Les News de Nord Vaudois - juin 2016

En collaboration avec le journal La Région.

09 mai 2018

Le HCY a conservé son noyau dur

Yverdon a entamé la préparation estivale lundi, avec un effectif resté très stable.

Le printemps semble avoir à peine commencé que les hockeyeurs entament déjà la préparation pour la saison à venir. Lundi, c’était la reprise pour le HC Yverdon, sous la houlette de la préparatrice physique Annick Dufour. Parmi les joueurs, qui retrouveront la glace au cours du mois d’août, se trouvaient des juniors qui ont obtenu le statut de stagiaires, ainsi que les nouvelles recrues du club.

«J’apprécie le fait qu’on ait pu garder les hommes qu’on souhaitait conserver, notamment les éléments clés», a relevé l’entraîneur Jiri Rambousek. Le Tchèque pourra toujours compter sur les atouts offensifs que sont Juris Zandovskis, Nicolas Gay, Jérôme Vioget et Pierrick Beutler au sein d’une attaque presque intacte, ainsi que sur le patron de la défense Dan Vidmer.

Arrière-garde renforcée

A vrai dire, l’effectif ne compte que cinq départs: ceux des défenseurs Jimi Tinguely (Vallorbe/3L), Killian Bertschi (arrêt), Arnaud Ramet et Arnaud Descloux, ainsi que celui de l’attaquant Léonard von Allmen. Les trois derniers cités n’ont pas été conservés.

Dans la colonne des arrivées, on trouve un nouveau visage, celui du défenseur Adrian Baruchet (26 ans, Vallée de Joux II/3L), auquel s’ajoutent les transferts définitifs de deux joueurs ayant évolué de temps à autre dans la Cité thermale en licence B la saison dernière: l’attaquant Jérémy Curty (27 ans, Sion/MSL) et l’arrière Kilian Reidick (25 ans, Sarine/2L). Le défenseur Valère-Anthony Pizzirusso (23 ans) est, pour sa part, de retour de l’étranger. Enfin, le gardien Moritz Pfäffli (27 ans, Vallée de Joux/1L) fait son retour à Yverdon, après un premier passage entre 2012 et 2015.

Les prolongations et le recrutement tendent à confirmer que les joueurs se sentent bien sous les ordres de Jiri Rambousek. «J’avais quitté Yverdon lors de la relégation, rappelle Kilian Reidick. L’an passé, au retour en 1re ligue, j’y ai vu l’occasion de revenir et, engagé avec Sarine, j’avais alors demandé une licence B.»

Toujours établi et employé en Valais, Jérémy Curty fera les trajets de bon cœur: «Je me suis bien senti ici, et il est bien plus compliqué de travailler tout en évoluant en Mysports League, vu que les matches se déroulent dans toute la Suisse.»

Adrian Baruchet constitue, pour l’heure, le seul véritable nouveau venu au HCY. L’ancien défenseur international des sélections M16 à M20 suisses a goûté à la LNB avec le HC Sierre avant de passer trois années à Uni Neuchâtel. Une expérience qui s’est mal terminée. Le Combier a alors arrêté sa carrière durant un an, puis a repris la canne la saison dernière en 3e ligue avec la «deux» de la Vallée. «J’y ai repris goût au hockey, mais le niveau était un peu juste», soulève celui qui, établi au Mont, retrouve le HC Yverdon après y avoir déjà porté le maillot des minis.

Encore une arrivée

A l’heure actuelle, le club recherche encore un homme pour sa base arrière. Des contacts pourraient aboutir dans les jours à venir. «Il était important de conserver nos fers de lance, tout en solidifiant notre défense, estime le directeur technique Christian Renaud, qui a misé sur la continuité. L’objectif sera de disputer les playoffs et, à moyen terme, de s’établir durablement dans le top 6 du groupe.»

L’effectif final devrait ainsi compter trois gardiens, neuf défenseurs et douze attaquants, auxquels s’ajouteront quelques juniors qui toucheront ainsi un peu à la 1re ligue en cours de saison.

 

Effectif actuel pour la saison 2018-2019:

Gardiens (3): Dylan Berutto, Jonathan Ledermann, Moritz Pfäffli.

Défenseurs (8): Adrian Baruchet, Bryan Borgeaud, Rayan Koch, Mathias Narbel, Valère-Anthony Pizzirusso, Kilian Reidick, Iago Vazquez, Dan Vidmer.

Attaquants (12): Pierrick Beutler, Jérémy Curty, Jonas Curty (blessé), Aymeric Deschenaux, Nicolas Gay, Damien Köppli, Benjamin Paillat, Giuseppe Pappalardo, Loris Pippia, Mathieu Rochat, Jérôme Vioget, Juris Zandovskis.

 

Christian Renaud s’en va l’esprit léger

Joueur du club durant une vingtaine d’années, puis au service du HC Yverdon depuis huit ans en tant qu’entraîneur, directeur technique et vice-président, Christian Renaud a décidé de passer la main. «Je cesse toute activité au sein du HCY dès cet été», a annoncé, lundi, l’Yverdonnois de 45 ans. Une décision rendue nécessaire par son activité professionnelle avant tout, lui qui est récemment devenu directeur adjoint de Rovero Associés, une entreprise de construction qui emploie huitante personnes. «Et puis, je sentais que j’arrivais aussi au bout d’un cycle, les choses se sont faites naturellement», a ajouté ce pilier du club de hockey de la Cité thermale.

