Les News du Nord Vaudois

En collaboration avec le journal La Région.

17 oct 2017

Une graveuse remise au goût du jour

Mathod – Passionné par la musique électronique et les sons en tous genres, le producteur Sylvain Ehinger a acquis un ancien modèle de graveuse de vinyles, fabriqué dans les années 1940 par l’usine sainte-crix Thorens. Rencontre.

L’ancienne graveuse de vinyles a été modernisée pour produire de nouveaux sons. ©Charles Baron

L’ancienne graveuse de vinyles a été modernisée pour produire de nouveaux sons.

Quand on entre dans le studio de l’artiste Xewin, alias Sylvain Ehinger, au coeur du village de Mathod, on est transporté par l’ambiance musicale qui y règne. Des synthétiseurs ici et là, des vinyles noirs et transparents, des micros et des amplificateurs sont disposés dans cette ancienne grange rénovée. Un objet insolite, situé à proximité de l’entrée du bureau du mélomane, retient cependant l’attention du visiteur. «J’ai déniché cette ancienne graveuse de vinyles à 200 mètres de chez moi, révèle le quadragénaire, informaticien à temps partiel et producteur de musique électronique. Charles Perrin, le gérant du commerce Au Gramophile, ne voulait pas s’en séparer. J’ai dû m’y prendre à plusieurs fois pour l’acquérir.»

La réticence de Charles Perrin était compréhensible, car l’ancienne graveuse de vinyle a été fabriquée par l’entreprise Thorens, en 1949, à Sainte-Croix. «Il s’agit d’un des seuls modèles encore existants, explique Sylvain Ehinger. Cette technologie plus que centenaire était essentiellement produite en Allemagne.»

 

Un modèle unique

 

Le musicien reconnaît toutefois que le disque à microsillon est réservé à un marché de niche et suscite l’intérêt de quelques passionnés de musique. «Ce support permet de matérialiser et de revaloriser la musique à une époque où la tendance est au numérique», déclare-t-il. Durant plus de deux ans, Sylvain Ehinger s’est donc attelé à moderniser la graveuse de vinyle. «Je n’ai pas vraiment compté mon temps. Il m’arrivait parfois de me réveiller pendant la nuit pour améliorer la machine.»

Son objectif ? Simplifier le processus de gravure en l’automatisant et en y ajoutant des possibilités alors inexistantes dans les années 1940, comme la gravure stéréo ou le 45 tours à la minute.

 

Collaboration avec le CPNV

 

Même si Sylvain Ehinger n’est jamais à court d’imagination pour créer des sons, il a fait appel au Centre professionnel du Nord vaudois (CPNV). Deux élèves qui suivent des modules complémentaires techniques (MCT) ont, ainsi, participé à l’automatisation de la graveuse, durant quatorze semaines. «Le projet nous a semblé suffisamment pédagogique pour développer une vraie collaboration», estime l’enseignant Tommaso Federici. Les élèves ont développé différentes fonctionnalités, telles que le déplacement du bras, les changements de vitesse ou le placement du diamant sur le vinyle.

A l’occasion de portes ouvertes, Sylvain Ehinger proposera, ce weekend, des ateliers pour graver des disques uniques et personnalisés (lire ci-dessous). «C’est complet, affirme le producteur, mais les curieux pourront venir jeter un coup d’oeil.»

Plus d’informations sur : www.pixelgroove.ch

 

Le vinyle : une oeuvre d’art à part entière

 

L’ancienne graveuse de vinyles a été modernisée pour produire de nouveaux sons. ©Charles Baron

L’ancienne graveuse de vinyles a été modernisée pour produire de nouveaux sons.

Si Sylvain Ehinger produit le son, il peut compter sur l’artiste Malizia Moulin, sérigraphe qui partage sa vie entre Genève et Concise, pour personnaliser les disques et les pochettes avec de la peinture acrylique, de l’aquarelle, de la couture, du collage, de la perforation et du découpage. «Je connais Sylvain depuis plusieurs années (ndlr : son frère était dans la même classe que le musicien), confie la jeune femme, qui compose des objets non identifiés. L’idée de réaliser un support sonore à l’opposé du numérique m’a immédiatement enthousiasmée. Ainsi, j’ai voulu rendre une âme à la musique.» Pour ce faire, Malizia Moulin n’a pas hésité à mélanger les couleurs -elle travaille essentiellement avec la quadrichromie. Hormis le cyan, le magenta, le jaune et le noir, l’artiste a ajouté des touches de fluo, de doré et d’argenté à sa palette. «La couleur c’est la vie, tout comme la musique», conclut la Concisoise.

