Les News de Nord Vaudois - novembre 2015

En collaboration avec le journal La Région.

25 avr 2018

«Les yodleurs vont envahir la ville»

La Fête romande des yodleurs aura lieu du 29 juin au 1er juillet. Le club Edelweiss de Sainte-Croix se prépare activement pour ce rendez-vous et évoque l’ampleur de ces manifestations monstres.

«C’est une fierté et un challenge! Mais l’inconnue, ce sera de savoir comment la population va réagir», confie Yvan Pahud, soliste au sein du club des yodleurs Edelweiss de Sainte-Croix. Sur le Balcon du Jura, les 24 chanteurs de la formation se préparent activement pour la Fête romande des yodleurs qui se tiendra du 29 juin au 1er juillet. Et, cette année, la manifestation aura une coloration particulière puisque celle-ci se déroulera à quelques encablures de chez eux, dans la Cité thermale.

«Je pense que les Yverdonnois vont être surpris. Les gens ne savent pas qu’il y a des clubs de yodleurs dans la région, les Suisses romands ne sont pas au courant de tout ça, confie Nicolas Mossu, qui dirige le chœur. Mais je pense que c’est nous qui sommes un peu spéciaux car ce n’est pas dans les mœurs par ici», poursuit-il en souriant.

Si la Suisse compte environ 800 clubs de yodleurs, une quarantaine seulement se trouve de ce côté-ci de la Sarine. Autant dire que les Romands sont moins habitués que leurs voisins suisses alémaniques à ces grands-messes musicales au cours desquelles les chanteurs prennent d’assaut une ville pour quelques jours. «Les yodleurs vont envahir Yverdon-les-Bains», assure Nicolas Mossu. Avec 40 ans de musique au compteur, les fêtes de yodleurs – qu’elles soient romandes ou fédérales – il connaît. «Après les concours, on chante dans tous les coins, toute la nuit», raconte-t-il.

La particularité de ce genre musical tient au fait que lorsque les chanteurs ne sont pas en répétition, ils n’ont besoin ni d’un directeur, ni de partitions. Ce qui favorise les regroupements spontanés de plusieurs clubs: «Bien souvent, on connaît les mêmes chants et on les interprète en chœur», souligne le directeur de l’Edelweiss.

Il n’est pas impossible que les habitants croisent des chanteurs éparpillés dans toute la ville, cet été, jusque dans les parcs publics. Lorsqu’il se rend à une fête, Nicolas Mossu raconte qu’il a renoncé à réserver un hôtel: «Ça ne vaut pas la peine de payer une chambre pour y dormir une ou deux heures», relève-t-il. Si bien que lorsque ses cordes vocales viennent à fatiguer et ses jambes à flancher, il récupère son sac de couchage et son petit matelas et trouve un endroit où s’installer. «Quand il fait beau, c’est dans un parc!» Comme lui, les yodleurs sont nombreux à piquer un petit roupillon un peu partout dans les villes hôtes.

Et qui sait, la fête romande d’Yverdon-les-Bains suscitera peut-être des vocations. «Ceux qui nous rejoignent sont bien souvent des gens qui nous écoutent», note Nicolas Mossu. Mais au fait, que faut-il pour yodler? «Il y a cette fameuse technique que l’on appelle le coup de glotte. Il faut passer de sa voix de gorge à sa voix de tête. C’est quelque chose que l’on a ou pas: il faut essayer!»

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25 avr 2018

«Mus» va enfin retrouver l’élite

La promotion de Xamax en Super League est actée. Mustafa Sejmenovic, qui avait fait quelques apparitions au plus haut niveau avec YS en 2005-2006, évoque la saison parfaite des Neuchâtelois.

Il lui aura fallu attendre 12 ans pour retrouver le plus haut niveau national. Mustafa Sejmenovic, alors jeune élément d’Yverdon Sport, avait disputé sa première saison de ce qui était autrefois la LNA lors de l’exercice 2005-2006. Cet été, celui qui est depuis plusieurs années un pilier de la défense de Neuchâtel Xamax, à 32 ans au compteur et avec une carrière de plus de 300 matches en Challenge League, retrouvera enfin l’élite qu’il mérite tant.

