Les News de Nord Vaudois - juin 2016

En collaboration avec le journal La Région.

25 jan 2018

Un virage à 180 degrés applaudi par les Nord-Vaudois

Juriens – Parmi les neuf nominés, les lecteurs de La Région Nord vaudois ont élu Cédric Chezeaux personnalité de l’année 2017. L’histoire de cet agriculteur, qui a choisi de vendre ses bovins pour se reconvertir dans la production de blés anciens, a touché le public en plein cœur. Rencontre.

 

Cédric Chezeaux a ému la Suisse romande dans «Révolution silencieuse», le documentaire de Lila Ribi. Et les Nord-Vaudois l’ont propulsé au top du classement des personnalités de l’année, avec 121 voix sur 504 votes. ©Michel Duperrex

Cédric Chezeaux a ému la Suisse romande dans «Révolution silencieuse», le documentaire de Lila Ribi. Et les Nord-Vaudois l’ont propulsé au top du classement des personnalités de l’année, avec 121 voix sur 504 votes.

La course a été serrée entre l’agriculteur révolutionnaire, Cédric Chezeaux, et la bénévole au grand cœur, Laura Di Pietrantonio. Deux histoires vraies, deux vies dédiées à aider son prochain. Mais c’est le paysan de Juriens qui a finalement été désigné personnalité préférée pour l’année 2017 par les lecteurs de La Région Nord vaudois, avec 121 voix contre 110 pour l’Yverdonnoise. L’éleveur de vaches laitières de père en fils s’est fait connaître grâce au documentaire de Lila Ribi «Révolution silencieuse», sorti il y a un an jour pour jour. Lui et sa famille y témoignent leurs craintes et leurs difficultés à abandonner la production de lait pour passer à celle de céréales anciennes et biologiques (lire La Région Nord vaudois du 18 janvier 2017).

 

Cédric Chezeaux, vous attendiez-vous à décrocher ce titre ?

Absolument pas. D’ailleurs, je n’avais même pas vu que j’étais parmi les nominés. C’est ma famille qui me l’a dit. Et j’avoue avoir pris ça à la rigolade. Alors, quand vous m’avez annoncé que j’avais gagné, je ne vous ai pas tout de suite cru.

 

Qu’est-ce que cette élection signifie pour vous ?

Je me suis rendu compte qu’il y avait visiblement des attentes du public. Mais quelles sont-elles ? Car le documentaire «Révolution silencieuse» n’aborde pas uniquement le thème de l’agriculture, mais aussi les différentes possibilités de vie (ndlr : la famille Chezeaux a notamment choisi de faire l’école à la maison). Et peut-être que le film a touché les gens qui sont en mal être avec la société actuelle ou avec leurs convictions.

 

Comment expliquez-vous avoir suscité plus d’intérêts que la conseillère d’Etat Cesla Amarelle (22 voix)?

J’ai beaucoup d’admiration pour les politiciens, mais je pense que mon message était peut-être plus facile à faire passer. L’agriculture, c’est notre lien à nos racines ; d’une part, on a probablement tous des aïeux paysans et, d’autre part, on mange tous des produits de la terre.

 

Vous êtes justement issu d’une famille paysanne depuis des générations. Était-ce votre rêve de devenir agriculteur ?

Fondamentalement, j’ai toujours aimé ce travail, même si j’avais de la peine à l’avouer lorsque j’étudiais au collège à Orbe. Il faut dire que le métier de paysan avait une connotation négative.

 

Dans votre carrière, avez-vous travaillé ailleurs qu’à la ferme de Juriens ?

Oui, j’ai fait mon apprentissage en Thurgovie, à Hüttwilen et à Engishofen. Cela n’a pas été facile parce qu’à l’époque, je ne pouvais pas envisager de quitter le village. Mais au final, j’ai eu raison de partir.

 

Qu’est-ce qui vous a marqué durant cet échange de deux ans ?

Je me rappelle avoir été très très fatigué, parce que j’avais une stature plutôt frêle et je travaillais sept jours sur sept. Mais ce qui m’a beaucoup surpris, c’est que les paysans mangeaient peu de choses qui venaient de leur ferme. Ils mangeaient surtout du Fleischkäse (ndlr : fromage d’Italie) et des cervelas.

 

Cette expérience vous a-t-elle influencé dans votre choix de vie actuelle, qui mise sur une alimentation locale ?

Oui, certainement. J’ai vu ce que j’avais envie de faire et ce que je n’avais pas envie de faire chez moi. Je trouve naturel de mettre ses produits sur sa table, car non seulement on peut en faire une autocritique, mais surtout on le mérite.

 

Quatre ans après votre réorientation professionnelle, comment vous en sortez- vous ?

On est tous surpris d’avoir autant de demandes. Quand les gens viennent vous voir, les larmes aux yeux, pour vous remercier, on se dit qu’on n’a pas fait tout faux.

 

Et votre famille dans tout ça ?

C’est vrai que cette manière de cultiver est omniprésente dans nos vies, car on en parle souvent avec mon épouse. Mais on ne veut pas que cela soit étouffant pour les enfants. Je suis heureux de voir que deux de mes fils ont rendu des travaux personnels proche de l’agriculture à la fin de leur apprentissage. Je crois qu’ils prennent conscience des enjeux autour de la biodiversité, et que c’est à eux d’agir : soit ils subissent les évolutions, soit ils font partie du changement.

 

L’homme derrière l’agriculteur

Afin de cerner cette nouvelle personnalité de l’année, nous lui avons posé plusieurs questions décalées. Découvrez Cédric Chezeaux sous un tout autre angle.

 

L’école, un plaisir ou un fardeau ?

