lèvres du côté du comité d’organisation. «Clairement, nous avons le souhait de pérenniser le festival AlternatYv à Yverdon-les-Bains, mais rien n’est encore décidé, confie Théophile Schenker. Mais ce n’est pas un objectif en soi, car nous avons tous d’autres occupations à côté. C’est d’ailleurs tout le problème des festivals qui fonctionnent entièrement grâce au bénévolat. A chaque année, il faut sonder la motivation des gens à s’investir.»

A la place Pestalozzi, un atelier de bricolage a rassemblé le jeune public. ©Michel Duperrex

A la place Pestalozzi, un atelier de bricolage a rassemblé le jeune public.

Dans la cour du Château, workshop de Qi-Kong et Tai-chi-chuan (Renaissance Tao). ©Michel Duperrex

Dans la cour du Château, workshop de Qi-Kong et Tai-chi-chuan (Renaissance Tao).

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