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17 oct 2017

Le stade d’athlétisme dans l’attente

Yverdon-les-Bains – Le projet de valorisation des Rives du Lac est en route, et le vétuste stade de l’USY en fait partie. Pour le moment, tous les scénarios restent ouvert, d’un déménagement à une rénovation partielle.

La piste du stade de l’USY a besoin d’un lifting à court terme, sans quoi l’organisation de certaines compétitions pourrait être mise en péril. ©Duvoisin-a

La piste du stade de l’USY a besoin d’un lifting à court terme, sans quoi l’organisation de certaines compétitions pourrait être mise en péril.

La piste en tartan gondole après la pluie, il n’y a pas d’eau chaude durant la saison d’hiver et les vestiaires s’avèrent encore plus vétustes que ceux du Stade Municipal, réservés aux footballeurs. Voici, si l’on se penche sur les problèmes uniquement, un résumé de l’état de décrépitude du stade d’athlétisme d’Yverdon-les-Bains.

«Pour ce qui est de la piste, révèle le coprésident de la section athlétisme, Lionel de Montmollin, des bulles se forment régulièrement après les précipitations, rendant la pratique de la course dangereuse. Une rénovation devient vraiment urgente. Soit on remet une couche simple, et les travaux coûteraient environ un demi-million, soit on remet trois couches, pour 1,5 million, et on est bons pour dix ans.» Ce choix devra s’effectuer une fois que la Municipalité aura décidé de comment aménager les Rives du Lac (lire ci-dessous). Ces réflexions durent d’ailleurs depuis environ 2014, selon le président de l’USY centrale, Pascal Gafner. Ce dernier, très pris par son nouveau mandat de président du Conseil communal, lâchera son poste lors de la prochaine assemblée générale, prévue en mars prochain.

 

Infrastructure privée

 

Par ailleurs, le stade reste le dernier, en Suisse, à ne pas appartenir à une collectivité publique. «Comme l’infrastructure appartient à l’USY, poursuit Lionel de Montmollin, toute l’intendance est assurée par des bénévoles et ça commence à peser un peu.» De son côté, la Commune ne serait pas fondamentalement opposée à reprendre le tout sous son aile. Toutefois, le premier pas doit venir de l’USY. «Si il y a un appel à l’aide de la part des propriétaires actuels, nous y prêterons une oreille attentive, a déclaré Jean- Daniel Carrard.

Toutefois, il semble qu’au sein même de l’USY athlétisme, les membres ne soient pas tous en accord concernant l’avenir à donner au stade. Certains chérissent l’indépendance que procure le fait d’être propriétaire des infrastructures, d’autres mettent en avant que les conditions d’entraînement pourraient être meilleure si le site était géré par la Commune. Affaire à suivre, donc.

 

L’avenir du stade dépend d’un projet plus large

 

La ville d’Yverdon-les-Bains a décidé de se doter d’un port de plaisance aux Rives du Lac. Le stade d’athlétisme fait partie intégrante de la réflexion menée par un groupe de travail qui réunit, notamment, le Service des sports, celui de l’urbanisme et des bâtiments, ainsi que celui des travaux. «La synthèse de ces discussions sera présentée à la Municipalité mi-novembre, explique le syndic Jean-Daniel Carrard. Nous devons déterminer si le stade reste au bord du lac, ou s’il sera déplacé aux Isles. Tout reste ouvert pour l’instant. Deux choses sont certaines, ajoute encore l’élu : premièrement nous ne laissons pas ce stade, et d’autre part, les discussions avec l’USY reprendront au début de l’année 2018.» Jusqu’à cette future réunion, la patience reste de mise.

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17 oct 2017

«Toute la motivation à puiser émanera des Jeux olympiques»

Saut à ski – Sacré champion de Suisse pour la deuxième fois consécutive, Killian Peier a terminé la saison d’été sur une bonne note. Idéal avant un hiver à ne pas manquer.

