Les News de Nord Vaudois - avril 2017

En collaboration avec le journal La Région.

03 avr 2018

Le village de son enfance en toile de fond

Le réalisateur Lionel Baier, né en 1975 à Lausanne, a vécu neuf ans à Yvonand et y a effectué une partie de sa scolarité. Pour le téléfilm «Prénom: Mathieu», qui sera diffusé le 25 avril sur RTS Un, le cinéaste a choisi de recréer l’ambiance et les décors de la commune telle qu’il l’a connue lorsqu’il l’a quittée à l’âge de 11 ans.

«J’étais beaucoup moins impressionné de me trouver face à 8000 personnes au Locarno Festival qu’aujourd’hui sur cette scène.» Le 30 janvier dernier, la Salle polyvalente d’Yvonand était pleine à craquer. Quelques minutes avant la projection, en avant-première, de «Prénom: Mathieu» (lire encadré), le réalisateur Lionel Baier était visiblement touché par le soutien et l’engouement des Tapa-Sabllias pour son nouveau téléfilm.

Si les habitants de la commune qui se sont installés récemment le connaissent principalement pour ses talents de cinéaste, les anciens se rappellent plutôt du petit Lionel, qui a vécu de 1977 à 1986 dans ce village avec ses parents, son frère Christophe et sa sœur Vanessa.

Bien avant les 26 618 entrées de son film le plus populaire «Les Grandes Ondes (à l’ouest)» en 2013, celui qui est né à Lausanne en 1975 a passé une partie de son enfance dans les allées de la commune et sur les bancs du collège de Brit.

Plus de trente ans après avoir quitté le Nord vaudois, l’actuel responsable du département cinéma de l’Ecole cantonale d’art de Lausanne (ECAL) a voyagé, foulé les tapis rouges dans plusieurs pays, mais n’a pas oublié d’où il vient. Tourner à Yvonand en 2016, c’était pour lui une évidence. «Les poteaux électriques, le style architectural des maisons et la gamme de paysages différents font que le village se prête parfaitement au scénario.»

Lionel Baier planche actuellement sur deux projets en Italie et en France, mais n’exclut pas de revenir tourner dans la région. «Yverdon-les-Bains serait le cadre idéal pour évoquer la problématique de l’intégration, il y aurait bien plus de choses à raconter à ce sujet qu’à Lausanne.» Silence! Moteur! Et bientôt action?

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29 Mar 2018

L’éviction d’un chef écœure toute la région

Nord vaudois  –  L’Organisation régionale de protection civile (ORPC) du Jura-Nord vaudois a écarté son commandant remplaçant en février. Des édiles du district dénoncent les méthodes «abusives» exercées par Pierre-Alain Lunardi, président du comité directeur.


Une convention entre le Codir et son commandant remplaçant a été signée. © Michel Duperrex

«C’est un assassinat professionnel!», dénonce un édile nord-vaudois. Comme lui, une dizaine de représentants politiques indignés par l’éviction de Claude Rutishauser ont accepté de témoigner sur cette sombre affaire, sous couvert d’anonymat.

Actif depuis plus de 27 ans au sein de la Protection civile (PCI), l’homme a été démis de ses fonctions de commandant remplaçant le 9 février dernier avec effet immédiat, par Pierre-Alain Lunardi, président de l’Association intercommunale de l’ORPC. Depuis le 1er janvier 2018, celle-ci regroupe les 73 communes du district du Jura-Nord vaudois, à la suite de la dissolution des quatre régions ORPC de Grandson, d’Orbe, de la Vallée et d’Yverdon-les-Bains.

Silence complet

Aucune explication n’a été formellement donnée aux communes par le comité directeur (Codir) de l’association – il compte neuf membres – ni par son président qui a pourtant «pris les rênes de la communication», assure-t-on. «C’est tout de même scandaleux de ne rien dire et de laisser toutes les communes du district dans le flou», s’insurge un municipal. Rancœur personnelle, complot, abus de pouvoir, comment en est-on arrivé à une telle issue, conséquence d’un contexte qualifié par certains de véritable «nid de vipères»?

Fusion des quatre régions du district

En 2014, le Conseil d’Etat a engagé un processus de modernisation de la Protection civile vaudoise, qui proposait une organisation simplifiée et réduite à dix régions. Les quatre organisations régionales ORPC de Grandson, d’Orbe, de la Vallée et d’Yverdon-les-Bains ont alors dû fusionner.

Un commandant pour Orbe et Grandson

Pour rappel, une unification technique entre Orbe et Grandson avait déjà abouti en 2012 à la suite du départ à la retraite de Philippe Duvoisin, municipal à Sainte-Croix. Claude Rutishauser avait alors été nommé pour assumer le commandement des deux entités et Raphaël Graf avait été engagé comme responsable du matériel à plein temps à Grandson. «A l’époque, nous avions demandé à l’ORPC du district d’Orbe si son commandant pouvait être aussi présent sur notre région, puisque nous savions que l’ORPC allait être restructurée sur le plan cantonal, rappelle un syndic. Au niveau de son engagement, Claude Rutishauser a rempli toutes les attentes qu’on peut espérer d’un commandant.»