Christian Renaud a beaucoup donné à son club de cœur.

Christian Renaud a beaucoup donné à son club de cœur.

Si le poste de vice-président ne sera repourvu que lors de la prochaine assemblée générale du club, après l’été, les tâches assumées par Christian Renaud en tant que directeur technique seront réparties entre Bertrand Barbezat, le président ad interim, qui va prendre en charge les dossiers concernant la première équipe, et Jiri Rambousek qui, en plus d’être déjà responsable du mouvement juniors, en devient le directeur technique. «Je m’en vais super serein, car il s’agit de personnes qui connaissent le milieu et la maison», a relevé le partant, qui tient également à remercier vivement toutes les personnes avec qui il a pu travailler et faire avancer le club durant ces dernières années.

L’une des plus belles réussites de Christian Renaud et de ceux dont il était entouré est justement le développement du mouvement juniors. «Il comptait 78 jeunes ainsi que 20 enfants à l’école de hockey à mon arrivée. Aujourd’hui, les chiffres sont passés à 160 et à 50. C’est une de mes fiertés», s’est-il réjoui à l’heure de prendre congé. Les partenariats tissés avec le Lausanne 4 Clubs et le HC Vallorbe permettent justement de faire bien vivre la relève du HCY.

Christian Renaud connaît parfaitement le chemin de la patinoire, et on le retrouvera toujours dans les gradins, mais en tant que supporter.

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09 mai 2018

Une famille paysanne crie sa douleur

Nord-Vaudois  –  Se sentant harcelé par l’administration, un agriculteur de la région a mis fin à ses jours. Témoignages.

«Depuis la visite des contrôleurs, il ne dormait plus. Et lorsqu’une voiture s’arrêtait devant la maison, il était en alerte: ça y est, ils sont de nouveau là!» C’est dans ce contexte de tension qu’un agriculteur nord-vaudois de 79 ans a mis fin à ses jours en avril dernier. Ses trois enfants et leur maman ont décidé de témoigner. Parce que de tels drames ne devraient pas se produire.

Selon les membres de cette famille, le défunt se sentait harcelé par le Service de la consommation et  des affaires vétérinaires. Le contrôle inopiné de début février, qui faisait suite à d’autres, a donné lieu à une dénonciation. Il était reproché au titulaire de l’exploitation – le fils du défunt, que ce dernier n’a jamais cessé de soutenir au quotidien – de ne pas détenir les animaux dans des conditions conformes à la loi.

 

Les douze génisses ont quitté définitivement l’étable...

Les douze génisses ont quitté définitivement l’étable… @Raposo

La ferme étant située au centre du village, les animaux étaient conduits au licol, par petits groupes, dans des champs situés non loin de là. Pas assez souvent au gré des contrôleurs. Ceux-ci avaient suggéré la création d’un parc devant l’étable. «C’est une solution irréaliste. Construire un parc sur du béton en bordure de la route principale… Qu’auraient pensé les voisins avec les odeurs et les mouches en été», relèvent les membres de la fratrie, solidaires avec  leur maman.

Pour eux, il ne fait pas de doute que l’inspection de février a provoqué un séisme chez leur père: «Il était fatigué et craignait par dessus tout que les contrôleurs ne débarquent à nouveau. Il n’était plus le même. Jusque-là, il n’avait jamais été dépressif», assurent-ils.

Cette attitude a confiné au drame, le matin du 23 avril. Alors que son épouse venait de s’absenter pour quelques minutes, ce paysan courageux, bientôt octogénaire, municipal de sa commune durant plus d’un quart de siècle, a choisi de s’en aller, au milieu de son jardin, son petit paradis.

Ses proches font front, et, au-delà des nombreuses questions sans réponse, ils expriment une légitime indignation: «Nous avons considéré, en famille, que les petits paysans comme nous n’ont plus de place face aux grandes exploitations et stabulations libres. On veut nous éliminer coûte que coûte. C’est injuste!», ont-ils écrit aux autorités.

Il renonce à l’élevage
Le fils du défunt, qui a écopé d’une sanction pénale la veille de l’enterrement de son père, a, la mort dans l’âme, renoncé à l’élevage. Les génisses ont été vendues et les vaches le seront dans les jours qui viennent. C’est en est fini d’une tradition familiale plus que séculaire.


 

Philippe Leuba a demandé un rapport

Des causes multiples

«Lorsque j’ai reçu cette lettre, j’ai immédiatement demandé un rapport au Service. J’attends de le recevoir avant de prendre position. Je  ne sais pas s’il y a eu des comportements inadéquats», explique le conseiller d’Etat Philippe Leuba.

Plus généralement, le ministre en charge de l’agriculture, se basant sur l’expérience de Pierre-André Schütz, le «samaritain des paysans», relève que les causes d’un suicide sont souvent «multiples». Le Canton de Vaud fait d’ailleurs œuvre de pionnier dans le domaine de la prévention. L’an dernier, le conseiller d’Etat a suivi une journée entière (6h-23h) des contrôleurs dans le Vully. L’occasion de réaliser que leur tâche, dans le cadre d’une loi fédérale très contraignante, est délicate.

