Les News de Nord Vaudois - septembre 2017

En collaboration avec le journal La Région.

20 nov 2017

Un berger revient à ses moutons dans le Nord-vaudois

Orzens – Chaque année, à la même période, Pascal Eguisier est de retour dans la région. Rencontre avec un homme libre qui n’échangerait pour rien au monde son métier de berger.

Avec son chapeau bergamasque et son bâton de berger, Pascal Eguisier, ne passe pas inaperçu dans la région du Nord-vaudois. ©Carole Alkabes

Avec son chapeau bergamasque et son bâton de berger, Pascal Eguisier, ne passe pas inaperçu dans la région du Nord-vaudois.

C’est un troupeau de 800 bêtes au duvet laineux qui s’est installé dans une clairière, située en contrebas du village d’Orzens, samedi dernier. Depuis quelques jours seulement, Pascal Eguisier, 60 ans, et ses moutons sillonnent à nouveau la campagne romande par des températures plutôt fraîches. Plus de 600 kilomètres les attendent durant cette transhumance hivernale qui durera jusqu’à mi-mars. «C’est la période de la transhumance que je préfère, car le troupeau est encore indiscipliné», confie le berger, un brin anarchiste.

Mais cette année, l’homme qui avait marqué les esprits, en 2012, dans le film «Hiver Nomade», réalisé par Manuel von Stürle, sortira de l’hiver un peu plus tôt que prévu.

Il s’apprête à travailler dans sa buvette d’alpage, ouverte toute l’année et située sur les hauts d’Anzère (VS), dès le 20 décembre.

 

Transmission du savoir

 

Sur le campement, rien de tel pour se réchauffer que des peaux de moutons. ©Carole Alkabes

Sur le campement, rien de tel pour se réchauffer que des peaux de moutons.

Sur son campement, ses deux chiens, Kiwi et Casimir, veillent attentivement sur les moutons, pendant que son apprenti-berger, David Henguely, 33 ans, fait chauffer le café. «Ce n’est pas évident de trouver de la relève, car c’est un métier éprouvant, révèle Pascal Eguisier, qui a appris l’art pastoral auprès des bergers bergamasques. David est à l’écoute et il a cette soif d’apprentissage.» D’ici la mi-décembre, c’est donc seul que le jeune homme poursuivra sa route avec les ovins de Jean-Paul Peguiron, éleveur à Cuarny.

Pascal Eguisier observe avec attention son troupeau de 800 bêtes. ©Carole Alkabes

Pascal Eguisier observe avec attention son troupeau de 800 bêtes.

«Etre berger, c’est un peu comme un sacerdoce. En quelque sorte, on rentre dans les ordres et il faut avoir la foi en ce que l’on fait», glisse Pascal Eguisier entre deux gorgées de café. Et de poursuivre : «Cela fait plus de quarante ans que j’ai choisi cette vie de nomade et je l’assume. Mais je suis conscient que ce n’est pas à la portée de tout le monde. C’est à la fois une liberté et un asservissement, puisqu’on est dévoué 24 heures sur 24 au troupeau». Rien à voir avec l’été qu’il vient de passer, dans les Pyrénées, à s’occuper d’un troupeau de 350 vaches. «C’est différent, le travail de surveillance est moins intense», note le berger originaire de la Corrèze, même s’il a assisté à la naissance de cinquante veaux.

 

Après «Hiver Nomade»

 

L’un des deux ânes, sous la conduite de David Henguely. ©Carole Alkabes

L’un des deux ânes, sous la conduite de David Henguely.

Avec le recul, comment perçoit-il le documentaire qui avait touché bon nombre de Romands ? «L’émotion qui s’est dégagée de ce film m’a beaucoup touché. Il y a des personnes qui n’étaient pas allées depuis quarante ans au cinéma et qui s’y sont rendues trois ou quatre fois pour le voir, raconte-il. Les gens ont ainsi accédé à l’antre du berger.»

La suite de son parcours ? Il ne sait pas encore. «A chaque jour suffit sa peine, sourit-il. Cet après-midi, on va se rendre sur les hauts de Thierrens, mais demain (ndlr : hier) je ne sais pas où nous nous installerons.»

On quitte le berger près de son troupeau en train de caresser l’un de ses quatre guides, Camilo, un mouton de la race pecora brianzola, doux comme un agneau. «On prend toujours un ou deux moutons sous notre aile pour les domestiquer un maximum et pour qu’ils puissent guider les autres», conclut Pascal Eguisier en brandissant un morceau de pain sec.

Au final, c’est peut-être ça qu’il faut retenir du berger, un respect profond pour ses bêtes.

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20 nov 2017

Une ville à l’écoute de ses habitants

Orbe – Dans le cadre du projet «Orbe’1350 sentiments», la Municipalité a invité la population à découvrir les portraits filmés des Urbigènes qui ont exprimé leur opinion à propos de la commune, vendredi dernier.

Après la présentation du film, les participants ont posé plusieurs questions. ©DR

Après la présentation du film, les participants ont posé plusieurs questions.

«J’aime les deux visages d’Orbe : une petite ville entourée de campagne. Une vie sociale et culturelle riche et une proximité avec la nature», confie Dominique Bezençon, un Urbigène. Comme lui, 160 autres habitants ont accepté d’exprimer leur opinion sur la ville, dans le cadre d’un projet innovant lancé par la Maison des jeunes d’Orbe (MDJO), en janvier dernier.

Pour présenter les résultats de ce projet de cohésion sociale, la Municipalité a donc proposé à la population d’assister à un film commenté, ainsi qu’à une exposition, vendredi dernier, au Casino d’Orbe.