Un centre névralgique

Pour mettre sur pied cette fusion, les communes ont choisi, en mars 2017, Orbe pour accueillir le siège de la future entité vu, notamment, sa «position géographique centrale». Selon plusieurs sources concordantes, Pierre-Alain Lunardi – il est également municipal PLR à Montagny-près-Yverdon – aurait voulu aménager un nouveau bureau au cœur de son village pour avoir la «mainmise» sur l’ORPC. «A Orbe, il y a tout ce qu’il faut, places de parking et fibre optique inclus, constate le syndic d’un petit village. Vexé, Lunardi l’a pris comme une attaque personnelle.»

Trois commandants pour un poste et demi

Au moment de la fusion des quatre régions, les communes devaient désigner un commandant. Qui de Vincent Zumstein (Yverdon-les-Bains), de Claude Rutishauser (Orbe) ou de Sébastien Poncet (vallée de Joux) serait chargé d’unir les forces de l’ORPC? «Les Combiers sont des montagnards, ils ont toujours su se défendre par rapport à la capitale nord-vaudoise et ils ont eu raison», affirme un représentant politique. Sébastien Poncet, de La Vallée, a en effet été désigné à la tête de la nouvelle ORPC et est entré en fonction le 1er janvier 2018. Vincent Zumstein est, quant à lui, nommé chef opérationnel et Claude Rutishauser commandant remplaçant. Pour assurer le commandement de l’ORPC, Sébastien Poncet et Claude Rutishauser ont été engagés tous les deux à 100%. Les statuts prévoyaient pourtant 1,5 équivalent temps plein (ETP). Comment justifier une augmentation de 0,5 ETP? Selon la responsable des ressources humaines du Codir, Valérie Jaggi-Wepf, le calcul se fait à partir de la masse salariale totale définie dans le budget.

«Il y a eu un assessment technique pour évaluer les compétences managériales des trois candidats, qui a été organisé par le Service de la sécurité civile et militaire (SSCM), précise Pierre-Alain Lunardi, président de l’association intercommunale. De plus, un cabinet privé a été mandaté pour procéder à des tests de personnalité. Sébastien Poncet était le meilleur candidat pour ce poste.» Et de préciser: «Je ne connaissais pas les deux commandants avant la fusion des quatre régions, c’est une toute nouvelle structure et parfois il y a des divergences possibles.»

«Qui ne veut plus de son chien dit qu’il a la rage»

La situation s’est corsée durant la nuit du 1er février, lors de l’incendie qui a ravagé le Moulin d’Yverdon. En mission, Claude Rutishauser aurait, selon les dires de plusieurs édiles, revêtu son ancien uniforme de commandant de l’ORPC d’Orbe. Selon nos sources, Pierre-Alain Lunardi l’aurait alors menacé de trois ans de prison pour «usurpation de grade». «Comment pouvait-il en être autrement, s’interroge un édile. Il n’avait pas encore reçu son nouvel uniforme.» «Après 27 ans de bons et loyaux services pour la PC, il s’est senti profondément blessé», poursuit un homme politique.

Par ailleurs, le fait que le quinquagénaire ait fumé sa pipe sur les lieux du sinistre aurait déplu au président du comité directeur. «Est-ce qu’on vire quelqu’un pour ça?», lâche un élu PLR. Et d’ajouter: «Qui ne veut plus de son chien dit qu’il a la rage.»

Interrogé, Pierre-Alain Lunardi ne veut pas répondre «par respect» pour Claude Rutishauser et précise que la «collaboration a été rompue d’un commun accord». Ce que Valérie Jaggi-Wepf confirme avec fermeté: «Cette convention est strictement confidentielle».

Quant aux menaces qu’il aurait proférées contre son commandant remplaçant, Pierre-Alain Lunardi répond: «Je ne suis pas un juge au Ministère public. Je ne peux pas menacer qui que ce soit.»

Le chef du Service de la sécurité civile et militaire (SSCM) Denis Froidevaux a été informé des «difficultés de collaboration» entre Claude Rutishauser et le président du Codir. «Nous avons appris que cet ancien candidat au poste de commandant aurait eu un comportement inadéquat. Nous ne sommes pas du tout intervenus dans ce processus puisque c’est l’autorité décisionnelle de l’association qui gère la situation », indique-t-il. Et d’ajouter, sur le ton de la plaisanterie: «Si vous cherchez un coupable, ce n’est pas nous.»

Une assemblée extraordinaire convoquée

Selon nos sources, la Commune d’Onnens a envoyé un courriel aux membres de l’association pour convoquer une assemblée extraordinaire, afin d’obtenir des explications. Contacté, le syndic Alain Portner n’a pas voulu s’exprimer. Pour l’heure, cette séance n’a pas eu lieu. Selon les statuts de l’ORPC, le Conseil intercommunal se réunit lorsqu’un cinquième de ses membres en fait la demande. Selon plusieurs sources, Onnens aurait obtenu le soutien de plus de 18 communes du district.

«Le mieux serait de changer les membres actuels du Codir et de désigner d’autres personnes, commente un représentant politique PLR. Mais on ne pourra jamais réparer le tort moral infligé à Claude Rutishauser.» Contacté, celui-ci n’a pas souhaité répondre à nos questions.