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08 mai 2018

Le BC Yverdon roi du canton

Les Championnats vaudois se sont déroulés le week-end dernier à la halle d’Yverdon-les-Bains. Les locaux y ont régné d’une main de maître en récoltant les cinq titres en catégorie élite.

Quelque 177 badistes étaient réunis au Centre de badminton d’Yverdon le week- end dernier pour se disputer les différents titres mis en jeu. Le tournoi a été marqué par la présence de la grande majorité des joueurs de LNA du BCY, qui avaient pris l’habitude de ne pas participer aux Championnats vaudois ces dernières années. Les spectateurs ont donc eu le privilège d’assister à des affiches de haut vol.

L’apothéose du tournoi a sans aucun doute été la finale du simple messieurs élite. Jan Fröhlich a pris le dessus sur Anthony Dumartheray, après avoir sauvé trois volants de match dans une rencontre très indécise et qui aurait pu basculer d’un côté comme de l’autre. «J’ai joué ce week-end parce que la compétition se déroulait à Yverdon et que je suis en manque de tournois, étant donné que je n’ai quasi pas joué au niveau international cette saison»,  confiait le Tchèque. Même son de cloche pour Anthony Dumartheray, qui a émis des réserves quant à une éventuelle participation pour l’année prochaine: «On verra où l’épreuve sera organisée et qui y participera. Il sera peut-être intéressant d’y mélanger les paires.»

Satisfactions chez les jeunes

La bonne surprise de ces Championnats cantonaux est venue de la jeune joueuse du BCY Cloé Brand, 14 ans. Membre du groupe sport-études depuis maintenant deux saisons, elle a réalisé des progrès impressionnants cette saison et a remporté l’or dans la catégorie simple dames élite. Elle a dominé en finale l’Urbigène Lucie Amiguet, au terme d’un match très disputé. «Lucie est une partenaire d’entraînement. D’habitude, c’est très serré, mais je ne l’avais encore jamais battue en tournoi», commentait la lauréate, satisfaite de sa performance. La jeune badiste n’a cependant pas pu défendre ses chances en double dames. Elle a dû rejoindre l’équipe de Suisse M17 pour un camp à Tenero.

D’autres juniors ont brillé, à l’image de Yoan Gamper, membre du cadre national M15 et qui s’est adjugé le titre en simple messieurs série 3. Ou encore Julie Franconville qui, associée à Thibault Bernetti, s’est seulement inclinée en finale du double mixte face à Malika Golay et Anthony Dumartheray, valeurs sûres du badminton suisse. Le règne du BCY sur le canton de Vaud n’est donc pas près de s’arrêter.

 

Florian Charlet

 

Podium régionaux

Simples:

Dames élite: 1. Cloé Brand (Yverdon). 2. Lucie Amiguet (Orbe). Dames série 1: 1. Françoise Rochat Brand (Yverdon). Messieurs élite: 1. Jan Fröhlich (Yverdon). 2. Anthony Dumartheray (Yverdon). 3. Thibault Bernetti (Yverdon) et Arthur Boudier (Yverdon). Messieurs série 1: 3. Loïc Misenta (Orbe) et Malick Gingins (Orbe). Messieurs série 2: 1. Samuel Rechsteiner (Yverdon). 2. Sylvain Métille (Yverdon). 3. Loïc Sansonnens (Yverdon). Messieurs série 3: 1. Yoan Gamper (Yverdon). Messieurs non-licenciés: 2. Anthony Puglia (Yverdon).

Doubles:

Dames élite: 1. Céline Bloch/Sarah Golay (Yverdon). 3. Christie Molyneaux (Orbe)/Laura Troilo (Yverdon). Messieurs élite: 1. Jan Fröhlich/Anthony Dumartheray (Yverdon). 3. Oliver Colin/Christophe Debétaz (Yverdon). Messieurs série 2: 1. Bounmy Chanthakesone/Jérome Franconville (Orbe). 2. Yoan Gamper/Samuel Rechsteiner (Yverdon). Messieurs série 3: 2. Germain Quach (Yverdon)/Patrick Schaer (Crassier). 3. Armand Voyame/Sébastien Richoz (Yverdon). Mixte élite: 1. Malika Golay/Anthony Dumartheray (Yverdon). 2. Julie Franconville/Thibault Bernetti (Yverdon). 3. Sarah Golay/Christophe Debétaz (Yverdon). Mixte série 1: 2. Laura Troilo (Yverdon)/Thomas Troilo (Orbe). Mixte série 2: 3. Elodie Marchal (Orbe)/Nicolas Straehli (Lausanne).

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08 mai 2018

Opération relooking pour la fanfare

Concise – L’Echo du Mont-Aubert a inauguré son nouvel uniforme, dimanche. Créé sur-mesure pour les 35 musiciens de la formation, il remplace la précédente tenue, qui datait de 1981 et qui se faisait vieillissante.