«A l’époque, j’étais tout jeune, se souvient l’Yverdonnois. La promotion avait été complètement différente, puisqu’avec YS, on avait dû attendre le dernier match pour connaître notre sort. Avec Xamax, cela fait déjà quelque temps que l’on est quasi certains d’être promus. Quoiqu’il en soit, je conserve de super souvenirs de ces moments avec mon club formateur.»

Constance

Les Xamaxiens, qui ont fait match nul 0-0 à Servette lundi, ont fêté la montée dimanche déjà, après la défaite de Schaffhouse contre Rapperswil. A six rondes de la fin du championnat, les «rouge et noir» comptent 21 points d’avance sur leurs dauphins. Un monde. «On a fait un truc incroyable, avec seulement deux défaites enregistrées en trente matches, reconnaît Mustafa Sejmenovic, qui possède encore une année de contrat avec Xamax. A présent, on veut bien terminer, gagner encore, se comporter en vrais champions.»

Déjà largement en tête à la pause hivernale, les footballeurs de la Maladière n’ont jamais connu de baisse de régime. Une constance qui a fait la différence. «A vrai dire, on n’a jamais connu deux résultats négatifs de suite, on n’est jamais passés à côté de deux rencontres consécutives, relève le défenseur central. Par conséquent, on n’a pas eu le temps de douter, même lorsqu’on s’est retrouvés face à des adversaires difficiles à jouer, ou quand il y avait pas mal de pression. Toujours rester dans une série positive nous a permis de réaliser cette super saison.»

Stabilité

Après avoir terminé 2es du championnat les deux années précédentes, les Neuchâtelois ont su attendre leur heure, misant sur la stabilité. L’effectif n’a subi que quelques retouches, alors que le noyau dur est demeuré intact. «Monter n’est vraiment pas évident: il n’y a qu’une seule formation qui y a parvient chaque année. Cette fois, les choses se sont déroulées dans la continuité et la promotion est presque naturelle», constate «Mus». Et le joueur habile des deux pieds de reprendre: «L’ambiance est excellente au sein du vestiaire. On a appris à souffir ensemble. La preuve: cette saison, on a souvent fait la différence en toute fin de match.» Ses coéquipiers et le Nord-Vaudois ont à présent un mois et cinq rencontres pour savourer, avant de commencer à préparer la saison prochaine. Celle du grand retour.

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24 avr 2018

Septante ans d’amour et de patience

Nord Vaudois – Antoinette et François Meystre ont fêté leurs noces de platine, samedi, en présence de leur famille et de leurs amis. L’occasion de se souvenir de quelques anecdotes.

«Regardez comme elle est belle ma femme sur cette image», souligne François Meystre, 96 ans, en feuilletant un album photo datant de 1968. «Et tu as vu comme tu avais de beaux cheveux foncés et ondulés», lance à son tour son épouse Antoinette, âgée de 92 ans. Ce couple yverdonnois a passé le week-end à évoquer des souvenirs et à parler du bon vieux temps entouré de sa famille et de ses amis. Et il en avait des choses à raconter, puisque cela fait septante ans que les deux amoureux se sont passé la bague au doigt.

Le destin les a réunis

Pourtant, il s’en est fallu de peu pour que les deux tourtereaux  n’échangent pas leur premier baiser. A l’époque de leur rencontre, François habitait Ogens et effectuait un apprentissage d’agent d’affaires à Moudon. Quant à madame, elle vivait à Saint-Cierges et se rendait en bicyclette à l’école à Thierrens. Les fêtes de village les avaient réunis une première fois, mais ils s’étaient séparés lorsqu’Antoinette était partie en Suisse alémanique. «On s’était perdus de vue, mais on s’est retrouvés dans le train lorsqu’elle rentrait de voyage (ndlr: elle avait dû revenir peu après son départ à cause d’un problème familial)», se souvient François Meystre. Et depuis, leur amour n’a fait que grandir jusqu’au jour où il lui a demandé sa main. «A cette époque, on ne faisait plus les demandes en mariage avec un genou à terre, explique Antoinette Meystre. Mais je me rappelle que mon père lui avait fait des recommandations bien précises…»

Les fiancés ont toutefois décidé d’attendre plus de quatre ans avant de se dire «oui» devant l’officier d’Etat civil. «Au départ, je ne voulais pas me marier parce que je voulais d’abord avoir quelque chose de sérieux, mon brevet», relève François Meystre, qui a eu une carrière de plus de 36 ans dans le Nord vaudois.