«Claude nous manque»

«On nous a juste annoncé qu’il ne travaillait plus au sein de l’ORPC et qu’il avait démissionné d’un commun accord, mais je n’en sais pas plus», révélait Marc*, astreint de la protection civile en mission dans la région d’Orbe, jeudi dernier. Pas le temps d’en savoir plus car la discussion a été interrompue par l’arrivée de Vincent Zumstein, chef opérationnel de l’ORPC, qui a refusé catégoriquement de communiquer sur ce sujet.

Quelques jours plus tard, Basile*, un autre astreint également en mission à Orbe, confiait regretter le départ du commandant: «C’était un homme remarquable, il avait du charisme et il était respecté de tous. Les autres, à côté, ce sont des petits chatons. A mon avis, l’enjeu est politique. Mais, Claude nous manque.»

Président du comité directeur de l’ancienne organisation régionale de protection civile du district d’Orbe de 2002 à 2009, le syndic de Vallorbe Stéphane Costantini a appris «avec stupeur» la nouvelle. «J’ai eu beaucoup de plaisir à travailler avec lui, se souvient-il. C’est un homme loyal, compétent et travailleur, c’est tout ce que je peux dire.» Selon un autre syndic, le commandant était «un meneur d’hommes hors pair, qui a toujours su être proche de ses soldats».

*Noms d’emprunt

Histoire pipée d’avance?

A la Vallée, les trois communes redoutaient la nouvelle fusion, car la région est «éloignée» du district, assure-t-on. Engagée en juin 2014, la commandante de l’ORPC vallée de Joux Sarah Poncet – elle a accompli une carrière à l’Armée – a démissionné de ses fonctions qu’elle remplissait d’abord à 50% puis à 60%. «En septembre dernier, elle a choisi de se consacrer à sa famille», explique Bernard Rochat, municipal au Lieu et membre du Codir. La personne désignée pour la remplacer n’est autre que son mari, Sébastien Poncet. «On a eu des difficultés à trouver quelqu’un pour assurer la sécurité à la Vallée, poursuit l’édile. Mais nous sommes contents qu’un Combier – il a effectué une brillante carrière militaire – intègre le sérail officiel de l’ORPC.»

«A trois mois d’une fusion, je trouve étrange que ce père de famille ait postulé pour un temps partiel, alors qu’il était engagé à plein temps pour une entreprise de sécurité privée et qu’il n’avait aucune expérience dans le domaine de la PC», s’étonne un édile nord-vaudois. «Toute cette histoire était pipée d’avance pour évincer Claude Rutishauser», renchérit un collègue. Selon plusieurs témoignages, il semblerait que le chef opérationnel Vincent Zumstein soit le parrain de l’un des enfants de la famille Poncet.

Président «narcissique»

Avec les «vieilles casseroles» que traîne Pierre-Alain Lunardi derrière lui, une question taraude plusieurs édiles nord-vaudois: «Comment cet homme a-t-il pu être élu à la présidence du comité directeur de l’association intercommunale?»

En 2010 déjà, le spécialiste en sécurité publique avait créé la polémique, alors qu’il était chef de l’assistance au Centre d’enregistrement de requérants d’asile à Vallorbe. «C’était un manipulateur et il faisait régner la terreur», se souvient un ancien collaborateur du centre. Selon la presse de l’époque, Pierre-Alain Lunardi avait été accusé de «mobbing et de racisme» et avait été licencié par son employeur, à la suite d’une lettre du personnel qui dénonçait ses agissements. Une plainte pénale avait d’ailleurs été déposée par l’un de ses collègues. L’homme donnait pourtant l’impression d’un chef à «visage humain» dans le film «La Forteresse» de Fernand Melgar.

Rebelote en août 2013, lorsque la Ville de Neuchâtel avait annoncé son engagement au poste de commandant du Corps de police. Pierre-Alain Lunardi y avait renoncé trois semaines plus tard en raison d’une erreur dans son CV. «C’est un narcissique qui abuse de son pouvoir», soutient un Nord-Vaudois.

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29 Mar 2018

Un vent d’optimisme a fini par souffler à La Praz

Le Conseil général, gonflé par l’arrivée de 46 nouveaux membres a validé, mardi, le projet de Parc éolien du Mollendruz.

La seconde fois aura été la bonne. Mardi soir, le Conseil général de La Praz a fini par valider le Plan partiel d’affectation (PPA) du Parc éolien du Mollendruz. Le 18 janvier, un premier vote s’était soldé par un refus, incitant la Municipalité à soumettre une nouvelle fois le dossier à l’organe délibérant.

C’est toutefois une assemblée bien différente de celle qui s’était prononcée en janvier dernier qui a donné son aval au projet. Alors qu’ils étaient 31 à prendre part au premier vote, 86 personnes se sont prononcées à bulletins secrets, mardi. Quarante-six nouveaux conseillers, assermentés le soir-même, sont venus gonfler les rangs du Conseil général. Du «jamais vu» selon la préfète du Nord vaudois, Evelyne Voutaz.

Les nouveaux arrivants sont venus garnir tant les rangs des partisans que ceux des opposants puisque le PPA a été accepté par 47 «oui» contre 38 «non» et un nul. Et c’était bien là l’objectif de la Municipalité, qui avait appelé à la mobilisation: «Encourager les gens à venir donner leur avis», quel qu’il soit, selon la syndique Anni Sordet.