Le secret a été bien gardé et le public n’a découvert l’uniforme qu’au moment de la fête. © Michel Duperrex

«Ce changement d’uniforme est un signe de renouveau et de bonne santé de notre fanfare», se réjouit Ariane Humbert, présidente de la fanfare l’Echo du Mont-Aubert, à Concise, qui a inauguré ses nouveau habits dimanche. Musicienne au sein de la société depuis son adolescente, elle a toujours connu l’habit abandonné la semaine dernière et s’enthousiasme d’enfiler un nouvel uniforme.

L’Echo du Mont-Aubert a été créé en 1897. A cette époque, l’uniforme était l’habit militaire. En 1947, la société a acquis sa première vraie tenue, achetée d’occasion en Suisse alémanique. En 1960, la fanfare a jeté son dévolu sur un uniforme noir alors que le dernier datait de 1981. Il avait été confectionné à l’occasion de la Fête fédérale des musiques à Lausanne.

Cette année, la Fête cantonale des musiques, qui aura lieu les 2 et 3 juin à la vallée de Joux, sera l’occasion rêvée pour l’Echo du Mont-Aubert d’arborer sa nouvelle tenue. «Quand on fait des concours, il faut avoir une belle uniformité. Cela devenait vraiment difficile avec notre habit démodé», ajoute Ariane Humbert.

La société compte 35 musiciens, qui ont tous leur propre uniforme, créé sur-mesure par la Maison Hess à Payerne. Le comité a décidé d’en commander trois supplémentaires pour habiller les éventuels renforts. Quant aux enfants, ils auront aussi une tenue à leur taille. La Maison Hess a également réservé une certaine quantité de tissu à vie, afin de confectionner de nouveaux habits ou d’en modifier certains.

Il faut compter une semaine pour la confection d’une tenue, dont le prix s’élève à 1000 francs. La société paie l’habit à son musicien, mais il en a la responsabilité. Une commission, créée il y a un an et demi, a statué sur ces vêtements et a présenté deux uniformes «semi-cousus» à choix. Les couturiers ont pris les mesures en novembre et chaque musicien est prêt à défiler fièrement.

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08 mai 2018

Le poète militant a trouvé un nid de liberté

Valeyres-sous-Ursins – L’artiste peintre Pierre-André Kesselring et sa conjointe Nathalie Saugy ont inauguré, samedi, la république libre de Gressyland, un lieu de culture et de rencontre unique en son genre.


L’artiste adore chiner des pièces oubliées comme les enseignes de commerces yverdonnois, à l’image de celles de la menuiserie Helfer ou de la pension des Mouettes. © Michel Duperrex 

Ils ont mis du temps mais finalement ils ont trouvé une perle à Valeyres-sous-Ursins: une propriété à la fois loin et proche de tout, immense pour un couple mais petite pour un artiste à l’esprit débordant, un lieu classique pour un agriculteur, mais atypique pour une galerie. Bref, la nouvelle demeure de Nathalie Saugy et de Pierre-André Kesselring, plus communément connu sous le nom de Kéké, n’avait rien d’exceptionnelle jusqu’à ce qu’ils viennent s’y installer. «On est tombés sur le Moulin de Gressy qui était en vente. On est venus le visiter en octobre 2015. Il faisait moche et il y avait un chien qui n’arrêtait pas d’aboyer, se rappelle Nathalie Saugy, municipale yverdonnoise de la culture de 2006 à 2016. Et pourtant, Kéké a tout de suite vu le potentiel.»

Durant un peu plus d’un an, le duo a rénové, à l’abri des regards indiscrets, le hangar du sol au plafond. Ce n’est que samedi que le couple a inauguré son petit coin de paradis. «Nous l’avons baptisé Gressyland, a expliqué Nathalie Saugy devant la foule d’invités. C’est-à-dire un lieu de vie et de culture pour accueillir nos amis, nos familles et nos potes, refaire le monde, faire la fête et boire des verres. Un lieu de simplicité et de convivialité où chacun se sent accueilli.»

Situé en zone agricole, Gressyland  n’est pourtant ni une galerie ni un bar mais une maison privée «à la mode de l’auberge espagnole», selon l’ancienne édile. A la différence que les visiteurs peuvent soutenir le site – totalement financé par le couple – en demandant la nationalité de la république libre de Gressyland.

Une ode à la culture

Pour cette inauguration hors normes, il fallait un artiste du même calibre. Avec un personnage tel que Kéké, il était tout trouvé. Dans son exposition «Lanceur d’alertes artistiques», le peintre présente ses œuvres qui, parfois, débordent du tableau pour devenir une composition à part entière. Avec ses portraits contrastés et agrémentés d’un brin d’humour et de révolte au moyen de mots judicieusement choisis, l’artiste témoigne de sa volonté de créer une société plus égalitaire et de sa passion pour la culture. «Je baigne dedans depuis que je suis tout petit et c’est le seul truc qui m’a permis de m’épanouir», confie-t-il. La culture et son lot de créations, c’est le dernier rempart avant la connerie.» Avant d’adresser un message au syndic d’Yverdon-les-Bains, Jean-Daniel Carrard: «J’incite tous les gens du métier de l’architecture à intégrer au niveau de l’urbanisme de l’art comme les œuvres de Telmo Guerra qui réalise des gravures au marteau piqueur sur les façades en béton. Car cela rend les bâtiments tellement plus poétiques!»