 

Une démarche citoyenne

 

«C’est en discutant avec les jeunes de la ville à propos du référendum du plan de quartier de Gruvatiez (ndlr : en 2015) que je me suis rendu compte que ces derniers n’avaient aucun intérêt pour la politique, affirme Demetrio Varella, animateur socio-culturel dynamique au sein du MDJO. Certains ne savaient même pas ce que signifiait le terme législatif. La population profite des avantages que la Ville lui donne, mais elle doit aussi faire un effort envers l’Exécutif et l’administration.»

Soucieux des devoirs civiques de la collectivité, l’animateur socioculturel a donc proposé à la Municipalité de lancer un projet qui permette aux habitants d’exprimer leurs sentiments sur la commune. «Avec Laurence Bordet, coordinatrice de l’Agenda 21, nous avons développé quatre thèmes avec J’aime…, J’aime pas…, J’aimerais… et Je ferai…, explique- t-il.

«J’ai tout de suite trouvé l’idée innovante, se souvient Henri Germond, syndic d’Orbe, qui était encore municipal à cette époque. Le nombre d’habitants augmente et il faut garder le contact avec la population.» La nouvelle Municipalité a réalisé ce projet pour un montant de 20 000 francs, dont 50% financé par la Confédération.

 

161 sentiments sur la ville

 

Mandaté par la Commune, Philippe Montes, animateur socio-éducatif et habitant de Vuiteboeuf, s’est muni de son appareil photo et d’une caméra pour récolter les témoignages des citoyens et des acteurs de la vie économique, sociale et culturelle de la Cité aux deux poissons. 161 personnes ont participé à ce projet et une quarantaine d’entre elles ont été filmées. Celles qui ne souhaitaient pas s’exprimer face à la caméra ont tout de même pu écrire leurs sentiments.

«Au mois de janvier, les gens étaient plutôt frileux lorsque j’allais à leur rencontre, reconnaît le travailleur social. Je me suis donc rendu à différentes manifestations, comme la Semaine contre le racisme, la Fête de la nature et le 1er Août.» Une seule contrainte était imposée à Philippe Montes : les personnes interviewées devaient être le reflet de la population en termes d’âge, de genre et de nationalité. «Certains étrangers étaient réticents à s’exprimer, car ils craignaient d’être filmés, raconte-t-il. La barrière de l’image s’est, parfois, avérée difficile à franchir.»

Les résultats ont ensuite été récoltés dans une base de données, puis publiés dans des nuages de mots-clés, exposés vendredi dernier.

«C’est une action fort sympathique, glisse Rosinda Domingues, qui vit depuis près de quarante ans à Orbe. Moi aussi, j’aimerais bien un magasin de chaussures et un ascenseur qui relierait le bas et le haut de la ville, poursuit- elle en observant les différents panneaux affichés, ce soir-là, au Casino.

 

Petites confidences de la Municipalité…

 

Plus de dix panneaux étaient affichés et l’apéritif offert par l’Exécutif. ©DR

Plus de dix panneaux étaient affichés et l’apéritif offert par l’Exécutif.

Lors de cette soirée, Henri Germond, syndic, et Luiz de Souza, municipal en charge de la cohésion sociale, ont accepté de se prêter au jeu des quatre questions qui ont été posées aux Urbigènes.

«J’aime ma commune, cela va de soi, révèle Henri Germond. Je n’aime pas quand les gens ne se parlent pas. J’aimerais que, dans le cadre du développement futur de la ville, les différents quartiers parviennent à rester unis. Et, hormis le cadre politique, je ferai ce que les habitants aimeraient qu’on fasse, au niveau de l’Exécutif.»

Luiz de Souza, quant à lui, apprécie la qualité de vie de la Cité aux deux poissons. «Orbe est une ville historique et j’aime le fait qu’elle soit située à proximité de la campagne, déclare-t-il. Je n’aime pas lorsque les moyens financiers sont insuffisants pour répondre à toutes les demandes. J’aimerais que le projet Orbe’1350 sentiments perdure, afin d’établir une communication proactive. Enfin, j’instaurerai un événement culturel qui redonne une identité propre à la ville, comme c’était le cas avec la Quinzaine artistique (ndlr : cet événement culturel urbigène s’est déroulé de 1966 à 1991, sous l’impulsion de Gil Pidoux), afin de valoriser notre patrimoine.»

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20 nov 2017

L’enfer doit ressembler au Gersag

Football – Promotion League – Yverdon Sport s’est incliné 2-1 dans la demeure temporaire du SC Kriens, samedi dernier. Les Nord-Vaudois partent en vacances avec onze points de retard sur les Lucernois.

Comme à l’aller, Kriens a froidement démontré sa supériorité sur Yverdon Sport, samedi soir à Emmenbrücke. ©Champi-a

Comme à l’aller, Kriens a froidement démontré sa supériorité sur Yverdon Sport, samedi soir à Emmenbrücke.

«Onze points… Ça fait beaucoup, mais ce n’est pas impossible. Kriens avait bien fini par craquer en fin de championnat la saison dernière.» Après être resté un bon moment sur le terrain et avoir salué les spectateurs yverdonnois ayant fait le déplacement en terres lucernoises, Quentin Rushenguziminega, visiblement très affecté par cette dernière défaite de l’année (Yverdon Sport s’est incliné 2-1 face à Kriens), a voulu se montrer rassurant. C’est vrai, Nico Siegrist et ses coéquipiers étaient passés complètement à côté de leur cinq ultimes rencontres du dernier exercice, ne glanant que deux points et déroulant le tapis menant à la promotion à Rapperswil. Et puis, YS n’est pas passé si loin de ramener à la maison une ou trois unités, synonyme(s) d’espoir. Reste que la problématique d’aujourd’hui n’a plus grande-chose à voir avec celle d’il y a une année.