Je ne rêvais que d’une chose : être libéré de mes cours pour pouvoir bricoler. C’était évident que j’exercerai un métier manuel.

 

Etiez-vous un «matheux» ou un «lettreux»?

J’avais choisi comme option spécifique maths-physique, mais j’aimais surtout la géométrie.

 

Si vous pouviez avoir une super pouvoir, lequel choisiriez-vous ?

Savoir faire tomber la pluie.

 

Que préférez-vous écouter : AC/DC, Beethoven ou Mika ?

Mika. Je l’ai découvert grâce à mes enfants et j’aime bien. Je suis plutôt musique populaire.

 

Qu’est-ce qui vous fait plaisir quand vous avez le moral dans les chaussettes ?

D’écouter «Ave Maria». Ce morceau me fait toujours frissonner et me donne un coup de boost quand j’ai le blues.

 

Si vous deviez vous réincarner, en quoi aimeriez- vous revenir sur terre ?

En un majestueux cèdre du Liban. Un arbre est certes immobile, mais il offre autre chose : la contemplation.

 

Poursuivez-vous une quête ?

Oui, j’aimerais apporter plus de beauté et de poésie dans mon quotidien. Par exemple, je sème déjà mes graines en créant des dessins géométriques.

 

Et si vous aviez à nouveau 16 ans, reprendriez-vous le même chemin ?

Oui, je pense. Mais j’écouterais plus mon cœur, car j’ai beaucoup cru les gens qui m’entouraient et beaucoup trop écouté les autres et leurs règles. Je pense qu’il y a un âge pour apprendre et un autre pour désapprendre, mais si j’avais pu me faire confiance à 16 ans au lieu de 30 ans, j’aurais gagné du temps.
 

Le podium

 

Cédric Chezeaux.

Cédric Chezeaux.

Cédric Chezeaux
L’agriculteur révolutionnaire
Premier avec 24% des voix

 

 

Laura Di Pietrantonio.

Laura Di Pietrantonio.

Laura Di Pietrantonio
La bénévole au grand cœur
Deuxième avec 22% des voix

 

 

Matthieu Pahud.

Matthieu Pahud.

Matthieu Pahud
Le repos du titan
Troisième avec 18% des voix
 

Deux gagnantes tirées au sort

 
Myriam Sandoz, de Champagne, est la grande gagnante de notre tirage au sort. Elle remporte le puissant casque Sony MDR- 1000X. Toute l’équipe de La Région Nord vaudois la félicite et la prie de bien vouloir venir chercher son lot jusqu’au 28 février 2018.

Mais ce n’est pas la seule chanceuse. En effet, cette année, deux prix étaient au concours. Et le second a été décroché par Anne-Marie Petitpierre, de Bonvillars.

La Nord-Vaudoise recevra un bon pour un menu pour deux personnes, au restaurant La Terrasse, à l’Hôtel La Prairie, à Yverdon-les-Bains. Bravo à nos deux lectrices.

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25 jan 2018

«Il est urgent de changer d’attitude»

Yverdon-les-Bains – Lors de l’assemblée générale de la Société coopérative des sélectionneurs, qui a eu lieu hier à La Marive, Jean-Luc Pidoux, président de cette organisation, qui a pour mission de fournir à l’agriculture suisse des semences et des plants certifiés de qualité, a lancé un appel pour que le travail agricole soit mieux reconnu.

 

La récolte 2016, supérieure en terme de tonnage de 11,5% à celle de 2015, s’explique par une augmentation des ventes de semences de céréales, et une meilleure récolte des plants de pommes de terre et de maïs. ©Duperrex-a

La récolte 2016, supérieure en terme de tonnage de 11,5% à celle de 2015, s’explique par une augmentation des ventes de semences de céréales, et une meilleure récolte des plants de pommes de terre et de maïs.

«Après avoir assisté à un défilé de vaches magnifiques, lavées, brossées, foehnées, bichonnées et conduites par leurs propriétaires avec fierté et passion devant un large public, c’est avec stupéfaction que j’ai vu quelques manifestants hurler contre la maltraitance des animaux qu’ils n’avaient même pas vus.» Réagissant à la présence de militants antispécistes lors de la 22e édition de Swiss Expo (lire La Région Nord vaudois du 15 janvier), le président de l’ancienne Association suisse des sélectionneurs (ASS) -rebaptisée il y a quelques années ASS Société coopérative des sélectionneurs- Jean-Luc Pidoux s’est plaint, hier, lors de l’assemblée générale de la coopérative agricole, du manque de reconnaissance du travail des agriculteurs en Suisse.

«Il est grand temps de cesser d’opposer l’agriculture biologique à celle dite conventionnelle», a surenchéri celui qui habite à Forel-sur-Lucens, dans la Broye vaudoise. D’après lui, le clivage est aussi provoqué par «la grande majorité des reportages et des émissions télévisuelles» qui se focaliseraient plutôt sur le bio. «Il est urgent de changer d’attitude pour sauver nos campagnes et ceux qui nous nourrissent.»

 

Se redonner un peu d’air

 

Basée à Moudon, la société regroupe environ 250 producteurs multiplicateurs de semences (céréales, maïs, soja, pois et trèfle) et de plants de pommes de terre des cantons de Genève, Vaud, Neuchâtel, Fribourg et Valais.

Après plusieurs années climatiques difficiles, l’ASS a pu bénéficier de bons rendements dans les céréales comme dans les pommes de terre. «Nous attendions avec impatience un bon millésime pour se redonner un peu d’air au niveau des résultats financiers», a déclaré Didier Peter, directeur de l’ASS, qui a présenté les résultats commerciaux de la coopérative.