Depuis le 19 janvier, l’Exécutif et la commission chargée d’étudier le préavis sont allés à la rencontre de tous les habitants «pour leur expliquer qu’ils pouvaient venir voter. La première fois, la plupart des partisans ne sont pas venus car ils étaient sûrs que c’était acquis», poursuit Anni Sordet. Selon la Municipalité, le fait d’avoir augmenté le panel des votants donne davantage de poids à la décision: «Près de trois quarts des électeurs de la Commune sont représentés ce soir (ndlr: mardi). Il n’y a plus de doute», relevait le municipal Roger Dupertuis.

«Ce n’est pas fini»

Si le PPA a fini par passer la rampe, les opposants étaient bien là, mardi, et ils l’ont fait savoir. Parmi eux, les huit conseillers qui ont déposé un recours contre la décision de l’Exécutif de soumettre à nouveau le projet au vote. En début de soirée, par la voix de l’un des leurs, ils ont indiqué qu’ils entendaient poursuivre leur combat jusqu’au Tribunal fédéral, alors que le Conseil d’Etat les a déboutés la semaine dernière. Le syndic de Mont-la-Ville, autre commune concernée par le parc éolien avec Juriens, Patrick Agassis a croisé certains opposants à l’issue des débats, auxquels il a assisté. «L’un d’eux m’a dit: Vous saurez que ce n’est pas fini. On le sait. C’est une victoire mais le combat n’est de loin pas terminé. Dans le meilleur des cas, il faudra encore attendre quatre ou cinq ans pour voir une éolienne», commentait-il.

«Je suis un peu déçue mais je respecte tout à fait la décision», glissait pour sa part une opposante. Ce qu’elle comprend moins, en revanche, c’est la décision de la Municipalité d’avoir remis le PPA sur le tapis. «Je n’ai pas apprécié le procédé au départ – pour moi, ce n’était ni loyal ni démocratique – mais il paraît que c’est légal.» Et de poursuivre: «A mon avis, les gens n’avaient qu’à se mobiliser avant. Ceux qui sont venus le 18 janvier l’ont fait. Pourquoi leur vote n’a-t-il pas été validé?» Selon elle, le recours va désormais «faire traîner les choses. Maintenant que la décision est oui, c’est le seul moyen qui reste…»

Consciente qu’une «certaine tension» plane désormais sur son village, Anni Sordet se veut toutefois confiante pour l’avenir: «Je suis convaincue que la sérénité va revenir mais il faudra peut-être un peu de temps.»

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29 Mar 2018

Prêt à révéler sa facette corse

Promotion League – Thomas Lenzini est la recrue hivernale la plus en vue d’Yverdon Sport depuis la reprise. Auteur d’une bonne entrée face à Nyon et d’une performance remarquée contre Breitenrain, il est en train de devenir un titulaire incontournable. Rencontre.

Sa pointe d’accent est à peine perceptible. L’homme est calme, discret. Il pourrait être né dans le Nord vaudois que cela ne surprendrait pas grand-monde, voire personne, pour ainsi dire. Sur le terrain, il laisse parler ses pieds. Lorsqu’il est accroché, il ne se plaint pas plus qu’un autre. Il laisse couler, jusqu’à la prochaine occasion de mettre le feu à l’arrière-garde adverse.

A l’intérieur, il bouillonne

Derrière cette facette, qui lui a notamment permis de s’acclimater à sa nouvelle vie et à Yverdon Sport en un rien de temps, Thomas Lenzini revendique être un Corse, un vrai: «D’où je viens, on ne se bat jamais pour nous, mais pour notre fanion, nos supporters, nos coéquipiers. Jusqu’ici, je n’ai pas encore eu l’occasion de le montrer en championnat, c’est vrai. Sans doute parce que je n’ai pas senti beaucoup d’animosité lors de nos derniers duels. Reste qu’à l’intérieur, je bouillonne. En préparation, notamment lorsqu’on a joué contre Bellinzone, il m’est arrivé de devenir bien plus agressif à la suite de certains gestes à l’encontre de mes partenaires. Il y a des choses que je n’accepte pas et qui me rendent dingue.»

Titulaire en puissance

Qu’il montre les crocs ou non, l’ailier se fait surtout remarquer par ses performances depuis quelques semaines. Brillant sur la droite de l’attaque face à Breitenrain, le Français a convaincu tout le monde il y a dix jours, à commencer par son coach, qui en a fait un titulaire qui pourrait rapidement devenir indiscutable. «J’ai discuté avec Anthony Braizat en début de semaine. Il m’a fait savoir que j’ai toute sa confiance, mais que je vaux encore mieux que ce que j’ai montré jusqu’ici. Je le rejoins totalement, sachant que je ne suis à Yverdon que depuis deux mois et que je dois faire avec une gêne à la cheville depuis quelques jours.»

La loi du foot est ainsi faite que la montée en puissance de Thomas Lenzini doit avoir lieu au détriment d’un coéquipier, sachant qu’YS compte sur quatre ailiers, à la lutte pour deux places sur le terrain au coup d’envoi. «Effectivement, il y a une concurrence à ce niveau, et c’est vrai aussi que j’ai pu bénéficier de la préférence de l’entraîneur récemment. En plus on a tous le même profil: on aime dribbler et prendre de vitesse les latéraux adverses. Mais tant Allan (ndlr: Eleouet) qu’Arthur (Deschenaux) sont probablement les deux joueurs avec qui je passe le plus de temps en-dehors du terrain. Il n’y a aucun problème entre nous à ce niveau. Lorsque je me retrouve sur le banc, je suis le premier à souhaiter qu’ils réussissent leurs dribbles et qu’ils nous permettent de l’emporter. J’espère que c’est pareil pour eux lorsque c’est à moi de faire la différence.»