Killian Peier, 22 ans et déjà deux titres nationaux à son actif. ©FIS Ski Jumping

Killian Peier, 22 ans et déjà deux titres nationaux à son actif.

Une année après son premier sacre national dans l’élite, Killian Peier a remis ça, le week-end dernier, sous le soleil radieux d’Einsiedeln, dans le canton de Schwytz. Le Sarrazin du Ski- Club Vallée de Joux, qui a devancé Gregor Deschwanden en distance et en style, a ainsi bouclé sa saison estivale de belle manière. Le point, avant l’hiver olympique, depuis Oberstdorf, où les sauteurs suisses s’entraînent depuis hier.

 

Killian, comment avez-vous vécu ce week-end national ?

Les sauts du concours par équipes, le samedi soir, ont servi de galop d’essai. J’ai pu me jauger. Cela s’est assez bien passé, même si j’ai rencontré quelques difficultés à poser mon télémark. Le lendemain, on s’est élancés dans de superbes conditions : un grand soleil et pas de vent. J’avais bien sûr un peu de pression, avec mon titre à défendre, ce d’autant plus que je me sentais capable de faire quelque chose de bien.

 

Que représente, à vos yeux, le fait de conserver ce titre suisse ?

C’est quelque chose de très positif, et particulièrement parce que je me suis battu tout l’été pour améliorer ma technique. Ce n’est d’ailleurs pas encore parfait, et de loin. Mais ma victoire prouve que je suis sur la bonne voie.

 

La mésaventure de Simon Ammann -de retour d’entraînements à PyeongChang, le Saint-Gallois n’a pas pu récupérer son matériel à temps et n’a pas sauté- vous a-telle été bénéfique ?

Honnêtement, je n’en suis pas certain. Personne ne sait si Simon aurait réussi à poser son télémark, à ces distances (ndlr : Killian Peier s’est posé à 116,5 et 115m, dimanche). Par ailleurs, il est possible qu’en sa présence, la piste d’élan aurait été raccourcie, ce qui m’est théoriquement favorable. C’est, par conséquent, très difficile à dire.

 

Ces Championnats de Suisse marquent la fin de la saison estivale. Comment celle-ci s’est-elle déroulée pour vous, dans son ensemble ?

Tout n’a pas été facile. Je n’ai pas vraiment été capable de sortir les bonds que je souhaitais en concours. Il me reste encore des points à travailler. C’est pourquoi j’aimerais vraiment réussir de bons sauts en début de saison hivernale, afin d’engranger de la confiance.

 

De quoi sera fait votre programme ces prochains jours, alors que la Coupe du monde reprendra à la mi-novembre ?

On reste ici, à Oberstdorf, jusqu’à mercredi, puis on aura quatre jours de pause. On reviendra en Allemagne la semaine prochaine. On devrait alors commencer à s’entraîner sur la trace en glace.

 

L’an dernier, après un été encourageant, toute l’équipe avait manqué son début d’hiver. Que faire pour ne pas connaître pareille mésaventure ?

Avant toute chose, il faut souligner que les résultats du circuit estival ne reflètent pas ce qui se passe en hiver. Dans les faits, on s’est entraînés plus précisément et plus sérieusement. En ce qui concerne les principaux changements, on a travaillé un peu sur le matériel, afin de se rapprocher de la concurrence. De nouveaux skis doivent arriver prochainement et on a essayé d’améliorer nos combinaisons.

 

Avez-vous déjà discuté des objectifs de l’hiver ?

Pas encore. Pour ma part, je vais surtout me concentrer sur ma technique et mon mental. Si ces deux aspects fonctionnent, alors je sais que je peux voler loin et obtenir des résultats au niveau international.

 

Et il y a les Jeux de Pyeong-Chang au programme…

Le gros défi de l’hiver ! Je vais vraiment tout donner pour y être. C’est un rêve d’enfant. Toute la motivation à puiser émanera des Jeux olympiques.

 

Quels seront les minima à atteindre pour pouvoir vous rendre en Corée du Sud ?