Un chiffre d’affaires de 15 843 515 francs a été réalisé lors de l’exercice 2016- 2017. Il est supérieur de 4,8% -avec une augmentation de 727 298 francs- à celui de la période précédente, et permet de dégager un bénéfice de 9 218 francs. Ceci s’explique surtout par la très faible récolte de plants de pommes de terre de l’exercice 2015-2016. Les ventes totales de semences et plants se sont élevées à 10 976 tonnes, et représentent aussi une augmentation de 11,5%.

Après la partie statutaire, des exposés de Christoph Rüfenacht, gérant de la Fédération suisse des producteurs de semences (Swisssem), de Ruedi Fischer, vice-président de Swisspatat, et de Stephan Scheuner, directeur de l’Organisation de la branche suisse des céréales, oléagineux et protéagineux (Swissgranum), ont permis à l’assemblée de connaître les dernières actualités liées à chacun de ces domaines et les défis à relever pour cette année.

En toute fin de matinée, alors que Roger Federer venait d’obtenir son ticket pour les demi-finales de l’Open d’Australie, le vice-président de l’Union suisse des paysans (USP), Fritz Glauser, a affirmé que le sportif bâlois bénéficiait du même soutien auprès de la population que les paysans.

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25 jan 2018

Lucas Baume, snowboarder et influenceur

Snowboard – Le Combier fait un carton sur les réseaux sociaux avec ses vidéos. De quoi lui permettre de vivre de sa passion.

 

Lucas Baume partage ses talents de rider sur les réseaux sociaux, et ça marche plutôt bien. ©Luca Crivelli

Lucas Baume partage ses talents de rider sur les réseaux sociaux, et ça marche plutôt bien.

Passer l’hiver sur les pistes, prendre du plaisir, réaliser des vidéos et des photos de ses prouesses, puis les poster sur les réseaux sociaux, Instagram en tête. Lucas Baume est un snowboarder qui évolue avec son temps. Il a su se réinventer, s’adapter, lui le freestyler qui, pour la deuxième saison consécutive, vit de sa passion autrement que par la compétition.

A 22 ans, le rider du Brassus est devenu un influenceur. Après un été passé chez ses parents, le Combier a pris un appartement avec des amis à Laax, la station réputée des Grisons, où l’abonnement lui est fourni. «Ici se trouvent le meilleur snowpark, tous les contacts, cameramen, photographes et sponsors, explique celui qui a terminé ses études à Davos, en 2016. En résumé, beaucoup de visibilité.»

Le snowboarder n’est pas arrivé là par hasard. Après quelques saisons sur le circuit de Coupe du monde, le spécialiste de slopestyle a su convaincre, séduire, par la qualité de ses figures, de ses vidéos qu’il poste à un rythme quasi quotidien. Et sa cote de popularité est aisément mesurable : «Les choses commencent à bien marcher pour moi. Les gens aiment ce que je fais et j’ai des contacts avec quelques légendes du milieu aux Etats-Unis, comme Chris Bradshaw. Une de mes vidéos compte plus d’un demi-million de vues sur Instagram. Pour les sponsors, c’est top. Aujourd’hui, ça se passe sur les réseaux sociaux. Il ne reste presque plus de magazines spécialisés.»

 

Escapades californiennes

 

Lucas Baume soigne son style, que ce soit en freestyle ou en freeride. ©Luca Crivelli

Lucas Baume soigne son style, que ce soit en freestyle ou en freeride.

Le sportif de la vallée de Joux ne roule pas sur l’or pour autant. «Le snowboard ne marche pas super bien, et les marques ont peu d’argent à disposition. Les riders doivent se battre pour réunir un budget, souligne celui qui fait partie des teams de Nitro et Vans. Heureusement, j’ai des connaissances partout.» A tel point que, courant février, puis à nouveau en fin de saison, il s’en ira plusieurs semaines sur les pistes de Californie, à Bear Mountain, puis Mammoth Mountain, où se produiront des événements, avec des shootings photo et vidéo.

 

D’octobre à mi-mai, Lucas Baume est sur la planche. Chaque jour, il se lève pour pratiquer ce qu’il aime. «On profite de la jeunesse et du fun du snowboard. Ce pour quoi, à la base, j’ai commencé ce sport. Je retrouve les ingrédients que j’avais un peu perdus avec la compétition.» L’homme est devenu un influenceur, «mais je reste avant tout un snowboarder», coupe celui qui se verrait bien continuer ainsi quelques années. «Cela dépendra de l’évolution, et de comment j’ai envie de vivre.»

A l’heure actuelle, la philosophie, la beauté des paysages et le style comptent avant tout. Bien plus que la performance.

«Le niveau en compétition est devenu si élevé que les jeunes peinent à s’y identifier», affirme le rider cool, défenseur de la beauté du geste.

 

Il suivra les JO en observateur attentif

 

Les Jeux olympiques de Pyeongchang ne laisseront pas Lucas Baume indifférent. «J’ai toujours plein de copains qui font de la compétition. Je suis toujours intéressé à regarder, glisse leur ex-coéquipier des cadres nationaux de snowboard. En halfpipe, je vois de bonnes chances de médaille. En slopestyle, ce devrait être plus compliqué.»

Le compte Instagram de Lucas Baume, où trouver ses vidéos : @yungdoli

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24 jan 2018

La magie de l’image après les intempéries

Après la pluie, le beau temps

Dans la plaine de l’Orbe, le panorama est tout simplement féérique, mais on n’oubliera pas, tout de même, que les cultures en prennent un sale coup. ©Michel Duperrex / Com.