Arrivé lors de la trêve hivernale, celui qui a vécu une expérience infructueuse en Ligue 2 avec Nîmes découvre un environnement professionnel comme il en avait rarement connu par le passé. «Ce sentiment s’est encore renforcé ces derniers jours. Mario Di Pietrantonio, le président, et le directeur sportif de la première équipe Serge Duperret se trouvent de plus en plus souvent au stade, que ce soit pour nos matches ou nos entraînements. Si cela représente une pression supplémentaire? Ce n’est pas comme ça que je l’interprète. Ce sont simplement deux personnes investies dans leur travail. Ils sont très clairs avec nous concernant la situation actuelle du club, nos objectifs au classement, l’avancée de la licence pour la Challenge League, etc… C’est plutôt agréable, en fait.»

Promu avec une 2e place?

Un environnement qui a déjà convaincu l’homme de 27 ans: «Evidemment, s’habituer au climat de la région lorsqu’on a toujours vécu en Corse, c’est l’horreur. Je n’avais jamais vécu une préparation dans de telles conditions auparavant. Mais, au-delà de ce détail, j’adore la vie à Yverdon. C’est calme, dans le bon sens du terme. Au départ, suite au coup de fil de Djibril (ndlr: Cissé, son beau-frère, qui lui a obtenu une période d’essai à YS), je me voyais rester ici pour quatre mois. Si on me demande de faire un choix aujourd’hui entre rentrer en Corse au terme de la saison ou poursuivre ici, je n’hésiterai pas une seconde. Et peu importe si on obtient notre promotion en Challenge League ou pas. Jouer pour Yverdon Sport, dans des conditions pareilles, ce n’est que du bonheur.»

D’ailleurs, la montée, c’est toujours d’actualité? «Avec la période creuse qu’est en train de connaître Kriens, plus que jamais. Nyon me semble intouchable, mais on a clairement les moyens de rattraper les Lucernois. Et, sachant que la 2e place pourrait aussi valoir une promotion, on y croit plus que jamais.»

 

Arsène Wenger avait loué ses talents

 

Formé au CA Bastia, dans sa ville d’origine, Thomas Lenzini pensait avoir fait le tour avec le football de bon niveau. «En 2013, je me voyais tout arrêter. Trouver un petit club à côté de chez moi, qui pourrait éventuellement m’obtenir une place de travail, et mettre le sport au second plan.» Sauf que, cette même année, l’ailier joue encore à l’A.J. Biguglia, en division régionale. Le club corse doit disputer une rencontre de Coupe de France face à l’AS Cannes, alors en 4e division française. Le «petit» perd avec les honneurs, et Thomas Lenzini tape dans l’œil des dirigeants cannois. «Ils me voulaient vraiment. J’ai réfléchi et fini par accepter leur offre. Résultat, l’aventure en Coupe de France reprenait pour moi.» Au tour suivant, Cannes affronte l’AS Sainte-Etienne: «Et là, je sors le match de ma vie. Je suis élu homme de la rencontre et on gagne 1-0.» Dans les journaux, Arsène Wenger, ancien coach de l’ASC, loue les talents du joueur. «La belle aventure s’est poursuivie lorsqu’on a sorti Montepellier au tour suivant. On avait fini par perdre face à Guingamp, le futur vainqueur.»

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28 Mar 2018

Les inséparables fêtent une promotion commune

3e ligue – Immenses dominateurs de la saison, Sainte-Croix (1er) et Orbe (2e) se retrouveront dès la saison prochaine en 2e ligue. La rivalité continue.

A Orbe, on évoque une rivalité saine, agréable, entre deux clubs qui s’entendent bien, mais qui ne se font pas de cadeaux sur le terrain. Dans les rangs de Sainte-Croix, on parle plutôt d’une opposition qui pousse chacun à se surpasser, à donner ce qu’il a de meilleur. Chez l’un comme chez l’autre, quoi qu’il en soit, une seule chose importe: battre le rival, histoire de pouvoir le charrier jusqu’au prochain duel.

Deux belles surprises

«On a beau avoir remporté la dernière confrontation qui nous a opposés, on a encore en travers de la gorge notre lourde défaite 3-0 du premier tour, à Orbe», lâche Jacky Duong, l’entraîneur sainte-crix. La bonne nouvelle, c’est qu’une revanche est d’ores et déjà prévue. Les deux formations nord-vaudoises ont à tel point survolé leur championnat de 3e ligue qu’elles ont toutes deux obtenu leur promotion. Sur vingt matches, Sainte-Crix et Urbigènes n’en ont perdu que deux chacun, le tout en ne lâchant respectivement que treize et seize sets. Impressionnant.

L’un comme l’autre n’étaient pourtant pas prédestinés à vivre une saison aussi faste. «L’objectif de montée est né à la mi-championnat, en fait, admet Cédric Gaillard, coach de la première équipe du VBCO. On venait de vivre deux saisons compliquées, dont une où il avait fallu se battre pour le maintien. Se retrouver aussi bien classé, qui plus est avec un groupe aussi jeune, ça a été une grande surprise. Et puis, en voyant que les résultats se succédaient, on a compris qu’il y avait un coup à jouer.»