Je devrai réaliser soit un top 10, soit deux classements dans les vingt premiers en Coupe du monde. Quant au concours par équipes, la Suisse y participera uniquement si au moins trois athlètes réussissent ces minima. Ce qui pourrait permettre à un quatrième sauteur d’être du voyage.

 

La relève pointe

 

Les jeunes du Ski-Club Vallée de Joux Néo Freiholz (2005, 9e) et Marti Deltell (2004, 14e) ont participé à leurs premiers Championnats de Suisse M16, le weeken dernier à Einsiedeln, réalisant de bonnes performances. Olivier Anken (SC Le Brassus, 13e) a, lui, rechaussé les skis en élite.

Par ailleurs, le quatuor romand -composé notamment des régionaux Killian Peier et Sébastien Cala- a terminé 3e d’un concours par équipes peu relevé. «A noter que Sandro Hauswirth, de Gstaad, a été titré chez les juniors. Ce qui signifie que la structure West a remporté deux titres», se réjouit Sébastien Cala, chef de discipline à Ski-Romand.

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16 oct 2017

Prolait cède son marché de l’«or blanc»

Yverdon-les-Bains – La fédération laitière a annoncé qu’elle souhaitait déléguer la commercialisation du lait industriel, afin de se concentrer sur ses activités fédératives. Explications.

La fédération Prolait, basée à Yverdon-les-Bains, a été créé en 2008 avec pour mission de réunir les producteurs de lait des cantons de Vaud, de Fribourg et de Neuchâtel, afin de tenir tête aux transformateurs. ©C.Md

La fédération Prolait, basée à Yverdon-les-Bains, a été créé en 2008 avec pour mission de réunir les producteurs de lait des cantons de Vaud, de Fribourg et de Neuchâtel, afin de tenir tête aux transformateurs.

Un petit rayon de soleil pourrait bien transpercer le ciel nuageux qui règne au-dessus des agriculteurs de la région. La fédération laitière Prolait , basée à Yverdon-les-Bains, a annoncé, vendredi dernier, son souhait de transmettre les rênes du commerce de lait industriel à la société coopérative Mooh, active dans 17 cantons du nord-est et du nord-ouest de la Suisse. Dès le 1er janvier 2018, il reviendra donc à cette dernière d’acheter cet «or blanc» aux membres de la fédération -pour autant qu’ils acceptent la proposition- et de le revendre aux transformateurs.

Concrètement, les producteurs devront toujours passer par Prolait pour écouler leur lait industriel, mais le prix et la gestion du marché seront coordonnés par Mooh, depuis la Suisse allemande.

«On pourrait croire qu’on arrête la plus grosse partie de notre travail, mais ce n’est pas le cas, précise Marc Benoît, président du conseil d’administration de Prolait. Notre tâche principale consiste à soutenir nos producteurs, que ce soit pour le lait transformé en Gruyère AOP, qui représente 65% de notre volume, mais aussi pour le 45% qui est valorisé dans les centrales laitières. Et c’est ce que nous allons continuer à faire en représentant nos membres auprès de Mooh.»

 

Une réponse à un besoin urgent

 

Cette collaboration avec Mooh fait suite à la demande formulée, en février 2016, par les agriculteurs d’améliorer le prix du lait. En effet, la fédération n’achetait pas «l’or blanc» au prix recommandé par l’interprofession du lait (IP du lait). Et aujourd’hui encore, les tarifs ne correspondent toujours pas : «Prolait propose le tarif le plus bas de Suisse, peste Philippe Gruet, qui exploite, avec son fils, un domaine situé dans le hameau de Sermuz, près d’Yverdon-les-Bains. 35% de notre lait est acheté au prix de 32 centimes, au lieu de 45. Cela ne peut plus durer.»

« Si on obtient deux centimes de plus pour notre lait, on sera contents, mais on ne va pas non plus accueillir la nouvelle avec un grand sourire.» Philippe Gruet, producteur de lait.

« Si on obtient deux centimes de plus pour notre lait, on sera contents, mais on ne va pas non plus accueillir la nouvelle avec un grand sourire.» Philippe Gruet, producteur de lait.