Dans la plaine de l’Orbe, le panorama est tout simplement féérique, mais on n’oubliera pas, tout de même, que les cultures en prennent un sale coup.

Un jour c’est l’enfer, le lendemain c’est le paradis. Suite aux pluies diluviennes de ces derniers jours, le retour du soleil nous a offert de magnifiques paysages, malheureusement ou heureusement, éphémères. Champs et routes inondés métamorphosent littéralement notre paysage nord-vaudois, nous faisant presque oublier les dommages que les cultures subissent. La situation hydrique est revenue à un niveau non critique, les cours d’eau sont détendus, même si l’Orbe et la Thièle restent encore à un niveau relativement élevé, selon la Police cantonale. Les sapeurs-pompiers étaient encore actifs sur environ quinze interventions, notamment à Grandson.

Le verger de l’EMS Bru, à Grandson, est accessible... en bateau. ©Michel Duperrex / Com.

Le verger de l’EMS Bru, à Grandson, est accessible… en bateau.

Sur la route entre Ependes et Mathod, la prudence est de mise. ©Michel Duperrex / Com.

Sur la route entre Ependes et Mathod, la prudence est de mise.

Une occasion unique, pour les arbres d’Yverdon-les-Bains, de se dédoubler majestueusement. ©Michel Duperrex / Com.

Une occasion unique, pour les arbres d’Yverdon-les-Bains, de se dédoubler majestueusement.

Treycovagnes et Chamblon s’admirent. ©Michel Duperrex / Com.

Treycovagnes et Chamblon s’admirent.

Michel

Duperrex/Com. ■

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24 jan 2018

La peine maximale n’a pas été requise

Yverdon-les-Bains – Le Ministère public a demandé, hier, une peine de prison de vingt ans à l’encontre du jeune Roumain qui avait roué de coups un Sainte-Crix, en juillet 2015.

Vingt ans ont été requis contre le jeune Roumain. ©Emmanuel Nater

Vingt ans ont été requis contre le jeune Roumain.

«Il est évident que le prévenu n’a laissé aucune chance à sa victime et qu’il l’a laissée baigner dans son sang, a déclaré, hier, Franz Moos, procureur général adjoint en charge de l’affaire du meurtre des Iris (lire La Région Nord vaudois d’hier), lors des plaidoiries qui ont eu lieu au Tribunal criminel de l’arrondissement de la Broye et du Nord vaudois. En niant les faits, le prévenu cherche à salir la victime et à la tuer une deuxième fois, car elle n’est plus là pour se défendre.»

Pour rappel, l’auteur des coups, un ressortissant d’origine roumaine âgé de 22 ans et sans domicile fixe, est accusé d’avoir tué un Sainte-Crix, le 23 juillet 2015, à proximité du port des Iris, après avoir entretenu des relations de nature sexuelle avec lui. «Depuis le début de cette affaire, le prévenu s’enferme dans les mensonges, puisqu’il n’en était pas à son coup d’essai en matière de prostitution masculine. Il avait rencontré la victime à plusieurs reprises. Ainsi, la version selon laquelle il aurait été séquestré par la victime, quelques jours avant les faits, relève aussi de la pure invention», a poursuivi le procureur.

 

Condamnée au doute

 

En attente de son jugement, le prévenu a pris la parole, lors des plaidoiries, pour enfin s’excuser auprès de la famille de la victime. ©Emmanuelle Nater

En attente de son jugement, le prévenu a pris la parole, lors des plaidoiries, pour enfin s’excuser auprès de la famille de la victime.

«J’éprouve un sentiment de colère, a déclaré, quant à elle, Me Manuela Ryter Godel, avocate de la partie civile. Le prévenu a amplifié ses mensonges. Il a démontré un mépris absolu pour la victime et n’a pas eu un seul mot d’excuse après son décès.» Au cours de cette instruction, l’avocate s’est interrogée sur les nombreuses souffrances qui vont marquer la famille, telles que la perte de la victime, la manière dont ils l’ont perdue et les zones d’ombre autour de cette affaire, notamment. «En refusant de donner les éléments qui ont conduit à la mort de la victime, il a condamné sa famille au doute», a-t-elle déclaré devant le Tribunal criminel.

L’avocate craint également que la mémoire du défunt ne soit salie à la suite de cette audience, car «la défense l’a présenté comme un homme sans scrupule et prêt à tout pour assouvir ses désirs sexuels».

Le défenseur commis d’office, Johanna Trümpy, a reconnu qu’il était «difficile de nier que les coups portés à la victime ont conduit à sa mort». Mais selon elle, «la victime cherchait des jeunes et sélectionnait les plus beaux et les plus jeunes parmi la communauté rom». En s’appuyant sur un rapport d’expertise psychiatrique, elle relève que «son client ne souffre d’aucun trouble. Il n’est ni un manipulateur ni un psychopathe, mais il était en proie à une émotion violente et ressentait un sentiment de honte».

 

Peine privative de liberté

 

«La seule circonstance favorable, si j’ose m’exprimer ainsi, c’est le jeune âge du prévenu : il n’avait juste pas vingt ans», a affirmé le Ministère public, qui a renoncé à exiger une peine maximale, mais a requis la révocation du sursis d’une peine antérieure, ainsi qu’une peine privative de liberté d’une durée de vingt ans.

L’avocate de la famille s’est ralliée à la proposition du Ministère public en raison de l’âge du prévenu.

L’audience a été suspendue peu avant midi. La lecture du jugement aura lieu, quant à elle, lundi prochain, à 16h30.