Malgré les années passées à crier haut et fort ses opinions, les combats menés pour lancer Les Citrons Masqués à Yverdon-les-Bains et la sueur versée pour transformer le Moulin de Gressy en cocon, le poète militant n’a pas perdu son grand cœur. «Nat, je te dédie Gressyland comme gage d’amour, même s’il est quelquefois tumultueux.»

www.gressyland.ch

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07 mai 2018

Un centenaire légendaire à la Vallée

La célébration de l’anniversaire du FC Vallée de Joux s’est révélé être un grand moment, notamment grâce au match de gala sur sable, à la patinoire du Sentier, contre les légendes de l’équipe de Suisse.

Mélanger le présent au passé, pour se rappeler aux bons souvenirs de l’époque, tout en appréciant ce qu’est devenu le club: voilà ce que Bill Muirhead avait minutieusement mijoté pour le 100e de son FC Vallée de Joux. L’opposition entre la «une» actuelle et l’équipe de Suisse des légendes en était d’ailleurs la concrétisation parfaite, et le tout n’aurait sûrement pas pu mieux se dérouler. Organisée en guise de mise en bouche avant le repas de gala du samedi soir, la rencontre a tenu toutes ses promesses, voire plus. «Le score importait peu de toute façon, mais on espérait juste que cela ne tourne pas au ridicule pour nous», lâchait Bill Muirhead, un président qui avait le sourire quelques instants avant le début du repas.

Les légendes tombent

Les anciennes gloires de la Suisse et les actuelles du FC Vallée de Joux ont posé ensemble sur le sable du Sentier. © Stanley Schmid

Les anciennes gloires de la Suisse et les actuelles du FC Vallée de Joux ont posé ensemble sur le sable du Sentier. © Stanley Schmid

Il avait de quoi, puisque les Combiers ont été loin d’être ridicules, eux qui se sont même imposés aux tirs au but, après un 5-5 dans le temps réglementaire. Le fait de jouer ce match dans un format de beach soccer a certainement équilibré les débats, vu les quelques difficultés rencontrées pour s’habituer à la surface en début de match. «Ça fatigue énormément tout d’abord, soufflait Stéphane Grichting, l’homme aux 45 sélections, qui était d’ailleurs la légende la plus jeune sur le terrain (39 ans). On avait très peu de repères, mais ça a sûrement offert plus de spectacle, et c’est tant mieux!»

A l’image de l’ex-défenseur central de l’AJ Auxerre, les Rama, Ohrel, Egli et consorts ont plus que joué le jeu, et ont même dû s’arracher pour égaliser et offrir une séance de tirs au but aux plus de 300 spectateurs présents à la patinoire du Sentier. «C’était génial, souriait Fabio Marques, gardien des Combiers qui a fait le show à de nombreuses reprises. Ça fait bizarre de stopper les tirs de tels joueurs, évidemment, mais il faudrait refaire ça plus souvent!»

Les réussites qu’ont été le tournoi populaire et la grande soirée de samedi – avec plus de 550 personnes dans une salle splendide –, auront en tout cas donné envie au club de fêter 100 ans plus souvent!

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07 mai 2018

Le Moulin se repense et panse ses plaies

Marqué par l’incendie du 1er février dernier, Philippe Gonin a remis la présidence du conseil d’administration à Jean-Daniel Cruchet.

Le ciel lui est tombé sur la tête le 1er février dernier. Ce jour-là, Philippe Gonin a vu le Moulin d’Yverdon-les-Bains être emporté par les flammes. «Cet incendie a totalement détruit notre outil de production. Dix-huit ans d’une grande et belle histoire réduits en poussière en quatre heures seulement», a-t-il rappelé lors de l’assemblée générale du Moulin, jeudi dernier.

Un épisode qui a fortement ébranlé cet homme qui s’est investi corps et âme pour son travail, assumant conjointement la direction de la société et la présidence du conseil d’administration (CA). «Etait-ce écrit ou pas, mais l’année de mes vingt ans de présidence, il y a eu ce coup du sort terrible. Si violent qu’il m’a touché intérieurement, a-t-il déclaré. Aujourd’hui, je sens que je ne suis plus l’homme de la situation.» La voix étranglée par l’émotion, Philippe Gonin a alors annoncé qu’il quittait le CA, non sans avoir été chaleureusement remercié et applaudi par l’assemblée.

C’est désormais Jean-Daniel Cruchet, membre du CA depuis 1998, qui assumera la présidence. «A la suite de l’incendie du 1er février dernier, la charge de travail, comprenant le maintien de la production, les relations avec la clientèle, le suivi des dossiers liés au sinistre ou encore les études à mener pour la reconstruction d’un outil de production, ne peut plus reposer sur une seule paire d’épaules, fussent-elles celles de Philippe», a déclaré le nouveau président, élu jeudi. Aussi le CA a-t-il décidé de séparer le volet administratif et la gestion du Moulin, qui reste aux mains de Philippe Gonin en sa qualité de directeur.

«Tu vas pouvoir rassurer nos clients et leur montrer que le Moulin d’Yverdon-les-Bains est encore là», a assuré le vice-président du conseil d’administration, Stéphane Baudat, à Philippe Gonin, qui va désormais se concentrer sur la gestion opérationnelle de la société.