Cette urgence, Prolait en avait conscience. C’est pourquoi son conseil d’administration a étudié différentes options, afin d’améliorer la situation des producteurs de lait. «Nous avions deux objectifs, qui seront réalisés grâce à notre collaboration avec Mooh : pérenniser le financement de l’entreprise pour assurer et renforcer ses activités de défense professionnelle du secteur laitier, et valoriser le lait de centrale, dévoile, dans cet ordre, Marc Benoît. Nous sommes persuadés que c’est la meilleure voie, et nous nous investirons à convaincre nos membres.»

Bénéficier de synergies

 

Quels sont les bénéfices de cette restructuration pour les agriculteurs ? «En intégrant nos activités à celles de Mooh, elles seront conformes aux règles de l’IP lait, répond le président du conseil d’administration. Cela permettra également d’optimiser les transports et la logistique et, donc, de diminuer ces coûts pour les producteurs.» Un point sur lequel Philippe Gruet n’est pas tout à fait d’accord. «Selon les conditions d’achat de Mooh, il n’y a pas de suppléments à la quantité chargée, c’est-à-dire que c’est un forfait par arrêt de camion, explique-t-il. Ainsi, cela reviendra plus cher pour un petit producteur, mais ce sera plus économique pour celui qui livre de gros volumes.»

Quant à Prolait, le rapprochement avec la société Mooh lui permettra de renforcer ses activités fédératrices et ses différentes prestations -gestion de bâtiments et de projets, comptabilité, etc. «Nous pourrons nous engager dans de nouveaux projets», ajoute Marc Benoît.

 

La conséquence sur le prix du lait

 

«On nous a dit qu’on aurait une augmentation de deux centimes par kilo, ce qui n’est pas rien», affirme Philippe Gruet, qui était présent lors de la première séance d’information organisée par Prolait, la semaine dernière.

Du côté de la fédération yverdonnoise, la prudence est de mise : «Cette intégration permettra d’assurer un prix plus élevé, mais il est difficile de dire combien, car cela dépend du marché», avance Marc Benoît. «C’est connu que Prolait fixait des prix très bas, avoue Eugen Luz, gérant et responsable de l’approvisionnement chez Mooh. On espère que le prix pour les producteurs de lait va augmenter, mais nous ne pouvons pas garantir un changement effectif et immédiat.»

« Nous avions deux objectifs, qui seront réalisés avec la collaboration de Mooh : pérenniser le financement de l’entreprise et valoriser le lait de centrale.» Marc Benoît, conseil d’administration de Prolait.

« Nous avions deux objectifs, qui seront réalisés avec la collaboration de Mooh : pérenniser le financement de l’entreprise et valoriser le lait de centrale.» Marc Benoît, conseil d’administration de Prolait.

Une réponse qui n’est certes pas plus précise, mais qui a le mérite de mettre en évidence un autre point : le gain ne serait pas immédiat. «Nous ne connaissons pas exactement les conditions de Mooh, mais apparemment, durant un an, nous aurons une retenue sur la somme versée, explique Philippe Gruet, qui atteste un avis mitigé quant à la collaboration avec Mooh. Nous serons mieux payés, mais pas autant que les autres producteurs de chez Mooh. Donc oui, si on obtient deux centimes de plus pour notre lait industriel, on sera contents, mais on ne va pas non plus accueillir la nouvelle avec un grand sourire et en applaudissant.» Face à cette vérité, Mooh précise que le prix du lait sera identique pour tous ses producteurs, mais qu’une «petite retenue, limitée dans le temps, n’est pas exclue».

Prolait organisera, ces prochains jours, des séances d’information pour ses membres, afin d’expliquer les enjeux et l’importance de cette collaboration avec Mooh. Il est encore tôt pour connaître les détails de ce partenariat. Affaire à suivre.

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16 oct 2017

La recette pour attirer les gourmands dans les villages

Nord vaudois – Ouvrir un restaurant loin des villes et des grands axes routiers n’est pas chose facile. Comment relever ce défi ? Enquête au cœur des cuisines de la région.

Yves Mignot a repris l’Ecusson vaudois, à Bretonnières, il y a à peine un mois. Et demain, il lancera une nouvelle offre : un traiteur de cuisine du terroir. ©Carole Alkabes

Yves Mignot a repris l’Ecusson vaudois, à Bretonnières, il y a à peine un mois. Et demain, il lancera une nouvelle offre : un traiteur de cuisine du terroir.