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24 jan 2018

Tous les parcours mènent à As Warrior

Parcours – Anthony Schwyn et Steve Mangione inaugureront leur salle inspirée du concept «Ninja Warrior», dimanche à Chavornay. Une première en Suisse et une grande fierté pour les deux associés, qui y ont travaillé d’arrache-pied.

La première structure de la discipline ouvre à Chavornay! ©Michel Duperrex

La première structure de la discipline ouvre à Chavornay!

Il y a deux mois, cette immense halle de la route de la Thiole, à Chavornay, était entièrement vide. Pas une poutre, ni un accessoire. Rien ! «On a reçu les clés le 1er novembre dernier, et on a commencé à construire tous les parcours deux semaines plus tard, lance Anthony Schwyn, l’initiateur du projet. Mais le concept mûrit dans ma tête depuis presque deux ans.» Le concept ? Une salle de parcours à la «Ninja Warrior», une émission américaine où les candidats doivent franchir des obstacles plus ou moins ardus avec agilité et endurance, importée en France (sur TF1) à l’été 2016. «En fait, je rêve d’y participer. Malheureusement, je n’ai pas été retenu pour tenter ma chance.»

 

Sans concurrence en Suisse

 

Anthony Schwyn pose sur l’un des nombreux obstacles de la salle au côté de Steve Mangione, son associé. ©Michel Duperrex

Anthony Schwyn pose sur l’un des nombreux obstacles de la salle au côté de Steve Mangione, son associé.

Plutôt que de s’obstiner, l’Urbigène a décidé d’importer l’idée en Suisse. Là où lui et son associé Steve Mangione sont des pionniers dans le domaine : «A notre connaissance, il n’existe pas la moindre salle de ce genre dans tout le pays. Même en France, il n’y en a qu’une.» Résultat, les deux hommes se retrouvent avec des demandes venues de Berne, du Valais, de Genève et même de l’Hexagone pour venir tester leur nouveau bijou.

C’est simple : à l’heure où As Warrior, puisque c’est son nom, ouvrira ses portes -dimanche lors de l’inauguration (voir encadré ci-dessous)-, il n’aura pas la moindre concurrence. «On n’entend pas s’arrêter là. Cela dépendra du succès qu’on rencontrera, mais l’objectif est d’ouvrir une deuxième salle, puis une troisième… On aimerait que les gens qui fréquentent nos parcours puissent évoluer avec nous, au fur et à mesure de l’aventure.» Anthony Schwyn et Steve Mangione s’interrompent un moment, puis reprennent en pointant le plafond de la halle : «Vous avez vu l’espace qu’il nous reste à disposition ici ? La première étape, consistera à bâtir un deuxième étage, avec une autre série de parcours.»

S’ils partagent la passion du sport, et surtout celle du football (Mangione a porté le maillot du Lausanne- Sport, Schwyn donne encore le tournis à plus d’un latéral en ligues inférieures vaudoises), le duo se trouve surtout sur la même longueur d’onde. «A la base, Steve était un de mes clients, raconte celui qui exerce comme coach sportif. Lorsque j’ai appris qu’une salle aux dimensions idéales étaient en vente à proximité de mon lieu de travail, je me suis mis en quête d’un partenaire. J’en ai parlé à plusieurs clients, et le premier à s’être montré réellement intéressé, c’était lui.»

 

«On est cramés !»

 

Désormais, les deux associés partagent bien plus qu’une idée plus ou moins vague, mais littéralement tout leur temps libre, à préparer une salle qui devra séduire dans quatre jours. «On n’a pas peur de le dire : on est cramés ! Tant financièrement que physiquement et mentalement. On a énormément investi sur tous les plans. Cet endroit, c’est presque le seul lieu où on peut encore voir nos familles, lorsqu’elles viennent nous donner un coup de main. D’ailleurs, c’est la seule aide extérieure qu’on a reçue. Il nous arrive fréquemment de terminer à 2h ou 3h du matin. Et le lendemain, on se lève pour aller travailler, ou directement revenir ici.»

Reste encore à ce que l’engouement prenne. Un point qui ne semble pas trop effrayer ses concepteurs. «Chavornay, c’est un peu le centre géographique idéal. On se situe à moins d’une heure de la Suisse allemande, du Valais et de la France. Beaucoup de gens ont montré leur intérêt, dont une marque de compléments alimentaires avec laquelle on a conclu un partenariat. On ne peut qu’être confiants pour le lancement.»

Pour cela, il faut encore régler les dernières finitions : «Le parcours enfant n’est pas encore tout à fait prêt. Pareil pour la salle de street workout. Mais tout sera opérationnel dimanche.» L’aboutissement d’un rêve, qui ne fait pourtant que commencer.

 

Avec Djibril Cissé

 
Anthony Schwyn et Steve Mangione n’ont rien laissé au hasard concernant leur nouveau joujou, à commencer par la journée d’inauguration, qui se tiendra de 10h à 19h dimanche. En invité de prestige, Djibril Cissé mixera à partir de 15h, en plus de proposer certains habits de sa marque.

«On espère qu’il se laissera prendre au jeu et qu’il s’essayera sur les divers parcours», sourient les deux associés. L’entrée sera libre. A partir de lundi, les adultes devront débourser la modique somme de 25 francs (12 francs pour les enfants) pour se lancer parmi les obstacles. A noter qu’il existera divers abonnements avantageux.

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23 jan 2018

La région a encaissé le déferlement d’un déluge

Nord vaudois – Survenant après les crues du début du mois, les fortes précipitations de ces dernières heures ont provoqué d’importantes inondations. Pompiers, Protection civile et police ont été très sollicités.