Déjà, c’est important de le rappeler, Yverdon n’est pas Rapperswil (actuel 4e de Challenge League, au passage). Ensuite, Kriens ne se trouve pas isolé aux commandes de Promotion League, puisque le Stade Nyonnais pointe à seulement deux longueurs. Ce qui signifie qu’un relâchement d’une de ces deux formations ne suffirait pas aux Nord-Vaudois pour effectuer la remontée qu’avait entreprise le FCRJ il y a quelques mois. Finalement, et surtout, le SC Kriens a prouvé sa supériorité. En deux confrontations (victoire au Stade Municipal 0-3 à l’aller), les Lucernois ont froidement rappelé qui était le patron. Sans faire lever les foules, ni provoquer la moindre excitation, mais avec un réalisme et une sérénité qui ne laissent que bien peu de place au doute.

 

Atmosphère glaciale

 

Parking quasi désert, rues dans lesquelles régnaient un silence de cathédrale, les Yverdonnois, joueurs comme supporters, ont été mis au parfum au premier pied posé à Emmenbrücke : samedi soir, le jeu proposé irait de pair avec la température ambiante glaciale. Et ce ne sont pas les 600 spectateurs présents qui contribueraient à réchauffer d’un dixième de degré l’ambiance des lieux. A vrai dire, le complexe du Gersag, dont son stade, où le SCK a élu domicile en attendant la construction de son nouveau Kleinfeld, colle à merveille avec le football prôné par son pensionnaire temporaire : froid, presque terne, mais efficace. Les hommes d’Anthony Braizat ont essayé de passer par le jeu. Sans réussite. En balançant devant ? Même constat. Seule une des très rares approximations des hôtes a permis à Quentin Rushenguziminega, à nouveau décisif, de trouver la faille (17e). Deux buts et quinze minutes plus tard, l’erreur était corrigée. Baisser de rideau, fin du spectacle.

Yverdon Sport va désormais devoir trancher. Après dix-sept des trente rondes de la saison, les dirigeants, qui se sont donnés l’accession en Challenge League à court terme comme objectif, doivent se prononcer. Soit ils estiment que leur équipe possède encore toutes ses chances pour la suite du championnat. Dans ce cas, les arrivées de plusieurs renforts s’avéreront nécessaires. Soit ils se projettent sur les 18 prochaines mois, avec (ou sans) un potentiel nouveau projet. Auquel cas, les places au sein de l’effectif coûteront, sans doute, un peu moins cher.

 

Kriens – Yverdon Sport 2-1 (2-1)

 
Buts : 17e Rushenguziminega 0-1 ; 24e Selmani 1-1 ; 33e Siegrist 2-1.

Kriens : Osigwe ; Fernandes, Hasanaj, Fäh, Fanger ; Siegrist, Selmani (80e Röthlisberger), Schilling, Cirelli ; Sulejmani (91e Stojanov); Chihadeh (74e Seferagic). Entraîneur : Bruno Berner.

Yverdon : Da Silva, Reis, Rossé, Dia, Cazzaniga ; Lusuena (78e Caslei), Doumbia ; Marazzi (76e Lahiouel), Rushenguziminega, Deschenaux (66e Eleouet); Cissé. Entraîneur : Anthony Braizat.

Notes : Stade du Gersag, Emmenbrücke, 600 spectateurs. Aribitrage de Luca Cibelli , qui avertit Doumbia (36e, antijeu), Lusuena (52e, antijeu), Rushenguziminega (64e, antijeu), Dia (66e, antijeu), Fanger (69e, antijeu), Reis (87e, jeu dur).

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17 nov 2017

Les défis de l’énergie solaire sous la loupe

Yverdon-les-Bains – Près de 200 personnes se sont réunies, hier, à La Marive, pour assister à une conférence sur la mise en œuvre de la stratégie énergétique.

Leo-Philipp Heiniger défend les intérêts de l’énergie solaire en Suisse romande. Selon lui, il va falloir trouver d’autres modèles de financement. ©Michel Duperrex

Leo-Philipp Heiniger défend les intérêts de l’énergie solaire en Suisse romande. Selon lui, il va falloir trouver d’autres modèles de financement.

Comment les gestionnaires des réseaux de distribution (GRD) de l’énergie vont-ils faire face à l’avènement futur de l’énergie solaire ? Selon plusieurs acteurs de l’économie solaire, cette question n’avait pas lieu d’être, il y a encore cinq ans. Pourtant, du fait que les habitants suisses s’équipent de plus en plus de panneaux photovoltaïques et s’autoapprovisionnent par l’énergie solaire, les GRD comme Romande Energie, VO Energies ou le Service des énergies de la Ville d’Yverdon-les-Bains vont devoir trouver de nouvelles sources de financement.

A ce titre, Swissolar, l’association qui représente les professionnels de la branche solaire, et les GRD romands se sont réunis, hier, à la salle de La Marive, à Yverdon-les-Bains, afin d’envisager les défis futurs liés à l’énergie solaire. Presque 200 personnes ont assisté à différentes conférences en lien avec la mise en oeuvre de la Stratégie énergétique 2050, la tarification et les réseaux électriques, ainsi que le stockage.

«Par le passé, nous n’avons pas toujours défendu les mêmes intérêts avec les GRD, confie Leo- Philipp Heiniger, représentant de Swissolar pour la Suisse romande. Mais avec le développement plus poussé de l’énergie solaire, il va falloir trouver d’autres modèles d’affaires pour financer le réseau énergétique de manière générale.» Par ailleurs, selon une étude de Météotest, 50% des besoins électriques suisses pourraient être couverts par des panneaux photovoltaïques d’ici à 2050. «Aujourd’hui, ce pourcentage reste encore relativement faible, puisqu’il s’élève à 2-3% environ», poursuit le représentant.