Ballaigues, Vugelles-La Mothe, Agiez, Bretonnières, Essert- Pittet, Ependes : plusieurs villages de la région ont vu leur restaurant changer de mains. Parfois à cause d’un départ à la retraite, parfois par manque de motivation ou encore par nécessité, n’arrivant plus à joindre les deux bouts. Face à un taux de rotation de près de 25% dans le canton de Vaud, selon Gastro Vaud, pourquoi se lancer dans une telle aventure et, surtout, comment attirer les clients loin des villes pour manger une assiette ? Nous sommes allés à la rencontre de nouveaux tenanciers nord-vaudois qui ont décidé de quitter les quartiers urbains pour s’installer en campagne.

Nous verrons quelle stratégie, outre les efforts de communication, ils ont mise en place pour réussir. Trois experts dévoileront leur conseils pour mener la barque (lire ci-dessous).

 

Bonjour, bienvenue

 

Pour relancer Le Normand, à Agiez, Tanguy et Mariana Heiz ont lâché leur vie de citadins genevois. Et ils s’intègrent «jusqu’au bout des ongles» dans la région. ©Carole Alkabes

Pour relancer Le Normand, à Agiez, Tanguy et Mariana Heiz ont lâché leur vie de citadins genevois. Et ils s’intègrent «jusqu’au bout des ongles» dans la région.

Yves Mignot a repris l’Ecusson vaudois, à Bretonnières, fin septembre. Et dès mardi, il lancera une nouvelle offre : un traiteur. Bien loin de la cuisine de son prédécesseur, inscrit au Gault & Millau, le chef propose des «produits du terroir qu’on ne retrouve presque pas ailleurs, comme la langue de boeuf, les tripes, le papet vaudois, le boutefas, etc.»

Qu’est-ce qui a poussé cet ancien apprenti du Beau-Rivage Palace, à Lausanne, à venir s’installer à la campagne, après avoir tenu un restaurant à Saint-Sulpice durant 25 ans ? «La clientèle a changé sur la région lémanique, elle est devenue très exigeante, avoue ce bon vivant qui apprécie le franc-parler des Nord- Vaudois. Et du point de vue du management, cela devenait difficile, car j’étais seul pour gérer une quarantaine de collaborateurs.»

Pour lui, ce n’est pas le fait d’être proche d’une ville qui incite les gens à s’asseoir à sa table, mais l’attitude du patron. «Ce n’est pas difficile de fidéliser les clients si la cuisine est bonne et que le chef, ainsi que le personnel, sont accueillants, qu’ils disent bonjour et au revoir, et qu’ils prennent le temps de discuter avec eux, à la fin du repas.»

 

Trouver son coup de cœur

 

Pourtant, au début, Yves Mignot ne cherchait pas à reprendre cette auberge : «Je ne voulais même pas la visiter, parce qu’il y avait cette image du Gault & Millau et cela prend du temps pour que la clientèle s’adapte à un nouveau concept. Mais j’y suis quand même allé, à défaut de trouver quelque chose dans le Gros-de-Vaud (ndlr : il a visité une trentaine de lieux). Et heureusement, car j’ai eu un coup de cœur.» Il a également pu compter sur la Municipalité, propriétaire du bâtiment, qui a entrepris, à la demande du restaurateur, des travaux de rénovation en un temps record.

Idem pour Mariana et Tanguy Heiz. Ce jeune couple genevois a repris, en juillet dernier, Le Normand, à Agiez. «A la base, nous cherchions plutôt un endroit à la vallée de Joux, mais nous avons eu un coup de cœur pour ce lieu. Et malgré toutes les choses à refaire, nous avons vu qu’il y avait un véritable potentiel», raconte celle qui est spécialiste en communication. «Et comme je suis Normand à la base, on s’est dit que c’était un signe», renchérit son époux.

 

Une étude du marché

 

«Avant de signer, nous avons réalisé une grande étude de marché (ndlr : ils ont testé la plupart des restaurants aux alentours), parce qu’il faut pouvoir amener les bons produits aux bons endroits», poursuit Mariana Heiz. Pour se différencier, les deux amoureux de gastronomie ont donc apporté dans la région le concept de la bistronomie, qui est très tendance en ville actuellement. «On aime les goûts tranchés, une cuisine simple et une présentation soignée», résume la Genevoise.