Leur décision signifiait aussi plus de quatre ans d’attente avant de pouvoir dormir ensemble. «Je me souviens qu’avant de se marier, on nous faisait lire le livre Le Chemin sur la hauteur (ndlr: il est aussi appelé le guide de la carrière féminine, écrit par Jean Hoppeler et publié en 1940)», évoque la retraitée.

Finalement, leur tendresse les a conduits à l’Hôtel de Ville.

Mais faute de moyens financiers, les jeunes mariés n’ont pas pu partir en voyage de noces. «Mon oncle nous a prêté son chalet au-dessus de Montreux durant une semaine. C’était bien, mais on s’ennuyait», confie l’Yverdonnoise. Le charmant duo s’est bien rattrapé par la suite, puisqu’il est souvent parti à l’aventure avec son club des marcheurs.

De la gentillesse à revendre

Antoinette et François Meystre ont célébré l’anniversaire de leur union samedi à La Petite Auberge à Bioley-Magnoux, entourés d’une trentaine de proches. © Michel Duperrex

Antoinette et François Meystre ont célébré l’anniversaire de leur union samedi à La Petite Auberge à Bioley-Magnoux, entourés d’une trentaine de proches. © Michel Duperrex

Aujourd’hui, le couple est resté très dynamique et a su cultiver son amour au fil des années. Les retraités partagent leur joie de vivre avec leurs deux fils – l’un est avocat à Genolier, l’autre, Alexandre Meystre, était vétérinaire aux Ducats à Orbe jusqu’au mois de janvier dernier –, avec quatre petits-enfants et deux arrière-petits-enfants. Quelle est la recette de leur bonheur? «Il faut avoir de la patience et savoir faire des compromis même si on n’a pas toujours le même point de vue», estime Antoinette Meystre. Les amoureux s’accordent toutefois à reconnaître leur chance de vivre un tel amour depuis toutes ces années et d’être en forme pour profiter pleinement de leur retraite. C’est pourquoi ils n’ont pas souhaité recevoir de cadeaux pour leurs noces de platine et ont préféré faire une cagnotte pour l’Association romande des familles d’enfants atteints d’un cancer.

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24 avr 2018

Vents contraires sur les éoliennes

Un citoyen a fondé un comité de résistance active contre le projet BavoisEole et inonde les boîtes aux lettres de tracts. Il accuse la Municipalité de ne pas dire toute la vérité sur ses intentions et celles des promoteurs.

Bavois n’échappe pas au mouvement d’opposition qui souffle sur les éoliennes. Alors que le village pourrait accueillir entre trois et cinq machines dans le cadre du projet BavoisEole S.A. (lire encadré), un citoyen a décidé de monter au front à grand renfort de tous-ménages. Et Gaëtan Mayor Oprescu n’y va pas avec le dos de la cuillère: emplacement supposé des éoliennes, impact sur la santé des habitants et sur l’environnement, potentielle dépréciation des valeurs immobilières, tout est passé en revue.

Pour asseoir son opposition, Gaëtan Mayor Oprescu a fondé le Crabe, acronyme de Comité de résistance active contre Bavois Eole. «Ce que je n’aime pas, c’est qu’on nous mente! Les autorités ne disent volontairement pas ce qu’elles savent!», lance-t-il. Selon lui, «les emplacements envisagés pour les éoliennes sont connus depuis belle lurette». Il se fonde sur le fait que les promoteurs du projet ont signé des conventions avec une vingtaine de propriétaires privés. Ce à quoi Thierry Salzmann, syndic de Bavois et membre du comité d’administration de BavoisEole S.A., répond qu’il n’y a en réalité aucune certitude sur les positions des machines, ni d’ailleurs sur leur nombre. Si des accords ont été paraphés, «c’est pour couvrir l’ensemble de la zone potentielle d’implantation. Les propriétaires concernés n’ont aucune assurance qu’ils auront une éolienne sur leur terrain mais si cela devait être le cas, ils sauront comment ils seront traités.»

«Projet émotionnel»

Concernant les impacts sur la santé et sur les valeurs immobilières, Gaëtan Mayor Oprescu et les autorités brandissent chacun des arguments et des études très différents. De même au chapitre des coûts à engager pour la collectivité: «Ce projet est budgeté à 25 ou 30 millions de francs, ce sont les citoyens qui vont devoir mettre la main à la poche», peste le fondateur du Crabe. Thierry Salzmann rétorque que rien n’est encore arrêté concernant la participation de la Commune et surtout que Bavois encaissera dans tous les cas – pour autant que le projet voie le jour – l’équivalent de quatre à sept points d’impôt en qualité de commune territoriale.