 

Enjeu de la mobilité électrique

 

«La mobilité électrique représente un nouvel acteur sur le marché du réseau énergétique.» Pierre Dessemontet, municipal

«La mobilité électrique représente un nouvel acteur sur le marché du réseau énergétique.» Pierre Dessemontet, municipal

Pour Pierre Dessemontet, municipal en charge du Service des énergies de la Ville d’Yverdon- les-Bains (SEY), ce type de conférence est aussi un moyen d’échanger avec différents acteurs de l’énergie solaire. «Nous sommes dans une véritable phase de transition, assure-t-il. Notre modèle d’affaires n’est plus viable sur le long terme, car les consommateurs vont peu à peu utiliser leur propre énergie et quitter les réseaux traditionnels. De plus, cela aura un impact négatif sur la facture des personnes qui ne pourront pas bénéficier d’un tel auto-approvisionnement.»

Même si, pour Pierre Dessemontet, le développement de l’énergie solaire a «un impact positif» sur l’environnement, les GRD vont devoir contrebalancer cette perte.

Une solution pour maintenir ce type d’infrastructure ? Selon Pierre Dessemontet, «la mobilité électrique représente un nouvel acteur sur le marché du réseau énergétique. A l’avenir, on peut envisager que la diminution des logements qui s’auto-approvisionneront en électricité soit rééquilibrée par l’augmentation du nombre de véhicules électriques». De nombreux défis attendent encore le Service des énergies de la Cité thermale.

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17 nov 2017

L’effectif des sangliers monte en flèche

Nord vaudois – La forte croissance du nombre des porcins sauvages est une menace pour les agriculteurs. Le Canton veut réduire leur effectif pour limiter les dégâts. Plusieurs mesures, qui toucheront notamment la région, ont été prises.

En 2015, Alain Seletto constatait l’ampleur des dégâts occasionnés par les sangliers. Deux ans plus tard, la situation est encore plus grave. ©Duperrex-a

En 2015, Alain Seletto constatait l’ampleur des dégâts occasionnés par les sangliers. Deux ans plus tard, la situation est encore plus grave.

«La situation actuelle est critique. Nous n’avions jamais atteint un effectif aussi important de sangliers ces dernières années.» Alain Seletto, le surveillant de la faune de la circonscription 4 Orbe-Yverdon-Grandson, se montre inquiet.

«Les sangliers sont difficiles à recenser, ce sont les nombreux dégâts qu’ils ont occasionnés qui nous permettent d’annoncer leur forte croissance.» Essentiellement nocturne et très mobile en fonction de l’offre alimentaire, le sanglier est un fléau pour les agriculteurs, mais aussi une menace pour les autres espèces.

C’est le cas pour le Grand Tétras, un gallinacé qui se trouve dans les forêts de montagnes, dont le porcin n’hésite pas à dévorer les oeufs et les jeunes poussins.

 

Des mesures à long terme

 

Le Canton a donc décidé d’actualiser son plan de gestion du sanglier pour les cinq années à venir, afin de réduire les effectifs de ces animaux. «C’est indéniable que ça va porter ses fruits, mais ça ne fonctionnera pas en un coup de baguette magique», affirme Alain Seletto.

 

Zones locales à risque

 

Le sanglier est un animal omnivore qui fait des ravages dans les cultures, et qui peut nuire aussi aux autres espèces. ©DR

Le sanglier est un animal omnivore qui fait des ravages dans les cultures, et qui peut nuire aussi aux autres espèces.

Ouverte de septembre à janvier, la période de chasse ne peut pas être prolongée, à cause des directives de la Loi fédérale sur la protection des animaux. Des alternatives ont donc dû être trouvées.

«La plage horaire de la chasse a été augmentée et pendant les mois de juillet et août, la chasse à l’affût (ndlr : le chasseur se place sur un mirador) a été introduite. Ce sont des nouvelles habitudes à prendre pour les chasseurs.» Le canton de Vaud a introduit de nouvelles zones à risques, où les effectifs de sangliers doivent être réduits. Dans la région, Bavois, Chavornay et la vallée de Joux sont concernés. «Avant, il n’y avait pas cette répartition par zones. C’est pour faciliter la tâche des chasseurs que ça a été mis en place», conclut Alain Seletto.

Retrouvez l’interview d’Alain Seletto sur www.Laregion.ch/region-tv ou directement ci-dessous :

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17 nov 2017

Un lion ne meurt jamais

Football – Djibril Cissé était présent, mercredi après-midi, à la librairie Payot d’Yverdon-les-Bains, pour dédicacer son autobiographie sortie il y a deux ans.

Les fans et autres curieux se sont succédé toute la journée, mercredi, pour côtoyer Djibril Cissé. ©Michel Duperrex

Les fans et autres curieux se sont succédé toute la journée, mercredi, pour côtoyer Djibril Cissé.

«Malgré les obstacles et les blessures, ce sportif attachant a toujours su trouver le chemin des filets. Le meilleur pied droit du monde joue actuellement au SC Bastia.» N’en déplaise à un grand distributeur proposant «Djibril Cissé : un lion ne meurt jamais», l’autobiographie du célèbre buteur français, le résumé de l’ouvrage est, aujourd’hui, quelque peu dépassé. Et, puisque la star tricolore évolue désormais à Yverdon Sport -vous l’aurez corrigé par vous-même-, ce n’est pas un hasard si l’attaquant s’est rendu, mercredi, à la librairie Payot de la ville, pour dédicacer son livre, deux ans après sa sortie.

Désireux de marquer l’anniversaire de son recueil et de faire profiter ses fans de la région de sa disponibilité, le centre-avant a vu se succéder admirateurs, connaisseurs et curieux, enfants comme adultes, deux heures durant. Certains débarquant directement avec le précieux sésame, d’autres optant pour un achat sur place, et plusieurs préfèrent simplement échanger deux mots avec le vainqueur de la Ligue des champions 2005, avant de ressortir sur la place Pestalozzi avec un immense sourire.