Et la coopérative ne vacille pas, malgré les coups du sort. Délocalisée à Echallens, elle va de l’avant: «Aujourd’hui, on a la fierté de continuer à produire de la farine au nom du Moulin d’Yverdon-les-Bains, a souligné Jean-Daniel Cruchet. On n’a pas perdu de client et c’est grâce à Philippe Gonin.» Avant le sinistre, les installations avaient d’ailleurs bouclé l’année 2017 sur un record de production avec 2200 tonnes de blé broyé (lire encadré). Tous les regards se tournent désormais vers l’avenir. «Le travail ne va pas manquer ces prochains mois», a auguré le nouveau président.

Plusieurs pistes pour l’avenir

«Malgré le fait que nous n’avons momentanément plus d’outil de production, nous devons absolument garder un moulin artisanal, qu’il soit à Yverdon, à Echallens, à Orbe ou à Chavornay, peu importe, a souligné Philippe Gonin, directeur du Moulin, jeudi soir. Il est impératif de garder ce marché conquis et en aucun cas de le lâcher à la concurrence industrielle ou étrangère.» Pour l’heure, le Moulin a redéployé ses activités de production sur le site meunier d’Echallens, qui a accueilli le personnel yverdonnois à bras ouverts. Pour l’avenir, plusieurs options sont possibles.

La reconstruction des installations dans la Cité thermale, sur son site historique ou ailleurs, fait clairement partie des pistes. La perspective d’un retour de l’activité à la rue Cordey semble toutefois compromise, le conseil d’administration ayant obtenu un avis de droit plutôt pessimiste quant à l’issue d’une procédure de demande de permis de construire. La recherche d’un autre site a été lancée. Reste la possibilité d’une dissolution ou d’une fusion de la société: «Cette option n’entre pas en ligne de compte pour l’instant», a insisté Jean-Daniel Cruchet.

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04 mai 2018

A la vitesse de l’éclair

Nehemie Lusuena a failli arrêter le foot il y a quelques années. L’Yverdonnois est désormais devenu l’exemple à suivre pour les jeunes du cru.

Le public yverdonnois a fortement apprécié le retour au jeu de son protégé Nehemie Lusuena, samedi dernier. Le milieu de terrain de tout juste 20 ans est entré en deuxième mi-temps, après cinq rencontres suivies depuis les tribunes, alors qu’il s’était blessé le 17 mars contre Breitenrain. Un coup d’arrêt qui lui a fait manquer cinq matches du second tour.

«C’est la première fois que je me retrouve écarté des terrains aussi longtemps, souligne celui qui a été victime d’une déchirure. Ce n’était pas évident d’être privé de ballon, mais j’ai vite retrouvé du plaisir une fois que j’ai pu le toucher. Cela fait deux semaines que je peux m’entraîner normalement. Toutefois, le coach a voulu me préserver une semaine supplémentaire pour ne pas brusquer mon retour.»

Titulaire depuis le début de la saison dans l’entrejeu, le jeune Yverdonnois au talent évident revient pourtant de loin. Celui qui a été formé au sein de la maison et via Team Vaud (YS et Lausanne) a bien failli tout arrêter lorsque, dans une mauvaise période de son adolescence, il a été mis à la porte de la structure. «Arnaud Vialatte (ndlr: alors en charge du recrutement pour la deuxième garniture d’YS) est alors venu me chercher pour que je reprenne avec la deux, qui jouait en 4e ligue, et un peu les juniors A. On a fêté la montée en 3e ligue et, moi, j’ai directement été intégré dans le contingent de la première équipe la saison suivante (ndlr: 2016-2017), raconte Nehemie Lusuena. Quand j’y repense, c’est impressionnant de me retrouver ainsi en Promotion League. Je n’imaginais pas que je pourrais jouer si haut, et surtout pas aussi vite.»

Une progression et une adaptation éclairs qui portent aussi la patte d’Anthony Braizat, comme le souligne le joueur lui-même: «C’est le résultat du travail et de la patience, mais aussi du temps de jeu obtenu. L’entraîneur m’a sans cesse poussé, il est beaucoup derrière ses hommes, essaie de les faire progresser. Et, inévitablement, plus on joue, plus on gagne en sérénité.»

Une ouverture

Nehemie Lusuena, qui a inscrit son premier but avec la «une» début mars contre United Zurich, a désormais une place à reconquérir au cœur du jeu d’YS. La suspension de Florian Gudit, demain pour le match contre Cham, lui offre une ouverture. «Je suis prêt et déterminé à reprendre mon poste, lance le jeune homme. Je peux jouer autant avec Florian que Djamal (ndlr: Bindi), mais l’équipe passe avant tout, et ce sont les éléments les plus en forme qui doivent être alignés.» A lui de retrouver le rythme au plus vite pour la fin du tour.

 

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04 mai 2018

Ces poubelles qui finissent en France

Nord vaudois – Les Suisses sont de plus en plus nombreux à se débarrasser de leurs ordures de l’autre côté de la frontière. Les autorités ouvrent l’œil et organisent la traque aux dépôts sauvages.