Si seul Gaëtan Mayor Oprescu apparaît à visage découvert, il assure être suivi par «une cinquantaine de personnes de Bavois et de la région du Coudray» qui souhaitent rester anonyme. Ce qui suscite quelques doutes chez le syndic, même s’il concède qu’il «n’a pas de preuve» pour affirmer qu’il n’y a pas d’autres contestataires. «S’il y a beaucoup d’antiéoliens, ils ne se sont pas vraiment fait entendre», note-t-il. L’édile ajoute qu’il s’attendait à des réactions un peu vives – «on le savait, c’est un projet émotionnel» – mais il déplore la nature des tracts du Crabe: «Qu’il y ait des gens opposés, je le conçois et je le respecte. Mais quand il y a des contre-vérités, c’est différent.»

 

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24 avr 2018

Djibril Cissé dans l’expectative

Annoncé partant par plusieurs médias électroniques, Djibril Cissé attend en fait une offre du président Mario Di Pietrantonio et de son comité. Il envisage toutes les possibilités, y compris de mettre fin à sa carrière.

«Demandez au président!» Alors que plusieurs médias l’annonçaient hier en partance pour Vicenza, qui évolue en troisième division italienne, Djibril Cissé était tout sauf catégorique: «Je suis sous contrat avec Yverdon Sport jusqu’en fin de saison. A ce stade, je n’ai eu aucune offre pour la suite. Tout reste ouvert, y compris la possibilité de mettre fin à ma carrière.»

C’est dire que rien n’est décidé. Il n’est pas exclu, en fonction de l’évolution de la situation ces prochains jours, que la collaboration avec Djibril Cissé soit poursuivie. Ce n’est un secret pour personne, le Français et sa famille se plaisent en Suisse, même si, à ses débuts, l’attaquant avait été surpris par «le prix de la baguette»!

Que penser alors du départ pour l’Italie annoncé par le site spécialisé sofoot.com? On relèvera simplement qu’il s’agit d’une simple hypothèse. Vicenza Calcio est en faillite et des acquéreurs français s’y intéressent. Evidemment, la venue de Cissé leur donnerait du crédit. Mais de là à convaincre le célèbre joueur de prendre ce risque…

Priorité à l’entraîneur

«La priorité, cette semaine, c’est de renouveler le contrat de l’entraîneur», relève Ludovic Herren, vice-président d’YS, en l’absence du président Mario Di Pietrantonio.

Une fois le contrat signé avec le coach – les négociations n’ont encore pas abouti –, le comité, dans lequel le directeur sportif Serge Duperret exerce une influence certaine, s’attaquera aux contrats des joueurs. Tous, à deux exceptions près, dont celle de l’arrière Adriano De Pierro, sont à renouveler… ou pas.

Et l’incertitude est montée d’un cran hier. Car le refus de délivrer une licence, en première instance, à Chiasso et à Stade Nyonnais (lire ci-contre) fait d’YS un promu en puissance en Challenge League.

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23 avr 2018

La réserve s’offre un balisage à la pointe

Cheyres – L’Association de la Grande Cariçaie a installé une nouvelle signalétique homogène pour mettre en valeur ses huit réserves naturelles.

L’ observateur qui admire la vue panoramique de la Grande Cariçaie aux alentours de Cheyres découvre avec intérêt et curiosité les nouveaux panneaux de l’une des réserves naturelles qui borde sur une quarantaine de kilomètres le lac de Neuchâtel. Cette signalétique des aires protégées – le coût des travaux s’élève à 10 000 francs pour la Grande Cariçaie – a récemment été implanté par l’Office fédéral de l’environnement (OFEV). «On s’est rendu compte que le système de balisage était très hétéroclite en Suisse et que cela pouvait générer de la confusion chez certains promeneurs, indique le biologiste Christophe Le Nédic, qui travaille depuis 27 ans au sein de l’Association de la Grande Cariçaie. Selon lui, près de 500 panneaux, de cinq types différents, seront installés d’ici deux à trois ans sur l’ensemble du territoire d’une surface totale de 3 000 hectares. Facilement reconnaissable grâce à une bordure verte foncée et un logo rouge en forme de croix, ce nouvel outil didactique confère une unité à ces lieux où on se laisse facilement transporté par le chant harmonieux des oiseaux.