Le son de cloche est assez similaire à Sainte-Croix: «On voulait figurer parmi les trois premiers au bout du compte, explique Jacky Duong. On savait que certaines formations étaient très bien préparées et devraient nous poser problème. Creuser l’écart en tête du groupe au côté d’Orbe, on ne s’y attendait vraiment pas.»

Reste que les bonnes surprises se sont accumulées, que les deux clubs ont fait la course en tête d’un bout à l’autre de l’exercice et, qu’final, leur place en 2e ligue est amplement méritée.

«L’année prochaine, ce sera une toute autre histoire, prévient Cédric Gaillard. Il y a une différence notable entre les deux catégories de jeu. Un bon nombre d’anciens joueurs de 1re ligue, voire de plus haut, terminent leur carrière en 2e ligue. Plusieurs clubs auxquels on se frottera en profitent allégrement. On n’aura donc pas d’autres ambitions que de se maintenir. Ce qui serait déjà formidable.»

 

 

Le miracle des féminines d’Orbe

Si elle voulait finir sa saison jeudi dernier et ne pas avoir à disputer des barrages de tous les dangers contre la relégation, la première équipe féminine d’Orbe n’avait pas le choix: elle devait battre Lausanne en quatre sets maximum. «Et on l’a fait! C’est un miracle, s’est réjouie, aux anges, la coach Sybille Roch. On avait vraiment à cœur de ne pas redescendre en 4e ligue, une saison après notre promotion. On possède trois équipes de juniors, c’est très important pour le club de disposer d’une formation en 3e ligue pour que toutes les filles puissent intégrer un groupe qui leur convient.»

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28 Mar 2018

Jeux de lumière sur le centre historique

Le Service des Energies de la Cité thermale a procédé à un second test d’éclairage public à la place Pestalozzi, environ 18 mois après un premier essai non concluant.

«En octobre 2016, pour le premier test, nous avions eu des résultats mitigés. D’une part, la lumière était très éblouissante et de l’autre les lampadaires n’éclairaient pas très bien. Nous nous sommes remis à l’ouvrage.»

Environ 18 mois après avoir effectué un premier essai, le municipal yverdonnois Pierre Dessemontet a présenté, lundi soir en compagnie de Jean-Marc Sutterlet, responsable du réseau électrique du Service des Energies (SEY), une deuxième mouture du nouvel éclairage du centre-ville de la Cité thermale.

«Nous avons mis plus de temps qu’escompté mais c’est une bonne chose, affirme Pierre Dessemontet. Nous avons pu profiter des avancées technologiques pour proposer quelque chose de radicalement différent et les décisions prises entre-temps par rapport à l’aménagement du mobilier urbain nous ont indiqué la voie à suivre.»

Des lampadaires noirs en acier Corten – un matériau qui prend petit à petit l’aspect de l’acier rouillé grâce à la pluie – remplaceront ceux qui ont été installés il y a environ 40 ans sur la place Pestalozzi et dans les rues du centre historique. Un éclairage moderne sera aussi installé à la rue du Lac et sur les façades de l’Hôtel de Ville et du Temple.

Ces changements font partie de la stratégie des autorités communales pour réduire la consommation d’énergie et de pollution lumineuse d’ici au milieu des années 2020. «Nous enclencherons également un éclairage dynamique après la fermeture des établissements publics», annonce Jean-Marc Sutterlet. Un système que le SEY a déjà mis en place dans quelques quartiers de la ville.

Les travaux devraient débuter d’ici quelques mois, d’après Pierre Dessemontet, et le nouvel éclairage public pourrait être fonctionnel avant la fin de l’année.

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28 Mar 2018

Le talent n’attend pas les années

Le nouveau directeur du chœur mixte La Coccinelle est âgé de 22 ans. Et il a déjà derrière lui une longue carrière dans la musique.

A  22 ans, Filipe Rodriguez mène le chœur mixte d’Ursins La Coccinelle et multiplie les projets musicaux. C’est avec un plaisir manifeste que ce jeune passionné de musique ouvre les portes de son lieu d’apprentissage, l’atelier de Hug Musique à Ecublens, dans lequel il répare, accorde et restaure des pianos. Une opportunité qui s’est présentée à lui après qu’il a laissé de côté ses études au Gymnase intercantonal de la Broye: «J’ai toujours voulu faire un métier principal plus manuel, un peu plus artisanal. Je trouvais le compromis du facteur de piano (à la fois musicien et à la fois touche-à-tout au niveau du poids et des métaux) assez génial et j’ai toujours rêvé d’accorder.»

Mais sa passion pour la musique ne se cantonne pas à cet apprentissage qu’il se dit très chanceux de pouvoir accomplir. En effet, le jeune habitant de Villeneuve, dans la Broye fribourgeoise, dirige depuis une année La Coccinelle, le chœur mixte d’Ursins actif depuis plus de 75 ans, au contact duquel il avoue apprendre beaucoup. En dehors de cette chorale, il mène également le chœur d’enfants de Surpierre Les Chardonnerets, chante dans un quatuor barbershop ainsi que dans l’Ensemble Vocal Bulle 137, qu’il a fondé avec Fabien Volery et Sarah Sengler.