 

Sur tous les tableaux

 

«L’idée, à travers cette biographie, c’était de pouvoir continuer à partager avec les fans après ma carrière de footballeur, explique le joueur révélé par l’AJ Auxerre. Même si les choses ont fait que j’ai pu, finalement, recommencer à jouer après une absence prolongée.» L’homme aux déjà quinze réussites en Promotion League s’est entouré d’un auteur pour donner vie à ses idées sur papier. «On se prend vite au jeu. On pense à une anecdote, une autre, ainsi de suite, et les pages filent», raconte encore l’ancien international français.

Djibril Cissé le sait : il n’est pas éternel. D’ici six mois, peut-être douze de plus, il devra définitivement quitter les terrains. Et si l’homme se diversifie -outre son livre, il a créé sa marque de vêtement (Mr Lenoir) et il s’est également lancé dans la musique-, ce n’est pas un hasard. «Je pense à ce qui viendra ensuite, bien sûr.»

D’ici-là, ses fans devraient pouvoir le voir encore traumatiser quelques défenseurs. Cela pourrait aussi dépendre des résultats d’Yverdon Sport, dont le très attendu déplacement à Kriens, demain.

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16 nov 2017

La HEIG-VD s’invite parmi les étoiles

Yverdon-les-Bains – L’institut d’automatisation industrielle de la Haute Ecole d’ingénierie et de gestion participe à la réalisation du plus grand télescope du monde, qui devrait être opérationnel d’ici à 2024, au Chili.

Les professeurs Lorenzo Zago et Laurent Jolissaint ainsi que leurs assistants Audrey Bouxin et Alicem Unal (de g. À dr.) se réjouissent d’apporter leur expertise en matière de télescopie pour la phase exécutive du projet du European Extremely Large Telescope (ELT). ©Michel Duperrex

Les professeurs Lorenzo Zago et Laurent Jolissaint ainsi que leurs assistants Audrey Bouxin et Alicem Unal (de g. à dr.) se réjouissent d’apporter leur expertise en matière de télescopie pour la phase exécutive du projet du European Extremely Large Telescope (ELT).

La vie existe-t-elle sur d’autres planètes de l’univers ? Cette question taraude les chercheurs en astronomie et en astrophysique depuis plusieurs décennies déjà. Observer ce qui se passe sur d’autres étoiles, tel est l’objectif de l’Observatoire européen austral (ESO), qui mène de vastes recherches dans ce domaine. Dans ce but, il est en train de réaliser l’European Extremely Large Telescope (ELT), le plus grand télescope du monde (son miroir primaire mesurera 39 mètres de diamètre), estimé à plus d’un milliard d’euros.

Pour réaliser ce projet d’envergure, l’ESO sous-traite à l’industrie le développement des divers éléments du télescope. Pour deux de ces éléments, les supports des miroirs secondaire et tertiaire, l’appel d’offres a été remporté par la société espagnole SENER, active notamment dans le domaine aérospatial. Cette dernière a ensuite mandaté la Haute Ecole d’ingénierie et de gestion du Canton de Vaud (HEIG-VD), et plus particulièrement son laboratoire d’optique et métrologie, afin qu’elle apporte son expertise technique dans la modélisation mathématique des miroirs de ce télescope géant, qui sera construit sur le Cerro Armazones, une montagne située dans la cordillère des Andes, au Chili.

 

Œil tourné vers l’univers

 

La HEIG-VD est mandatée pour la réalisation de deux plus petits miroirs qui, à la manière d’un objectif d’appareil de photographie, serviront à capter la lumière des étoiles extrasolaires au micron près. «Pour simplifier, le grand miroir de 39 mètres va réfléchir la lumière d’une zone précise vers un miroir secondaire, qui va lui aussi réfléchir la lumière sur un autre miroir. Pendant des poses d’observation, qui durent une demi-heure, le télescope va former une image très précise d’une partie infime du ciel», explique Lorenzo Zago, professeur émérite de la HEIG-VD et spécialiste en matière de télescopes.

Grâce à cette prise de vue, le télescope permettra d’obtenir des images d’exoplanètes et d’analyser leur atmosphère pour, un jour peut-être, détecter la présence éventuelle d’une vie extraterrestre.

 

Télescopes à la pointe

 

«Notre laboratoire (ndlr : il est affilié à l’Institut d’automatisation industrielle) est jusqu’ici le seul, en Suisse, à participer à la réalisation de l’ELT et de ses instruments», révèle, avec enthousiasme, Lorenzo Zago.

En collaboration avec le professeur Laurent Jolissaint, Lorenzo Zago a participé au développement d’un télescope de type VLT (Very Large Telescope) de l’Observatoire de Paranal, au Chili. Les deux professeurs et leurs assistants ont également apporté leur expertise pour d’autres projets de recherche dans ce domaine, en Turquie et en Iran notamment.

Actuellement, les miroirs paraboliques des télescopes conçus par l’ESO, en Amérique latine mesurent huit mètres de diamètre. Mais il en existe d’autres plus larges -leur miroir atteint dix mètres de diamètre- à Hawaï, aux îles Canaries et en Afrique du Sud.

Par ailleurs, le choix du site de la cordillère des Andes n’est pas si anodin. «L’ESO a déjà réalisé de nombreux télescopes au Chili, explique le professeur de la HEIG-VD. L’endroit désertique est particulièrement propice à l’implantation d’un télescope, car il y a très peu de nuages et il ne pleut presque jamais.» L’idéal pour observer les étoiles extrasolaires.

 

Un vaste projet européen

Observer les étoiles depuis l’hémisphère sud

 

Fondé en 1962 par l’Allemagne, la Belgique, la France, les Pays-Bas et la Suède, l’Observatoire européen austral (en anglais : European Southern Observatory – ESO) est la plus grande organisation scientifique et technique intergouvernementale au monde. «A l’époque, il existait de nombreux sites d’observation dans l’hémisphère nord, mais aucun dans le sud, explique le professeur Lorenzo Zago.