Il déménageait, avait treize sacs-poubelle noirs de 110 litres sur les bras et a trouvé malin de s’en débarrasser en les abandonnant sur le territoire des Fourgs, en France voisine. Mais ce Nord-Vaudois n’avait pas pensé à tout puisqu’il avait laissé plusieurs indices permettant de remonter jusqu’à lui au milieu de ses détritus. La Commune des Fourgs, qui a ouvert les sacs, a donc pu l’identifier. Mais encore fallait-il réussir à mettre la main sur lui, à la suite de son déménagement.

Après des investigations des deux côtés de la frontière, le pollueur a finalement pu être auditionné. L’affaire est sur le point de trouver son dénouement. «Ce monsieur s’est excusé et on se dirige vers une solution à l’amiable pour qu’il nous dédommage pour les dépenses et les heures de travail effectuées pour évacuer les déchets, explique Claudine Bulle Lescoffit, maire des Fourgs. Il pourrait ainsi éviter des poursuites pénales.»

Ce cas est révélateur des problèmes de plus en plus récurrents qui se posent en France voisine. Depuis l’introduction de la taxe au sac ou au poids dans le canton de Vaud, certains Suisses ont pris la fâcheuse habitude d’aller se débarrasser de leurs poubelles de l’autre côté de la frontière. Aux Fourgs, les dépôts sauvages sont fréquents. «Ce sont souvent des plaques suisses», déplore le maire, qui a récemment confié son désarroi à Franklin Thévenaz, syndic de la commune voisine de Sainte-Croix, dans le cadre de leurs échanges réguliers. «C’est triste qu’on soit obligés de parler de ça, se désole Claudine Bulle Lescoffit. C’est n’est jamais agréable d’avoir des relations interfrontalières pour des sujets comme ça.»

Son homologue suisse prend l’affaire très au sérieux, bien que les pollueurs ne soient pas forcément des Sainte-Crix. «C’est un problème et il commence à prendre de l’ampleur, réagit Franklin Thévenaz. Les gens vont faire leurs courses à Pontarlier (F) et ils jettent leurs poubelles dans la forêt au passage. Puis, au retour, ils se débarrassent de leurs emballages. Ce ne sont pas des comportements acceptables, on est en société et il y a des règles à respecter!» L’édile a déjà pris langue avec le préfet et la police et entend prochainement rencontrer les douaniers.

«On ne peut pas laisser les choses se passer ainsi!»

A la frontière française, justement, on ouvre l’œil. «Lors des contrôles de véhicules suisses, il est fréquent que les douaniers tombent sur des sacs-poubelle», indique Josyane Duchet, cheffe du Pôle action économique à la Direction régionale des douanes de Franche-Comté. Ceux qui sont pincés avec leurs détritus risquent des amendes d’un minimum de 150 euros. «Il y a eu 140 constatations en 2017 par les services de Franche-Comté. Environ dix tonnes de marchandises classées en déchets ont été interceptées», poursuit Josyane Duchet, qui précise qu’il ne s’agit pas uniquement d’ordures ménagères. Et d’ajouter: «Ce phénomène, qui ne concerne pas uniquement la Franche-Comté mais toutes les communes frontalières, est en pleine expansion depuis la création de l’écotaxe sur les déchets ménagers en Suisse.»

Aux Fourgs, on évacue régulièrement des détritus abandonnés de part et d’autre du territoire communal, tout ça aux frais de la collectivité. Mobilier d’intérieur ou de jardin, pots de peinture, sacs-poubelle: tout y passe. Mais seuls les dépôts conséquents, et qui présentent suffisamment d’indices pour tenter d’identifier l’auteur, font l’objet d’une dénonciation pénale. En dix-huit mois, la Commune a ainsi déposé trois plaintes. «Ça demande énormément de temps, d’investissement et d’énergie, note le maire. Mais il faut montrer aux gens qu’on ne peut pas laisser les choses se passer ainsi sans réaction!»


Forêts suisses également souillées

Il n’y a pas que les communes françaises frontalières qui fassent les frais des dépôts sauvages. Les pollueurs se lâchent aussi de ce côté-ci de la frontière. A Sainte-Croix, le garde forestier Benoit Margot découvre régulièrement des ordures dans la forêt ou au bord des chemins. «C’est toujours un peu aux mêmes endroits, commente-t-il. Là où les voitures peuvent s’arrêter.» Comme aux Fourgs, il peut s’agir de déchets imposants – bidons de peinture, batteries, frigos – ou de poubelles. «Ce sont souvent des sacs noirs. Le comble de la stupidité, c’est de balancer un sac taxé. Ça arrive aussi, même si c’est rare!» Si l’auteur peut être identifié, il est dénoncé à la préfecture. En cas de condamnation, les amendes peuvent aller de 500 à 5000 francs.

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04 mai 2018

L’Agenda 21 cherche des idées nouvelles

Yverdon-les-Bains – Après le Service de la culture de la Ville, c’est au tour du programme du développement durable de redéfinir ses objectifs. Et c’est auprès des citoyens que la Municipalité compte trouver des projets.