Passionné dès son plus jeune âge

D’où lui vient cette passion pour la musique? «C’est presque Tom et Jerry qui m’a donné l’envie de commencer le piano», plaisante-t-il. C’est ainsi qu’à 7 ans, il a commencé à suivre des cours, se passionnant peu à peu pour la musique classique, goût insufflé par sa professeure Monika Schwegler. Et c’est tout naturellement qu’il a commencé à composer: «J’ai écrit mes premières mélodies vers l’âge de 10 ou 12 ans. C’était surtout pour faire plaisir à ma prof de piano que j’aimais beaucoup. C’est devenu une très grande amie et j’ai beaucoup de projets avec elle.» Il a ensuite découvert l’art choral au cycle d’orientation de la Broye à Estavayer-le-Lac et s’est mis à chanter dans plusieurs chœurs.

Et pour la suite? «J’ai quand même envie, probablement, de poursuivre mes études dans la musique, toujours en parallèle à mon métier», confie-t-il, évoquant son souhait de composer. Le jeune homme ne cesse d’ailleurs de se perfectionner en suivant des formations de direction chorale au Conservatoire de Lausanne, ainsi que des cours d’orgue et de composition.

 

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27 Mar 2018

Le sort a souri à Champvent

2e ligue – Un penalty raté dans chaque équipe, un but contre son camp chacun: les aléas du derby ont donné les trois points au FCC face à Bosna.

A la buvette du FC Champvent samedi soir, il se vendait aux enchères un maillot d’Albino Bencivenga, sa légende de buteur qui a inscrit plus de 300 buts sous le chandail chanvannais. L’homme a bien marqué le premier pion (20e) lors du derby face à Bosna Yverdon, c’est pourtant le nom de Kevin Chouet que le public avait aux lèvres, septante minutes plus tard. Le gardien du FCC – titularisé depuis la blessure de Kris Abatantuono à l’aube de la reprise – a tout fait, tout arrêté, s’est démultiplié et a sauvé la mise, in extremis, d’une double parade formidable (90e), après le penalty stoppé face à Haris Muharem. En fait, il ne s’est incliné que lorsqu’un de ses défenseurs l’a surpris sur un autogoal (57e). C’est bien là la seule manière de tromper Chouet depuis la reprise, tant l’homme s’apparente à un aspirateur à ballon.

Car oui, si Champvent a engrangé trois nouveaux points, il l’a fait comme à Crissier, une semaine plus tôt (0-1): en souffrant. «C’est vrai qu’on s’en sort bien, avouait Axel Poncet. Six points en deux matches, ce n’est évidemment pas volé. Mais quand même, la réussite est avec nous.»

Mirza Pipic, milieu yverdonnois et ancien de Champvent, corroborait: «Oui, je pense qu’on méritait au moins un point. Peut-être que l’alchimie entre anciens et nouveaux n’est pas encore optimale, d’où le manque de réussite. Mais c’est réellement frustrant de rentrer bredouille.»

Des gants qui valaient de l’or

Pipic faisait allusion à la domination territoriale des siens, visibile mais finalement dépourvue d’occasions en nombre, au bout du compte. Et lorsque Bosna s’est montré dans la zone dangereuse, Kevin Chouet a repoussé. Au dernier rempart chanvannais d’ajouter: «Nos adversaires ont le ballon, mais niveau opportunités, on en a eu davantage. On aurait dû tuer le match plus tôt.» Le hasard avait donc choisi son camp.

A la buvette, il paraît que le maillot d’Albino Bencivenga est finalement parti pour 300 francs. Une certitude: les gants de Kevin Chouet ont rapporté trois points à Champvent.

 

ChampventBosna Yverdon 2-1 (2-0)

Buts: 20e Bencivenga 1-0; 32e Theurillat, csc. 2-0; 57e Lupede, csc. 2-1.

Champvent: Chouet; Ciafalone, Lupede (67e Dreher), Bonzon, Bovet; Poncet, Chabod (46e Zaidi), Falcon, Martini, Galati (87e Da Costa); Bencivenga. Entraîneur: Philippe Demarque.

Bosna: Muratovic; Fehratovic, Sabic, Theurillat, Suljic; Varela (75e Pinto), Talovic (45e Becic), Muharem, Pipic; Campara (66e Devsic), Ramic. Entraîneurs: Carlos Rangel et Haso Suljic.

Notes: Terrain du Battoir, 150 spectateurs. Arbitrage de M.Alvarez, qui avertit Sabic (jeu dur), Talovic (réclamations), Falcon (jeu dur), Ciafalone (jeu dur), Poncet (jeu dur).

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27 Mar 2018

De la Corse aux chœurs nord-vaudois

Petru Casanova a quitté son île natale à l’âge de 17 ans pour vivre pleinement de sa passion pour la musique. Etudiant à la Haute Ecole de musique Genève-Neuchâtel, le Français est un musicien engagé qui œuvre aussi comme directeur de deux sociétés de chant de la région.

Un homme, dissimulé sous une capuche, se tient au milieu de la place Pestalozzi à Yverdon-les-Bains, alors que la pluie bat son plein. Cela fait huit ans que Petru Casanova, 25 ans, a laissé sa famille et ses amis en Corse mais il n’arrive toujours pas à s’habituer à cette météo maussade, lui qui était accoutumé au soleil et à la chaleur de son petit village de Pioggiola, situé au nord-ouest de la Corse.