Christophe Le Nédic et son équipe disposeront progressivement de quelque 500 panneaux sur tout le territoire de la Grande Cariçaie.

Christophe Le Nédic et son équipe disposeront progressivement de quelque 500 panneaux sur tout le territoire de la Grande Cariçaie. ©Carole Alkabes

En contrebas de la réserve, d’autres panneaux indiquent une plage isolée ou un petit observatoire d’où l’on peut observer une magnifique oie cendrée. «Ces panneaux sont à disposition du public et permettent de découvrir ce milieu naturel tout en respectant certaines règles de comportement afin de ne pas déranger la faune», précise le biologiste. C’est pourquoi, le promeneur veillera à rester sur les chemins balisés, à ne pas cueillir de fleurs et à attacher son chien.


Fauchage des prairies

Des travaux d’entretien sont réalisés chaque année, d’octobre à mars, pour faucher la roselière de la Grande Cariçaie. «Le plan d’eau est peu profond et a tendance à perdre son caractère aquatique», explique Christophe Le Nédic. Cette matière organique est ensuite compostée. Pour lutter contre le phénomène d’embroussaillement, les bosquets sont également décapés durant cette période. Une cure de jouvence nécessaire avant d’accueillir les promeneurs au printemps.

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23 avr 2018

«Durant une demi-seconde, j’ai cru revivre l’épisode de l’an dernier»

Tiffanie Zali et Elfic Fribourg se sont adjugés le titre de Coupe de Suisse, samedi face à Bellinzone (76-66). Une deuxième consécration cette saison pour le club de la Tapa-Sabllia, qui rêve du triplé SBL Cup, Coupe de Suisse et championnat.

Les filles d’Elfic Fribourg ont l’habitude de ne recevoir qu’un seul objectif avant la saison, mais celui-ci est de taille: réaliser le triplé SBL Cup, Coupe de Suisse et championnat. La première partie du contrat a été accomplie en janvier, les Fribourgeoises ayant assez aisément pris la mesure de Troistorrents (77-63). Une victoire qui avait, d’ailleurs, permis à Elfic de réaliser un premier triplé: celui de s’adjuger trois SBL Cup consécutivement.

S’habituer à la pression

Mais cela ne suffit évidemment pas à satisfaire aux exigences du meilleur club féminin actuel en Suisse. «Avant la finale de la Coupe de Suisse face à Bellinzone, j’étais assez tendue. Et je n’avais pas l’air d’être la seule dans ce cas, admettait volontiers la Tapa-Sabllia d’Elfic Tiffanie Zali. Cela faisait longtemps qu’on attendait de remporter à nouveau le trophée. On l’a vu passer juste sous notre nez ces trois dernières saisons. Nos deuxième et troisième défaites en finale ont été particulièrement rageantes, tant on avait tout pour bien faire.»

Alors que le spectre de ces mauvais souvenirs semblait s’éloigner des Vernets après l’excellente entame des filles de Laurent Plassard, celles-ci ont vu les Tessinoises revenir à une longueur (51-50, 29e). «J’ai tout fait pour ne pas y penser, mais l’espace d’une demi-seconde, j’ai cru revivre l’épisode de l’an dernier (ndlr: Hélios s’était imposé 68-63, alors qu’Elfic avait mené plusieurs fois au score). Ce qui a fait la différence pour ne pas connaître à nouveau une telle désillusion? Enormément d’éléments sont entrés en jeu. On possède désormais un peu plus d’expérience lors de ce genre de moments chauds. Et sur ce coup, on a su se montrer plus sereines que nos adversaires pour forcer la décision (ndlr: victoire finale 76-66). Oui, c’est définitivement grâce à notre calme qu’on est allées jusqu’au bout», soulignait la joueuse d’Yvonand, jointe juste après le retour de Genève en bus, alors que les deux clubs fribourgeois s’apprêtaient à fêter leur succès (lire ci-dessous).