Autre astuce de ces citadins branchés : une carte spécialement étudiée pour reconnaître les mets qui sont sans gluten, sans lactose, végétariens ou véganes. «On ne cherche pas à élaborer des plat particuliers, mais juste à faire prendre conscience aux gens qu’il y a des classiques, comme le tartare, qui sont sans gluten et sans lactose.»

Troisième élément qui permet au Normand de se distinguer des autres établissements du coin : les horaires, puisqu’il ouvre le dimanche soir et le lundi à midi.

 

Miser sur la proximité

 

Si leur cuisine est très différente, les Heiz et Yves Mignot partagent le même amour pour les produits du terroir. Chacun s’efforce de travailler avec les acteurs locaux, -vignerons, bouchers, boulangers, pêcheurs, etc.- pour concocter une carte de saison.

Mais, à Agiez, cette philosophie va encore plus loin : «Dès le début, nous avons voulu nouer de bonnes relations avec les artisans de la région, explique Mariana Heiz. Par exemple, je devais faire de la menuiserie, alors j’ai contacté une personne d’Agiez. Pour moi, un restaurant de village fédère les gens, mais pour qu’il retrouve son statut de lieu social, il faut que tout le monde joue le jeu.»

En l’occurrence, Le Normand et l’Ecusson vaudois ont réussi leur pari. Le premier affiche complet au moins un soir par semaine, selon ses tenanciers. Même chose pour l’auberge de Bretonnières qui, après à peine un mois d’exploitation, est «presque rentable», selon le chef cuisinier.

 

Peut-on reprendre n’importe quel établissement ?

 

Si le coup de cœur est essentiel pour donner le courage de se lancer dans l’ouverture d’un restaurant de village, cela ne devrait pas être le seul élément à prendre en compte. «On va avant tout dans un restaurant pour manger, donc si l’endroit est mal réputé pour sa cuisine, il sera difficile pour un nouveau tenancier de relancer l’affaire», estime Gilles Meystre, président de l’association Gastro Vaud. «Ceci est d’autant plus vrai que le restaurant n’est plus le refuge des villageois qui, avant, y restaient toute la journée», renchérit Elisabeth Basset, présidente de la section du Jura- Nord vaudois de Gastro Vaud.

Une des autres grandes questions à se poser avant d’ouvrir un nouvel établissement, c’est le style de cuisine que l’on souhaite apporter. Et, une fois encore, pour se déterminer, il faut également regarder l’histoire du lieu : «Il n’y a pas vraiment de recette magique, parfois il faut suivre les pas de son prédécesseur, parfois il vaut mieux changer du tout au tout, explique Gilles Meystre, avant de se lancer dans un récit : Je connaissais un restaurateur qui était un sacré personnage, à tel point qu’il était un petit peu le 8e municipal du village, et son établissement un phare dans la nuit. Passer après quelqu’un comme ça, c’est très difficile.»

En revanche, si l’endroit fonctionnait, le successeur aura tout intérêt à surfer sur une vague positive, quitte à établir une transition en douceur, où l’ancien patron explique son fonctionnement et ses astuces au nouveau venu.

 

Les communes détiennent quelques clés du succès

 

Selon Gilles Meystre, président de l’association Gastro Vaud (en médaillon), pour qu’un établissement prospère hors des agglomérations, il faut l’aide de tout le monde. Les premières clés du succès sont apportées par les communes, car ce sont elles qui sont généralement propriétaires des restaurants, auberges et cafés de village. Et s’il pouvait s’adresser aux municipalités, voici ce qui leur conseillerait :

«Tout d’abord, soyez clémentes en matière de bail, car c’est souvent ce poste de dépenses qui plombe la rentabilité d’un établissement. Ensuite, pensez autrement. Avant d’entreprendre des travaux de rafraîchissement ou de rénovation, attendez de trouver un exploitant pour discuter, avec lui, des travaux. Quant aux heures d’ouverture, laissez une marge de manœuvre aux restaurateurs. Les communes sont de plus en plus des cités dortoirs et il est difficile pour un établissement de village de faire son chiffre d’affaire entre 8h et 19h. Finalement, jouez le jeu. Si vous avez un apéro à organiser, ne mandatez pas un traiteur externe, préférez le restaurateur du coin. Cela nouera de bons liens. Il faut que cela soit un vrai partenariat, dans un sens comme dans l’autre.»