Même s’il a décidé de quitter sa région natale pour tenter sa chance dans le monde de la musique, il reste fortement attaché à ses origines. «Je n’arrive pas à trouver de mots assez forts pour qualifier mon amour pour la Corse. C’est un sentiment qui est là», clame-t-il en portant sa main vers son cœur.

Sa passion pour la musique et pour son île, il la doit à sa famille et surtout à sa maman, Jeromine, membre du comité d’organisation du festival corse Cimbalata Academia, qui cherche à mettre en valeur les orgues des églises villageoises en organisant des concerts avec ces instruments. A l’âge de 15 ans, le jeune Petru commence tout naturellement à jouer de l’orgue, puis du piano. C’est le coup de foudre immédiat.

Pourtant, même si la musique fait partie intégrante de la tradition corse, le musicien sait qu’il doit partir à l’étranger s’il veut acquérir de l’expérience et avoir accès à des conservatoires plus réputés. «Mais pas trop loin de la Corse non plus», s’empresse d’ajouter celui qui rend visite à ses proches dès qu’il le peut.

Comme des joueurs de foot

Lorsqu’un de ses professeurs corses l’envoie, à l’âge de 17 ans, au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, il se lance dans cette aventure avec un grand optimisme. Mais l’expérience dans la capitale française ne sourit pas à Petru Casanova. «Ce n’était pas évident. Lors des concours d’entrée, le jury juge en quelques minutes un travail de plus de six mois.» De Paris, le pianiste passe alors à la Haute Ecole de musique de Genève-Neuchâtel, toujours grâce à des enseignants et à leur réseau de contacts. «C’est comme pour les transferts de joueurs en football», compare-t-il, en plaisantant.

Découverte du Nord vaudois

En 2015, Petru Casanova devient directeur de la société de musique L’Union de Cornaux, dans le canton de Neuchâtel. Un an plus tard, il rejoint Chor’hom à Montagny-près-Yverdon et commence à faire parler de lui dans le Nord vaudois.

L’automne dernier, alors que La Concorde de Champagne cherche un nouveau directeur, son président Eric Guilloud pense directement au jeune Corse. «Nous avions discuté ensemble lors d’une soirée, j’avais dit que j’étais intéressé mais sans donner de confirmation. J’ai reçu un appel peu de temps après qui m’annonçait que j’étais engagé. J’étais surpris, mais ça m’a vraiment fait plaisir», affirme celui qui suit un master en pédagogie musicale à Neuchâtel et envisage de devenir professeur de musique dans sa région natale, en France.

Mais pour l’heure, Petru Casanova est un musicien engagé en Suisse. En tant que président de l’Association des étudiants de l’antenne neuchâteloise de la Haute Ecole de musique, il se bat pour éviter la fermeture de cette institution académique.

 

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27 Mar 2018

Accueillir les gens du voyage indigènes

Minorité reconnue, les gens du voyage indigènes rencontrent les mêmes difficultés que les autres. Une table ronde a esquissé des solutions.

L’image du gitan mal aimé et voleur de poules colle à la peau des gens du voyage, qu’ils soient indigènes ou étrangers. Et pourtant, si elles partagent une certaine philosophie de la liberté, ces communautés n’ont pas toutes le même respect des us et coutumes du pays. Organisée à l’initiative du préfet du Jura-Nord vaudois Etienne Roy, médiateur désigné par le Conseil d’Etat pour la problématique des gens du voyage, et accueillie par la Ville d’Yverdon-les-Bains, une table ronde a réuni hier matin à l’Hôtel de Ville les représentants des autorités et des milieux concernés par ce dossier qui, à l’instar des hirondelles, revient chaque printemps avec la même acuité.

Car il ne faut pas se leurrer, a relevé May Bittel, figure emblématique des Yéniches suisses, la communauté indigène souffre du dégât d’image provoqué par d’autres, «surtout auprès des communes».

Minorité reconnue, les Yéniches suisses ont non seulement le droit de mener leur vie temporairement nomade, mais aussi de disposer de terrains d’accueil. Et pourtant, a rappelé Albert Barras, leur représentant en Suisse romande, le feuilleton se répète invariablement: «Si on demande l’autorisation, on nous la refuse en invoquant les règlements sur le camping et le caravaning. Et si on s’installe, il faut négocier…»

Il y a toutefois des exceptions. Etoy, après une entrée en matière conflictuelle, accueille les Yéniches suisses chaque année. Plus près de nous, Valeyres-sous-Rances fait preuve de la même ouverture. Même s’il n’a pas été simple d’obtenir un compromis, a rappelé la syndique Corinne Tallichet-Blanc.

Dans le canton de Vaud, quatre places à disposition deux fois deux semaines par année pour chaque famille suffiraient à faire le bonheur d’Albert Barras et des siens. Pour May Bittel et sa mission, il faut pouvoir accueillir entre 30 et 50 attelages. Mais rien n’est impossible pour le charismatique pasteur, qui s’est battu jusqu’au Tribunal fédéral pour faire entendre raison à certaines autorités.

La problématique des gens du voyage en transit, provenant de l’étranger, doit être traitée séparément. Nous y reviendrons dans une prochaine édition.

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