Le chemin des Présidents, près du Puisoir, à Orbe. Par mesure de sécurité, les véhicules stationnés près de la cantine ont été évacués. ©Michel Duperrex, Michel Duvoisin et I. Ro

Le chemin des Présidents, près du Puisoir, à Orbe. Par mesure de sécurité, les véhicules stationnés près de la cantine ont été évacués.

Le cocktail neige, pluie et températures élevées est «explosif». Cela, c’est pour l’image. Celles que nous vous proposons, un choix restreint, parlent d’elles-mêmes. Des dizaines d’heures de précipitations, contribuant à accélérer la fonte des neiges en altitude, ont provoqué une crue exceptionnelle de toutes les sources, résurgences et cours d’eau drainant le massif jurassien jusqu’au lac de Neuchâtel.

La plaine de l’Orbe est inondée sur des centaines d’hectares. Les dommages aux cultures s’annoncent importants. ©Michel Duperrex, Michel Duvoisin et I. Ro

La plaine de l’Orbe est inondée sur des centaines d’hectares. Les dommages aux cultures s’annoncent importants.

Toutes les installations de mesure affichaient des niveaux record hier à la mi-journée. Depuis plusieurs heures, de nombreux pompiers du SDIS Nord vaudois, mais aussi des hommes de la Protection civile et de la police étaient à pied d’œuvre pour endiguer la montée des eaux là où c’était nécessaire.

Le village de Champagne a été touché par les caprices conjugués de l’Arnon et du ruisseau qui traverse le village d’ouest en est, alimenté principalement par les résurgences des grottes de Saint- Maurice.

Du côté de Grandson, la voie droite de l’autoroute A5 Neuchâtel-Yverdon a été partiellement neutralisée. De l’eau boueuse provenant des champs situés au-dessus de la tranchée se déversait sur l’artère.

A Champagne, les hommes du SDIS ont eu beaucoup de travail. ©Michel Duperrex, Michel Duvoisin et I. Ro

A Champagne, les hommes du SDIS ont eu beaucoup de travail.

Les pompiers sont aussi intervenus à Valeyres-sous-Montagny, où l’eau gisait de toutes parts. Le trafic du chemin de fer Yverdon–Sainte-Croix a d’ailleurs été interrompu durant quatre heures. Durant cette période, les transports ont été assurés par bus entre Yverdon-les-Bains et Vuiteboeuf. Responsable de la gestion du trafic, Raphaël Gerbex annonçait le rétablissement du trafic à 16h. Dans la zone touchée, la vitesse des convois est limitée à 20 km/h. De légers retards sont donc prévisibles.

Plusieurs routes de la région ont été inondées. Mais de manière générale, les usagers ont fait preuve de prudence et, selon Arnold Poot, porte-parole de la Police cantonale vaudoise, aucun blessé n’est à déplorer. L’accalmie prévue ces prochains jours devrait permettre au terrain d’absorber ce trop-plein d’eau.

 

Préalpes sous surveillance

 

Avalanches – Un risque maximum

Les fortes précipitations ont conduit à une procédure d’évacuation aux Diablerets. Selon Arnold Poot, officier de la Police cantonale vaudoise, les habitants domiciliés entre Ormont-Dessus et Château-d’Oex ont été invités à rester chez eux. Ceux qui doivent se déplacer, pour s’occuper du bétail, doivent informer une centrale de surveillance. Le niveau de danger est maximum.

 

Cette terrasse de Fiez a disparu sous l’eau. ©Christine Muri

Cette terrasse de Fiez a disparu sous l’eau.

L’avenue Kiener était partiellement inondée depuis le milieu de la matinée. ©Michel Duperrex, Michel Duvoisin et I. Ro

L’avenue Kiener était partiellement inondée depuis le milieu de la matinée.

Le site de Nestlé, à Orbe, les pieds dans l’eau... ©Michel Duperrex, Michel Duvoisin et I. Ro

Le site de Nestlé, à Orbe, les pieds dans l’eau…

Il fallait une voiture amphibie pour gagner l’aérodrome d’Yverdon-les-Bains. ©Michel Duperrex, Michel Duvoisin et I. Ro

Il fallait une voiture amphibie pour gagner l’aérodrome d’Yverdon-les-Bains.

Le résultat d’un exercice involontaire d’hydroplanage à l’avenue Kiener. Police Nord vaudois a fermé cette artère, de même que l’accès à l’aérodrome. ©Michel Duperrex, Michel Duvoisin et I. Ro

Le résultat d’un exercice involontaire d’hydroplanage à l’avenue Kiener. Police Nord vaudois a fermé cette artère, de même que l’accès à l’aérodrome.

 

Michel Duperrex, Michel Duvoisin et I. Ro ■

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23 jan 2018

Le meurtre des Iris devant la justice

Yverdon-les-Bains – L’audience sur l’assassinat d’un Sainte-Crix, en juillet 2015, s’est ouverte, hier, devant le Tribunal d’arrondissement de la Broye et du Nord vaudois.

 

Le prévenu, actuellement détenu à Orbe, est accusé d’assassinat, après avoir roué de coups un Sainte-Crix. ©Emanuelle Nater

Le prévenu, actuellement détenu à Orbe, est accusé d’assassinat, après avoir roué de coups un Sainte-Crix.

Un Roumain accusé d’avoir tué un Sainte-Crix, en 2015, a comparu, hier, devant le Tribunal criminel de l’arrondissement de la Broye et du Nord vaudois. Il aurait roué de coups un homme de 53 ans, avant de lui dérober le contenu de son porte-monnaie. La victime, connue dans la région comme étant celui qui contrôlait l’accès aux pistes de ski de fond aux Rasses (lire encadré ci-dessous), et parce qu’il faisait régulièrement du stop entre Yverdon-les-Bains et Sainte-Croix, avait été trouvée morte, le visage dans une flaque de sang, non loin du port des Iris, en 2015 (lire La Région Nord vaudois du 27 juillet 2015).