L’ESO gère trois sites d’observation répartis dans la région chilienne du désert d’Atacama : La Silla, Paranal et Chajnantor. Le premier site de l’ESO est celui de La Silla, situé à 2400 mètres d’altitude à 600 km au nord de Santiago du Chili. Le réseau des très grands télescopes (VLT) est, quant à lui, installé à Paranal, situé à 2600 mètres d’altitude.

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16 nov 2017

«Je voulais mettre des mots sur ma maladie»

Yverdon-les-Bains – L’Yverdonnois Pablo Xavier, alias Le Fils de la Terre, a été atteint, à l’âge de 23 ans, de schizophrénie. Il a alors décidé d’utiliser le slam pour exprimer ce qu’il vivait. Aujourd’hui, mieux dans sa peau, il veut populariser cet art dans la région. Interview.

Le Fils de la Terre a retrouvé des racines après son combat contre la schizophrénie. Originaire du Gros-de-Vaud et ayant habité Lausanne, il a trouvé le bon compromis entre la ville et la nature à Yverdon-les-Bains. ©Michel Duperrex

Le Fils de la Terre a retrouvé des racines après son combat contre la schizophrénie. Originaire du Gros-de-Vaud et ayant habité Lausanne, il a trouvé le bon compromis entre la ville et la nature à Yverdon-les-Bains.

Le slameur Pablo Xavier est frappé par la schizophrénie en 2007. Pour contrer sa maladie, il se lance dans le slam. Installé à Yverdon-les-Bains depuis 2010, Le Fils de la Terre -son nom de scène- souhaite maintenant mieux faire connaître son art dans la région, en organisant des soirées slam. Entretien.

Pablo Xavier, vous vous êtes lancé dans le slam lorsque vous avez été atteint par la schizophrénie. Pourquoi ?

J’avais 23 ans et je faisais déjà du rap depuis quelques années. C’était vraiment dur. A cause de la maladie, je me sentais fragmenté. Je n’arrivais pas à expliquer ce que je vivais, je voulais utiliser la complexité des mots et des métaphores pour exprimer ce que je ne comprenais pas.

Comment vous sentez-vous, dix ans plus tard ? Peut-on dire que vous êtes guéri ?

Aujourd’hui, je me sens mieux dans ma peau, j’ai passé le cap de la souffrance psychique. Je ne peux pas utiliser le terme de guérison. La schizophrénie signifie littéralement «le fractionnement de l’esprit». Je dirais que j’ai retrouvé des racines, j’ai de nouveau les pieds sur terre. Mon pseudonyme vient de là. J’ai fait un gros travail sur moi-même, je suis rétabli à 80%, mais je suis sensible, à fleur de peau. Avant, la maladie était au centre de ma vie, maintenant c’est mon côté artistique qui prime.

Au lieu de vous enfermer dans la maladie, vous avez décidé d’en parler et de témoigner. Pourquoi ?

Je voulais démontrer que ce n’est pas une fatalité. Entre 2011 et 2015, j’ai donné plusieurs témoignages, par rapport à la schizophrénie. Je suis allé dans plusieurs institutions, par exemple au CHUV, pour évoquer mon parcours et faire du slam. J’ai aussi fait un recueil de mes textes sur la maladie. Le but était de montrer l’évolution, de la souffrance au rétablissement. Je ne veux pas être un artiste torturé, j’aimerais amener quelque chose de positif et des valeurs qui me tiennent à cœur.

Récemment, vous avez organisé une soirée slam au Tempo, à Yverdon-les-Bains. Cet art est-il répandu dans la région du Nord vaudois ?

C’est la première fois que j’animais, seul, une soirée slam à Yverdon-les-Bains. Je ne connais pas d’autre slameur qui vienne de la région. A Lausanne, ces soirées ont lieu tous les mois. Les gens du public peuvent participer et chacun a le droit de prendre la parole. Mon idée est de faire découvrir des talents, de donner un espace à tous, et aussi de me faire connaître en tant qu’artiste. J’ai de la facilité avec les mots, j’aime bien faire de l’impro. Pendant la soirée, j’ai demandé vingt mots au public et je devais trouver des rimes. Les gens ont apprécié mon impro, les applaudissements ne s’arrêtaient plus.

Plus généralement, quel regard portez-vous sur le slam en tant qu’art ?

Je trouve dommage qu’il n’y ait pas plus d’artistes qui mettent le slam en musique comme Grand Corps Malade, qui a lancé la mode en 2006- 2007 en France. Le genre est ensuite aussi venu en Suisse, mais aujourd’hui le phénomène s’est un peu estompé. Il faudrait amener un style nouveau, et axer la priorité sur la qualité au niveau des mots.

Vous avez des projets qui vous tiennent à cœur. Pouvez- vous nous en dire plus ?

Après 2015, je me suis accordé une pause et je ne suis plus monté sur scène. J’ai relancé ça au début de cet automne. J’aimerais tout d’abord organiser des soirées slam au Tempo tous les trois mois. J’avais envie de réaliser cela depuis longtemps, j’ai réussi à faire le premier pas et c’est un bon début, la salle était pleine. Mon deuxième projet, plus personnel, est de participer à des concerts d’ici quelques années. Je suis encore en apprentissage, je prends des cours de guitare depuis trois ans et des leçons de chant depuis une année. J’aimerais bien mettre ensemble la musique et le parler du slam. Une fois mon style trouvé, je souhaiterais aussi collaborer avec d’autres artistes pour partager la musique et les mots.

La prochaine soirée slam au Tempo aura lieu le 16 février 2018. Plus d’informations sur Pablo Xavier: https://www.facebook.com/LeFilsdelaTerre et ici: https://www.youtube.com/user/leFilsdelaTerre

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16 nov 2017

Les limites de la patience atteintes

Football – Promotion League – Yverdon Sport a joué avec le cœur de ses supporters et avec celui de son président. Mario Di Pietrantonio, fâché de l’attitude de ses troupes, a frappé du poing sur la table.