Pas la même saveur

Seule ombre au tableau: Tiffanie Zali est restée cantonnée au banc durant la quasi totalité des débats. «Je m’attendais à un peu plus, c’est vrai, reconnaît celle qui n’a totalisé que deux minutes de jeu. Je préfère me focaliser sur la performance de l’équipe, qui a réalisé quelque chose de génial. Mais ce succès n’a pas tout à fait la même saveur pour moi que si j’y avais participé pleinement.»

Encore pas entièrement remise de sa blessure à un genou, la Nord-Vaudoise y voit là une partie de l’explication: «Cela fait tout de même trois semaines que je suis de retour dans le groupe et que je participe à tous les entraînements. Mais c’est vrai que, lorsqu’on effectue des semaines très physiques, comme ça a été le cas récemment, j’éprouve encore des difficultés à tenir le rythme. Je regrette simplement de ne pas avoir eu plus d’explications que cela. Avec les playoffs qui approchent, le coach a peut-être souhaité me préserver.»

La demi-finale du championnat se déroulant contre Bellinzone, à partir de samedi, Tiffanie Zali devrait avoir le droit à sa revanche. Elle la mérite.

 

Doublé fribourgeois

Engagé en finale au même titre qu’Elfic, samedi aux Vernets, Fribourg Olympic a décroché la huitième Coupe de Suisse de son histoire en battant les Lugano Tigers 92-72. Déjà sacrés en Coupe de la Ligue en janvier, les hommes du coach Petar Aleksic sont donc également en route vers un triplé.

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23 avr 2018

Joséphine le squelette en vadrouille

Yverdon-les-Bains –  Une exposition reconstituera un cabinet de curiosités du XVIIIe siècle, jeudi soir au Château. A ce titre, des os humains ont été rapatriés depuis la salle de sciences du collège Léon Michaud.

La balade de Joséphine, mardi dernier à la place Pestalozzi, n’a pas laissé de marbre les badauds qui sirotaient une boisson sur les terrasses baignées de soleil. Il faut dire que la scène avait de quoi surprendre puisque Joséphine, dont il ne reste que les os, était portée à bout de bras par Jean-Louis Vial. Le président des Amis du Centre Pestalozzi l’emmenait à l’Aula Magna en vue d’une conférence et d’une exposition qui ont lieu jeudi soir, organisées par les Conférences du Château et la Bibliothèque publique et scolaire d’Yverdon-les-Bains.

Jean-Louis Vial a emmené précautionneusement Joséphine jusqu’au Château: «Elle a beau être maigre, elle pèse son poids», a-t-il noté.

Jean-Louis Vial a emmené précautionneusement Joséphine jusqu’au Château: «Elle a beau être maigre, elle pèse son poids», a-t-il noté.©Carole Alkabes

Lorsque personne ne vient l’emmener faire un tour, Joséphine repose dans la salle de sciences du collège Léon Michaud. «C’est une femme qui a fait don de son corps à la science», explique Jean-Louis Vial. Et c’est un sujet d’étude qui se raréfie, puisque les squelettes utilisés dans les collèges sont désormais faits de plastique. C’est donc pour son caractère singulier que les Conférences du Château ont choisi de l’exposer à l’issue d’une conférence sur Elie Bertrand, un pasteur et scientifique né à Orbe en 1713 et qui a vécu à Yverdon-les-Bains. Homme des Lumières, Elie Bertrand avait constitué ce qu’on appelait à l’époque un cabinet de curiosités ou chambre des merveilles. «Il s’agissait de collections privées d’objets dans un cadre domestique qui donnaient l’image d’un monde connu ou fantasmé. Ce sont les ancêtres des musées», précise Elisabetta Gabella, présidente des Conférences du Château.

«Regardons-la avec respect»

Joséphine figurera donc en bonne place dans l’ExpoFlash qui vise à reconstituer l’un de ces cabinets de curiosités, jeudi soir. Et sa présence devrait ouvrir un large champ de réflexion sur la question de l’exposition du corps d’une personne défunte. «C’est quelqu’un qui dormait, mangeait, marchait et regardait le soleil», relève Jean-Louis Vial, qui a vécu une rencontre surprenante avec Joséphine mercredi dernier. «Je l’ai prise dans mes bras, c’était un sentiment pour le moins bizarre», relate-t-il. Selon lui, elle mérite une attention toute particulière: «Joséphine est l’ambassadrice d’une époque où on devait enseigner les sciences et le corps humain. Donc regardons-la avec respect.»