En ouverture d’audience, le prévenu, âgé de 22 ans et sans domicile fixe en Suisse, a admis qu’il avait asséné des coups au Sainte-Crix. Il a demandé pardon à la famille de ce dernier, dont une partie était présente à l’audience, sans pour autant admettre les faits qui lui sont reprochés. «Cette nuit-là, je ne lui ai rien pris», a affirmé l’accusé.

Quelques jours avant le drame, le prévenu avait effectivement été rémunéré pour entretenir une relation de nature sexuelle avec le Sainte-Crix. Le jour même, les deux hommes avaient passé l’après-midi à la plage, avant de rejoindre le restaurant situé à proximité pour la soirée.

 

Corps martelé de coups

 

«Il m’avait promis 300 francs. J’ai décidé de partir du restaurant quand j’ai vu qu’il n’avait plus d’argent pour payer les consommations, et il m’a suivi en me demandant de l’attendre», a expliqué le prévenu. La victime, qui était fortement alcoolisée, l’aurait saisi par le pull en lui faisant comprendre son intention d’avoir des rapports sexuels. Le prévenu aurait, dit-il, pris peur et lui aurait donné deux ou trois coups pour fuir.«Quand je me suis enfui, je me suis retourné et je l’ai vu assis. Si je l’avais vu couché par terre, j’aurais appelé l’ambulance. Et si j’avais su qu’il était mort, je serais parti à la maison, en Roumanie», a ajouté le jeune homme, qui avait été arrêté à Yverdon-les-Bains le lendemain des faits.

«Au vu de l’importance du traumatisme crânien et du nombre de fractures constatées, il nous semble certain qu’il y a bien eu plus de coups», a contredit une légiste, venue témoigner à l’audience. Et d’ajouter qu’il ne s’agissait pas de petits chocs : «Il faut déjà une certaine force pour imprimer le dessin d’une semelle de chaussure sur le visage d’une personne. Ensuite, il y a beaucoup de fractures, notamment un enfoncement au niveau de la structure du visage.»

Selon le rapport d’autopsie, le décès est consécutif à un traumatisme facial extrêmement sévère, qui a entraîné une broncho-aspiration massive de sang et de contenu gastrique.

«Je ne comprends pas ce geste, a confié la sœur de la victime, qui l’a décrite comme étant «influençable» et «un peu faible, tellement il était gentil».

De son parcours scolaire, aux différents emplois qu’il a occupés en Suisse, en passant par les délits mineurs qu’il aurait commis : le prévenu, qui est renvoyé pour assassinat, n’a cessé de varier dans ses déclarations. Le procès se poursuit aujourd’hui.

 

Commémoration

 

La sœur de la victime a fait part des nombreux messages de soutien qu’elle a reçus à la suite du drame. «Un jour, le président du Groupement des skieurs de fond de Rasses est venu me demander s’il pouvait repeindre la cabane des Cluds en rouge et la baptiser du nom de mon frère», a-t-elle évoqué, émue.

 

ATS / Christelle Maillard ■

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23 jan 2018

Yverdon se hisse en demies du Trophée 26

Pétanque – Battue dans le dernier carré de la compétition par les futurs vainqueurs Léman-Rolle, la triplette yverdonnoise a fait bonne figure à domicile, le week-end dernier.

Les régionaux l’ont joué placé lors du Trophée 26. ©Roger Juillerat

Les régionaux l’ont joué placé lors du Trophée 26.

Même si les équipes étrangères étaient moins nombreuses qu’à l’accoutumée, le Trophée 26 a donné lieu à des parties de qualité, le week-end dernier, au boulodrome de la Pétanque yverdonnoise. La triplette fanion du club local est parvenue à se hisser en demi-finales. Avec Gaétan Cournède, Nicolas Matthey et Daniel Durussel, elle a été battue 13-4 par les futurs vainqueurs du tournoi international, soit Léman-Rolle, composé de Régis Froidevaud, Hervé Bapst et Dan Taton. Une équipe redoutable, puisque chacun affiche des sélections nationales, le premier ayant représenté notre pays à des Mondiaux.

«Nous sommes contents d’être arrivés dans le dernier carré, relevait l’Yverdonnois Nicolas Matthey. Nous allons jouer toute la saison ensemble et on a pu voir qu’on avait encore du travail. Nous avons notamment disputé trois bonnes rencontres depuis la phase éliminatoire jusqu’à notre élimination.»

 

Retournement de situation

 

L’autre demi-finale a mis aux prises La Chablaisienne, qui menait 11-2, à Monaco, qui a fini par renverser la vapeur. Il s’agissait en fait de «Monégasques helvétiques», l’équipe étant composée de Vierino Lauria, d’Yvonand, ainsi que de Mohamed Taoussi et Hichem Saïd, de Peseux. Le dernier nommé a déjà remporté à trois reprises le Trophée 26, dont une fois avec l’équipe de Suisse. «Nous avons réussi un super retournement de situation, relevait- il. J’ai dû éjecter quatre fois le cochonnet pour sauver des parties où nous étions en difficulté et, surtout, j’ai réussi cinq carreaux, qui ont sans doute fait la différence lorsqu’on est revenu à 10-11, puis qu’on a passé devant (ndlr : score final 13-12). En finale, nous n’avons rien pu faire contre Léman-Rolle (13-3)».