Cette fois, ça suffit ! Le président d’Yverdon Sport a clairement mis les points sur les «i», et ses joueurs devant leurs responsabilités. ©Duperrex-a

Cette fois, ça suffit ! Le président d’Yverdon Sport a clairement mis les points sur les «i», et ses joueurs devant leurs responsabilités.

Yverdon Sport devait logiquement disputer une sorte de petite finale avant l’heure, samedi prochain, à Kriens, lors d’un duel du haut du classement de Promotion League. Plutôt que de défier l’ogre de la catégorie en pleine confiance, YS se déplacera en terre lucernoise dans une ambiance particulièrement pesante et avec huit points de retard. La faute à une période compliquée au niveau de ses résultats, et à la réaction du président aux récentes performances en demi-teinte de l’équipe fanion. Le derby perdu à Bavois (1-4), a été suivi d’un nul face à Brühl au Stade Municipal, puis d’une défaite incompréhensible contre Köniz, le week-end dernier (3-4). Pour mémoire, les Bernois, encore menés 3-1 à la 86e minute, avaient réussi l’exploit de retourner la situation, marquant à trois reprises face à des Yverdonnois étrangement démobilisés. Ce relâchement coupable a forcé le président d’YS, Mario Di Pietrantonio à réagir. Et de manière plutôt sérieuse.

 

Fini de rigoler

 

Dans un message destiné à ses joueurs, que La Région Nord Vaudois s’est procuré, l’homme fort du club fustige l’attitude des joueurs, allant jusqu’à qualifier les dernières minutes maudites de la confrontation contre Köniz de «faute professionnelle». Mario Di Pietrantonio, surpris mais pas dérangé par le fait que son message soit parvenu jusqu’aux médias, enfonce même le clou en expliquant que «la plaisanterie a assez duré» et que l’équipe «faisait honte» aux différents acteurs travaillant pour le bien du club, supporters compris. Si les paroles peuvent sembler dures au premier abord, certains faits semblent donner raison au président. «On met tout en œuvre pour que nos joueurs ne doivent se concentrer que sur le foot», plaide le président, joint par téléphone mardi. «Ils ont leur propre bus pour les déplacements, les salaires et les primes sont tous payés à l’heure, rubis sur l’ongle. On leur lave et on leur prépare leurs affaires pour les entraînements, on fait le maximum. Et au final, on vit des matches comme celui de Köniz. C’est un peu comme si on me plantait un couteau dans le dos», ajoute-t-il encore, visiblement amer.

 

Conséquences concrètes

 

Le coup de sang, compréhensible, risque bien d’engendrer des conséquences concrètes pour l’effectif yverdonnois. Un ultimatum clair a été posé dans le fameux message présidentiel : si YS ne bat pas Kriens, samedi, les salaires de novembre pourraient tomber en retard, voire pas du tout. Même si la pratique peut sembler excessive, voire pas tout à fait conforme à certains contrats de travail, Mario Di Pietrantonio n’a peur de rien. Et il confirme que «s’il faut aller en procédure, on ira. Je prendrai un avocat, eux aussi. Mais là, c’en est trop».

Au-delà des contre-performances et de l’attitude générale entrevue dans le dernier quart d’heure face à Köniz, certains joueurs ne donnent manifestement pas satisfaction au boss du Stade Municipal. Ceux-ci ne devraient plus faire partie de l’effectif au deuxième tour. «Soit ils acceptent de se trouver un nouveau club, soit ils s’entraîneront et joueront avec la deuxième équipe. C’est aussi simple que ça», détaille encore le patron d’YS. Pour lui, le match de demain constitue «une dernière chance» de ne pas se faire définitivement distancer par Kriens, candidat numéro un à la promotion en Challenge League. Espérons que le coup de sang du président donnera des ailes à une équipe qui a les moyens, pour autant que son engagement soit au niveau du talent des hommes alignés, de poser des problèmes à n’importe quel adversaire dans la ligue. Même à Kriens.

 

Les raisons de la colère du président

 

Köniz (ici en rouge) avait passé l’épaule. ©Champi-a

Köniz (ici en rouge) avait passé l’épaule.

Comme beaucoup de présidents de club, et de passionnés de football, Mario Di Pietrantonio peut accepter la défaite. Pour autant que chacun des joueurs ayant foulé la pelouse ait donné au minimum le 100% de ce qu’il est capable de produire. Au-delà des faux-pas comptables, préjudiciables pour une éventuelle promotion en Challenge League, le patron du Stade Municipal a de la peine à digérer des manquements dans l’implication, dans l’état d’esprit et dans l’engagement. Les couacs survenus contre Bavois et face à Köniz sont, ainsi, à la base de son coup de gueule.

 

Promotion League

Programme

 

Dernière journée avant la trêve :

Sa 15h Bâle II – Sion II

Sa 16h Breitenrain – Chx-de-Fds

Sa 16h Köniz – Zurich II

Sa 16h St. Nyonnais – Old Boys

Sa 16h United ZH – Stade-LS

Sa 16h YF Juventus – Cham

Sa 16h30 Bruehl SG – Bavois

Sa 18h Kriens – Yverdon Sport

 

Classement

 

1. Kriens 16 11 3 2 38-16 36

2. St. Nyonnais 16 11 1 4 32-15 34

3. Yverdon 16 9 1 6 38-29 28

4. Brühl 16 7 5 4 32-21 26

5. Breitenrain 16 7 4 5 31-32 25

6. Zurich II 16 6 6 4 30-24 24

7. Bâle II 16 6 5 5 29-22 23

8. Sion II 16 5 7 4 26-25 22

9. Köniz 16 7 1 8 31-31 22

10. Chaux-de-F. 16 6 3 7 24-23 21

11. Cham 16 5 6 5 31-34 21

12. Bavois 16 5 4 7 23-27 19

13. Stade LS 16 5 3 8 32-37 18

14. YF Juventus 16 4 3 9 21-28 15

15. Old Boys 16 3 6 7 23-34 15

16. United Zh 16 2 0 14 15-58 6

Seule l’équipe qui termine en tête du championnat 2017-2018 de Promotion League est promue en Challenge League pour la saison prochaine.