Infos pratiques

La conférence «Elie Bertrand, un pasteur tellurique» donnée par Rossella Baldi, chercheuse à l’Université de Neuchâtel, aura lieu jeudi à 20h à l’Aula Magna, suivie de l’ExpoFlash. L’entrée est libre. Une verrée au bortsch polonais – sorte de soupe – est prévue en souvenir des liens d’Elie Bertrand avec la Pologne.

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20 avr 2018

Il rêvait de revêtir l’uniforme de policier

Lausanne – Un gendarme nord-vaudois a été assermenté, mercredi, lors de la cérémonie officielle sur la place du Château, sous les applaudissements des autorités cantonales.


Steve C. a défilé sur la place du Château sous le regard ému de sa famille, qui l’a soutenu tout au long de sa formation. © Carole Alkabes

Un soleil éclatant surplombait la place du Château à Lausanne, mercredi après-midi. Vêtus de leurs plus beaux atours, 25 aspirants issus de l’Académie de police à Savatan ainsi que neuf collaborateurs de la gendarmerie et de la police de sûreté ont été assermentés par les autorités vaudoises. En raison des travaux de rénovation du Château Saint-Maire – il a été inauguré samedi –, la cérémonie s’était déroulée à Morges pendant trois éditions.

Parmi les nouveaux aspirants gendarmes figurait le Nord-Vaudois Steve C. Après avoir suivi un programme complet et exigeant pendant une année sur le site de Lavey, le jeune homme âgé de 26 ans a été affecté dans l’un des postes de gendarmerie du Canton. «Policier, c’était une profession que je voulais exercer depuis longtemps parce que j’ai toujours souhaité m’engager envers les citoyens et l’Etat de Vaud, a confié Steve C. Toutefois, j’ai d’abord pratiqué le métier d’informaticien de gestion dans une multinationale avant de m’inscrire à l’académie.»

Dans la salle de réception où un apéritif était organisé, son père l’a félicité par une accolade remplie d’émotion. «C’est important que ma famille soit présente aujourd’hui (ndlr: mercredi), a révélé le nouvel aspirant. Son soutien a été important tout au long de cette année qui s’est révélée intense sur le plan physique.»

«Critiques exagérées»

Lors de cette cérémonie, le commandant de la Police cantonale vaudoise Jacques Antenen s’est exprimé sur les «critiques exagérées et l’hostilité» dont est victime l’ensemble des forces de l’ordre en ce moment par rapport aux violences policières. «C’est difficile de répliquer alors que des enquêtes pénales sont en cours. Les accusations qui sont portées à toute la corporation sont injustes et insultantes», a-t-il déclaré.

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20 avr 2018

Des toiles aux couleurs de ses émotions

Arnex-sur-Orbe – Laurent Gallay organise une exposition spéciale pour célébrer ses 50 ans de peinture dans son atelier pittoresque.


Avec son poêle à bois et son divan, Laurent Gallay s’est construit un cocon à côté de sa maison. Il passe toutes ses journées dans son atelier et parfois même la nuit entière. Il y organise également des concerts de musique classique. © Michel Duperrex

La seule chose qui sépare Laurent Gallay de sa passion pour la peinture, c’est une simple porte. Installé depuis 1987 à Arnex-sur-Orbe dans une bâtisse qu’il a entièrement rénovée, l’artiste et enseignant d’arts visuels à la retraite y a annexé son atelier, un cocon où il laisse voguer son esprit et son inspiration. «Quand j’étais petit, j’étais hyperactif. Pour me calmer, je devais me concentrer sur quelque chose et c’était soit la peinture soit la gym, raconte le Nord-Vaudois. Aujourd’hui, je navigue toujours entre trois de mes passions: la peinture, la musique et la cuisine.»

Apprendre en copiant

S’il arrive aujourd’hui à dompter sa bougeotte avec un pinceau, il lui est en revanche impossible de contenir sa créativité. Et cela fait 50 ans cette année qu’il l’exprime sans relâche à travers ses toiles aux couleurs vives. Le sol de son atelier est d’ailleurs témoin de sa fougue, puisqu’il est jonché d’éclats de peinture, et son mur central, utilisé comme chevalet géant, est devenu à lui seul une œuvre d’art. «Tant que je ne ressens pas qu’il y a de l’émotion dans mon tableau, je continue à peindre. Parfois, cela prend dix ans», avoue celui qui est un brin perfectionniste.