Les cinq autres équipes régionales n’ont pas passé les qualifications, même si celle du Cochet Sainte- Croix n’en a pas été loin. Quant à la triplette française de Salins-les- Bains, qui avait pris un super départ, elle a été éliminée en quarts de finale par Monaco. Jean Hirsbrunner, président de la Pétanque yverdonnoise, a procédé à la remise des prix en compagnie de Roland Büttiker, qui assurait la bonne marche des matches avec Lionel Doutaz.

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22 jan 2018

Le parc éolien du Mollendruz enterré

Nord vaudois – Le projet éolien sur les communes de Mont-la-Ville, Juriens et La Praz ne verra pas le jour. Les conseillers généraux de la dernière nommée ont refusé le plan partiel d’affectation, jeudi dernier.

Le village de La Praz ne verra pas d’éoliennes sur ses crêtes, puisque le projet a été refusé. ©Profil Paysage

Le village de La Praz ne verra pas d’éoliennes sur ses crêtes, puisque le projet a été refusé.

Jamais on aura autant entendu parler de la petite commune de La Praz que durant ces derniers jours. Le petit village nord-vaudois d’un peu plus de 150 habitants a refusé le plus grand projet de parc éolien du canton de Vaud.

En effet, jeudi dernier, il devait se prononcer, tout comme les communes de Juriens et de Mont-la- Ville, sur l’installation de douze éoliennes sur les crêtes du Mollendruz. Et, à la surprise de tout le monde, vingt conseillers communaux ont voté «non» et onze «oui». Une majorité qui a suffi pour enterrer le projet, porté par les trois municipalités, ainsi que le Service des énergies d’Yverdon-les-Bains (SEY) et le Service d’électricité de la ville de Zurich (EWZ). Car du côté de Mont-la- Ville, la pilule est passée sans problème, avec quarante voix en faveur du projet, contre dix. Il en a été de même à Juriens (34 «oui» contre 13 «non»), où la discussion n’a même pas été ouverte.

 

Incompréhension générale

 

«Nous ne sommes pas prêts de renoncer à ce projet.» Pierre Dessemontet

«Nous ne sommes pas prêts de renoncer à ce projet.»

Du côté des porteurs du projet éolien, ce résultat reste en travers de la gorge. «Il aura fallu vingt personnes pour anéantir un projet de plus de dix ans et cinq millions de francs déjà investis (ndlr : sur un total budgeté à 85 millions), lance Pierre Dessemontet, municipal yverdonnois en charge du SEY. Surtout que le projet du Mollendruz a été jugé exemplaire en termes d’environnement par le Canton.» D’ailleurs, les votations ont été repoussées d’une année, afin de trouver un compromis satisfaisant pour les agriculteurs de Juriens. Et, aujourd’hui, c’est plus de cent hectares de terrains qui ont été accordés en guise de compensation écologique. Quant aux communes, elles n’ont pas souhaité s’exprimer sur le sujet.

Comment expliquer ce coup de théâtre, alors que toutes les discussions et négociations avaient été menées auparavant ? «Ce que l’on a constaté, c’est qu’à La Praz, sur les 31 conseillers présents jeudi dernier, onze ont été assermentés le soir-même, poursuit le municipal. Après, c’est difficile à dire si ce sont ces personnes-là qui ont voté contre le projet.» Pierre Dessemontet a également calculé que si la Commune de Juriens avait dû fusionner avec les autres pour voter, le parc aurait été validé, puisqu’il y au eu au total 85 voix pour, et 43 contre. Et ce constat agace. Certains voient en ce vote négatif le seul résultat d’une méconnaissance du dossier et des enjeux.

 

Une victoire pour certains

 

Du point de vue des associations anti-éoliennes, ce vote constitue «une grande victoire». «C’est le résultat espéré, mais il était inattendu, lance Jean-Marc Blanc, secrétaire général de Paysage-Libre Vaud, qui a suivi le débat à Mont-la-Ville. Je sais qu’à La Praz, les craintes qui ont été formulées concernaient avant tout l’impact sur la valeur des maisons, sur les chemins touristiques et le paysage.» Selon lui, les tracts de SOS Jura-Vaud-Sud ont permis aux habitants d’ouvrir les yeux sur le danger de ce projet. «Finalement, les gens ont vu, en dressant la liste des pour et des contre, que cela n’en valait pas la peine.»

 

Un plan B en vue

 

Malgré le vote de jeudi dernier, le parc éolien du Mollendruz n’est de loin pas K.-O., comme le prétend Paysage-Libre Vaud. «On prend acte de la décision, mais nous ne sommes pas prêts à renoncer au projet, affirme Pierre Dessemontet. Avant de mettre la clé sous la porte, on va explorer toutes les pistes, afin de voir ce qui peut être sauvé et, s’il le faut, on fera un plan B, C, D, E…»

Il appartient maintenant aux porteurs du projet de discuter avec les instances cantonales pour trouver une solution d’ici au mois de mars.

 

Un problème de fond

 

Selon le député au Grand Conseil Pierre Dessemontet, si le projet du Mollendruz, considéré comme le porte-drapeau éolien sur l’arc jurassien, n’a pas été accepté, cela démontre que le problème va au-delà d’une simple position pour ou contre des éoliennes : «Il y en a partout dans le monde, même au Kenya. On est le seul pays qui n’arrive pas à en monter une. Alors qu’est-ce qui cloche chez nous ? Ce sont les procédures, car il y a moyen de faire recours à tout moment sur tout, considère l’élu yverdonnois. Une prise de conscience doit se faire, parce qu’il y a un moment ou les pouvoirs publics doivent s’impliquer. Et ce moment, c’est maintenant. Le Canton et la Confédération ne peuvent plus se cacher.»

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