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15 nov 2017

Le vent va-t-il tourner pour les éoliennes ?

Lausanne – La Cour de droit administratif et public a entendu, hier, les opposants et les initiateurs du projet de parc éolien Sur Grati. Le dossier pourrait toucher bien plus que les communes de Premier, Vallorbe et Vaulion.

Après s’être baladée dans les alpages nord-vaudois afin de constater l’impact réel sur le paysage, la Cour administrative du Tribunal cantonal a entendu, hier, les arguments des différentes parties. ©Blanchard-a

Après s’être baladée dans les alpages nord-vaudois afin de constater l’impact réel sur le paysage, la Cour administrative du Tribunal cantonal a entendu, hier, les arguments des différentes parties.

Après que la Cour de droit administratif et public (CDAP) s’est promenée, en mai dernier, sur les hauteurs de la commune de Premier (lire La Région Nord vaudois du 22 mai), c’était au tour des opposants et des initiateurs du projet de parc éolien Sur Grati de se déplacer, hier, à Lausanne, pour une audience au Tribunal cantonal, lequel doit statuer sur les recours.

Or, d’entrée de cause, les opposants ont demandé à ce que l’affaire soit suspendue. «Grati se situe entre deux autres parcs (ndlr : Bel Coster et Mollendruz), il est donc impossible de juger ses impacts sur le paysage sans avoir une vision d’ensemble», a expliqué Maître Laurent Trivelli, au nom des recourants. Si la CDAP ne s’est pas encore déterminée sur cette requête de suspension, le sujet qui fâche, déjà longuement débattu lors de la séance de mai dernier, a immédiatement été abordé, à savoir les atteintes à l’environnement.

 

Les bécasses en danger

 

Les experts du Canton de Vaud ont simplement rappelé que «le projet respecte toutes les directives de la Confédération» et que «l’impact est insignifiant dès 10 km». Pour les opposants en revanche, le fait que des machines mesurant 207 mètres de haut -pales comprises- soient situées sur les crêtes du Jura les rendent plus visibles.

Un autre élément qui met en rogne les recourants concerne la faune. En effet, l’installation des hélices pourrait nuire à la vie et à l’habitat d’une espèce d’oiseaux menacées, les Bécasse des bois. Si l’association BirdLife Suisse considère qu’il est impossible de compenser les pertes que ce projet engendrera sur ces volatiles, d’autres spécialistes, y compris au Canton, pensent le contraire.

«Dès que nous avons appris l’existence de cette colonie, nous avons pris des mesures : suivi de l’espèce, déplacement d’une éolienne, choix de mât plus haut, garantie d’une compensation sur 170 hectares au cas où un impact est identifié, arrêt des pales durant les périodes de croules», explique VO Energies Eole S.A., porteur du projet avec les Communes de Premier, Vallorbe et Vaulion. «Des arrêts qui ne sont pas calculés dans la production d’énergie», a rétorqué Maître Trivelli.

 

Doute sur l’utilité de Grati

 

Pour les recourants, l’un des points clés du dossier repose sur la productivité énergétique des six hélices de Sur Grati. Car c’est bien ce critère qui a permis de le placer dans le top dix des projets éoliens vaudois. Pourtant, ces opposants ont estimé qu’il y avait un problème dans le calcul du potentiel énergétique présenté par les promoteurs : «Les porteurs du projet ont retenu un forfait de perte de 5%, alors qu’il devrait être bien plus important si l’on considère les arrêts pour les périodes de croules, pour le gel et pour les pannes éventuelles», a précisé Maître Trivelli.

Un argument qui n’a pas l’air de faire trembler les promoteurs : «Même s’il perdait quelque rang (ndlr : Sur Grati est en 9e position sur les 19 projets retenus), il resterait parmi les meilleurs du plan directeur cantonal», a souligné Maître Alain Thévenaz, représentant des communes porteuses du projet.

 

Au-delà du Nord vaudois

 

En invoquant des arguments d’intérêt public, comme l’atteinte au paysage ou la protection de la faune, les opposants espèrent, en fait, bien plus qu’un simple report du projet Sur Grati. Ils reprochent la façon dont le Canton a sélectionné les projets de parcs éoliens pour établir son plan directeur cantonal (PAC). «En laissant des entreprises proposer des sites, ce n’est pas lui qui a réfléchi aux meilleurs endroits, il a juste tenté de les classer en fonction de ce qu’on lui proposait, témoigne une recourante. On a l’impression qu’il n’a pour objectif que la transition énergétique, mais qu’il ne prend pas en compte l’ensemble des aspects du projet.»

Comme celui-ci est le deuxième -après celui de Sainte-Croix- à passer entre les mains du Tribunal cantonal, l’issue de ce recours pourrait bien faire jurisprudence pour les parcs à venir, à savoir celui de Bel Coster et du Mollendruz, voire également celui de Bavois, qui a récemment été remis sur les rails.

Il appartient désormais à la CDAP de vérifier la pertinence des pesées d’intérêts effectuées par les autorités cantonales et communales.

 

En chiffres

 
6 Comme le nombre d’éoliennes prévues Sur Grati. Le projet est estimé à près de 60 millions de francs.

207 Mètres. Soit la hauteur des machines, pales déployées, prévues sur les hauteurs de Premier.

11 000 Soit le nombre de ménages qui pourraient être approvisionnés en énergie durant un an grâce au projet.

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