Aussi loin que Laurent Gallay s’en souvienne, il a toujours été fasciné par l’art: «J’avais une prof géniale à l’école enfantine. Elle me laissait passer la journée à dessiner sur le tableau noir. Ensuite, j’effaçais tout chaque soir et j’étais tout content», confie-t-il.

Fils d’ouvriers, le Rollois d’origine a acquis son coup de crayon en observant des artistes de rue croquer des paysages et des portraits. «Dès que j’avais un moment, j’allais derrière les peintres installés au bord du lac, et je regardais ce qu’ils faisaient et comment ils s’y prenaient, raconte celui qui s’est payé sa première boîte de peinture à l’huile à 11 ans, en vendant des dents-de-lion au marché de Rolle. Ensuite, j’essayais de faire pareil à la maison. Mais comme on était trois dans une petite chambre, mon frère et ma sœur n’appréciaient pas vraiment parce que ça puait la térébenthine!»

Déterminé et persévérant, le jeune peintre a exposé ses premiers tableaux à 16 ans dans son collège avant de pouvoir jouer dans la cour des grands en accrochant ses œuvres à la Galerie Peter’s à Rolle, deux ans plus tard. Depuis ce moment, les choses se sont accélérées pour l’artiste, qui a enchaîné les projets et les expositions dans toute la Suisse et à Haïti, où il a vécu durant deux ans.

Expériences en tous genres

Au fil des années, Laurent Gallay a amélioré son trait d’abord dans un style figuratif avant de glisser peu à peu dans l’abstrait. «Au départ, je travaillais encore avec des formes, puis elles se sont estompées jusqu’à ce que mes toiles deviennent presque monochromes. Là, je me suis dit: ça ne va pas ton truc. Alors j’ai pris un virage pour revenir vers une peinture plus formelle, explique-t-il. L’art abstrait, c’est comme la musique, il faut d’abord connaître la gamme, (ndlr: le style figuratif) pour pouvoir faire de l’improvisation.»

Mais le Nord-Vaudois d’adoption a parfois délaissé ses toiles pour réaliser des fresques murales, comme celle qui orne le collège de Chavornay, des dessins de nus ou encore des décors pour l’opéra. «J’ai même gagné le prix de la meilleure étiquette de vin suisse en 1992 parce qu’un jour, un quidam a trouvé une bouteille avec une étiquette que j’avais dessinée et par hasard, il se trouvait qu’il était membre de la confrérie qui attribue ces prix», révèle-t-il.

Qu’est-ce qu’il retient de ce demi-siècle de peinture? «Que je ne sais toujours pas grand-chose, lance Laurent Gallay en souriant. Plus on ouvre son horizon, plus on se rend compte qu’il y a plein de choses à faire et à apprendre.» Et d’ajouter: «Le risque, avec ce métier, c’est de se complaire dans sa technique, sans chercher à évoluer. Ce que j’ai toujours combattu. Bien sûr, ce serait plus facile, mais ce serait surtout lassant. Moi, j’ai le luxe de pouvoir peindre en pensant à ma passion et pas à vendre.»

La quiétude de la nature en toile de fonds

Pour marquer le coup de ses 50 ans de carrière, Laurent Gallay a préparé une exposition anniversaire avec toute une panoplie de toiles. Grandes ou petites, elles se démarquent par leurs couleurs denses et nuancées entrecoupées de manière linéaire par un dégradé foncé. «On peut dire que ce sont des paysages abstraits», analyse l’Arnésien, bien qu’il n’aime pas catégoriser son travail.

«C’est la nature entière que l’on retrouve là. Quand on se plonge dans ces œuvres, l’imaginaire peut énormément travailler, explique la Chavornaysanne Eliane Desponds, venue visiter l’exposition samedi dernier. Je vois énormément de sensibilité dans les couleurs. C’est vraiment prenant.» Devenue artiste à l’âge de la retraite, elle n’a pourtant pas du tout le même style que Laurent Gallay. «Je peins beaucoup de chevaux et de portraits, mais je n’ai jamais compris l’art abstrait. Ce qui ne m’empêche pas de l’apprécier.»

Exposition à découvrir au Vieux Collège 4 à Arnex-sur-Orbe, jusqu’à samedi, ou sur rendez-vous en appelant le 024 441 47 25.

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