Il n’y a certainement qu’un comédien improvisateur comme Bertrand Tappy, de la Compagnie du Cachot, pour crier haut et fort que la boutique de lingerie yverdonnoise Marilou contribue à préserver la nature en faisant des économies de tissu! Et c’est peut-être le seul à avoir réussi à transformer la municipale de la culture Carmen Tanner en requin, à lui faire imiter le cri du pigeon et à l’inciter à sautiller sur un pied à la rue du Four. Le but de Bertrand Tappy n’était pas de tourner l’édile en ridicule, mais de parler de développement durable tout en présentant le nouveau projet de l’Agenda 21 (lire encadré gris). En effet, la Municipalité a présenté hier sa nouvelle démarche participative baptisée «Votre ville, vos idées pour un développement durable à Yverdon-les-Bains». Celle-ci invite donc les habitants à émettre leurs voeux et à souligner les points faibles du programme actuel de l’Agenda 21.

Au nom du développement durable, le guide d’un jour a demandé au public d’économiser une semelle en marchant sur un pied au centre-ville. © Michel Duperrex

Au nom du développement durable, le guide d’un jour a demandé au public d’économiser une semelle en marchant sur un pied au centre-ville. © Michel Duperrex

«Cela fait plus de quinze ans que l’Agenda 21 existe à Yverdon-les-Bains et peut-être qu’il a eu le temps de s’essouffler. Il fallait le relancer, précise Carmen Tanner. On a vu une opportunité en 2016, lorsque la Confédération, qui s’est dotée de 17 nouveaux objectifs à réaliser avant 2030 (ndlr: d’où l’appellation Agenda 2030), a souhaité développer cet agenda dans les cantons et les communes.» La Cité thermale a donc proposé son projet participatif visant à définir un programme en lien avec ces 17 objectifs.

«Nous sommes l’une des premières communes du pays à lancer la révision de notre Agenda 21, poursuit-elle. Nous bénéficions d’un programme d’encouragement de l’Office fédéral du développement territorial, car nous faisons partie des 18 projets sélectionnés par l’Etat sur environ soixante dossiers soumis.» Cette aide se traduit par une subvention de 20 000 francs. Un soutien non négligeable, car le projet yverdonnois est estimé à 60 000 francs.

Aller au plus proche des gens

Bertrand Tappy, comédien, a organisé une visite guidée de l’exposition des photos de Dario Lanfranconi mise en place par l’Agenda 21.

Bertrand Tappy, comédien, a organisé une visite guidée de l’exposition des photos de Dario Lanfranconi mise en place par l’Agenda 21. © Michel Duperrex

Pour connaître les envies de la population, la Ville a décidé d’aller à sa rencontre. «On ne demande pas aux Yverdonnois de faire comme en mai 68, mais on invite les gens à penser à une autre société, indique Carmen Tanner. Et pour faire émerger des questions et des propositions, on a voulu aller au plus proche des gens.» L’Agenda 21 a donc monté une exposition de photos représentant les 17 objectifs dans 17 commerces du centre-ville. «Cette campagne permet de vulgariser le terme développement durable, qui  englobe beaucoup de choses, comme les ressources naturelles, l’agriculture, les inégalités, l’économie locale, etc.», renchérit Silla Mona, déléguée à l’Agenda 21.

Un changement de nom?

En présentant ses nouveaux objectifs avec l’Agenda 2030, peut-on imaginer que l’Agenda 21 en profite pour changer de nom? «C’est une question que l’on s’est posée et qui est encore ouverte, précise Silla Mona. Mais je ne pense pas qu’on changera pour le nom Agenda 2030, car ce n’est pas une dénomination très claire dans l’esprit de la population. Surtout, on ne veut pas attendre 2030 pour agir. On doit le faire dès aujourd’hui.»

Les résultats de cette démarche participative seront présentés le 15 septembre, lors du festival AlternatYv. A cette occasion, des portraits vidéos de plusieurs «héros ordinaires»,  des Yverdonnois actifs dans le développement durable, seront présentés au public.

L’exposition dans 17 vitrines du centre-ville est à découvrir jusqu’au 5 juin. Les 5 et 12 juin, deux ateliers seront aussi proposés pour discuter des bonnes pratiques et imaginer des actions concrètes.


Objectifs du XXIe siècle

L’Agenda 21 d’Yverdon-les-Bains est né en 2001, à la suite de la Conférence internationale sur l’environnement et le développement de Rio de 1992. A l’issue de cette réunion, la déclaration Agenda 21, énonçant 27 principes, un programme d’actions et quelque 2500 recommandations, a été signée entre différents pays, dont la Suisse, pour fixer les objectifs du XXIe siècle. La Cité thermale a décidé de transposer localement les directives supranationales.


Evaluation interne

La Municipalité n’a pas attendu l’avis des citoyens pour faire une première évaluation à l’interne, de ses services. Selon Carmen Tanner, municipale, la Cité thermale se démarque tant au niveau de l’énergie que du dynamisme économique. D’ailleurs, depuis 2009, plus de 150 projets ont été soutenus financièrement par les deux fonds d’investissement de la Commune, ce qui représente environ quatre millions de francs de subventions.

Mais ce premier bilan a aussi révélé des faiblesses: «Il y a notamment un grand potentiel au niveau de la mobilité douce, du commerce local et la promotion du sport, atteste Silli Mona, déléguée à l’Agenda 21. Il y a également un effort à faire sur la consommation énergétique des bâtiments et la renaturation des cours d’eau.»

 

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