 

L’amour, ingrédient magique de La Table de Mary

 

Pour réussir à Vugelles-La Mothe, Maryline Nozahic avait misé sur l’originalité. ©Carole Alkabes

Pour réussir à Vugelles-La Mothe, Maryline Nozahic avait misé sur l’originalité.

Maryline Nozahic a des étoiles plein les yeux et même une sur sa veste, depuis lundi dernier, puisque la cheffe de La Table de Mary, à Cheseaux-Noréaz, a décroché un macaron Michelin. Une belle récompense pour une cuisinière qui a débuté à Vugelles-La Mothe, avec une carte riche en poissons du lac. «Quand on a commencé, on nous a dit qu’on ferait faillite si on ne proposait pas de fondue, se rappelle-telle. Mais cela fut tout le contraire. A mon avis, pour donner envie aux gens de se déplacer jusqu’à Vugelles, il ne faut pas proposer un plat qu’ils peuvent cuisiner chez eux.» Un conseil qui vaut aussi pour la décoration, puisqu’elle allouait un budget conséquent à l’achat de fleurs. «Si on arrive à s’en sortir là-bas, on peut réussir partout, lance, avec humour, la cheffe étoilée. Mais il faut travailler avec le coeur et ne pas compter ses heures.»

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16 oct 2017

Bavois : la victoire des braves

Football – Promotion league – Bavois a remporté un derby pas très joli contre Stade- Lausanne-Ouchy (3-2 aux Peupliers). Trois points qui font du bien.

Bavois gagne le derby et se donne de l’air par rapport à la barre. ©Champi

Bavois gagne le derby et se donne de l’air par rapport à la barre.

«C’était un derby. Ça s’est vu dans les duels, dans la tension.» Tant pis pour l’esthétisme, l’important était ailleurs (au tableau d’affichage), samedi aux Peupliers. Et ça, Arnaud Bühler et le FC Bavois l’avaient bien compris. Les Nord-Vaudois sont sortis vainqueurs (3-2) de la bataille contre Stade-Lausanne- Ouchy, devant un peu plus de 418 spectateurs.

 

Jusqu’au bout, cette fois

 

Remontés par La Chaux-de- Fonds le week-end précédent, après avoir mené 0-2 à la mi-temps, les Bavoisans avaient aussi des choses à se faire pardonner. Ils l’ont fait en retournant la situation, entre deux coups de canon du magicien Mejri (4e, sur un coup franc à plus de trente mètres, 0-1 ; 63e, d’une frappe de vingt mètres, 2-2) pas très bien négociés par le gardien Enrico. «On n’a même pas eu le temps d’entrer dans le match qu’on était déjà menés. Mais quand on a essayé d’aligner plus de trois passes consécutives, alors on a trouvé des décalages et pu mettre nos adversaires en danger, estimait Arnaud Bühler, au terme des débats. D’ailleurs, et c’est le cas depuis le début de la saison, on n’est souvent pas assez patients avec le ballon.»

Pour revenir dans la partie, Bavois a profité d’une équipe lausannoise pas très à l’aise sur un terrain difficile, hormis quand le ballon était dans les pieds de son meneur Mejri. Alvarez et ses pairs ont, alors, augmenté la pression sur l’arrière-garde du SLO. De quoi récupérer des ballons plus haut. La première alerte, pour les visiteurs, est tombée à la 20e, quand Gauthier a trouvé le poteau extérieur de Rodrigues. Dix minutes plus tard, Demiri et Alvarez avaient, chacun leur tour, permis à leurs couleurs de prendre les devants.

Un avantage au score que les Bavoisans n’ont pas toujours su conserver cette saison. «Par chance, on a mené que d’une longueur (ndlr : 2-1 et 3-2). Alors tout le monde est, cette fois, resté sur ses gardes», relevait encore le défenseur central arrivé de Wil durant l’été. Pas totalement sûre d’elle mais concernée, la troupe de Bekim Uka a passé l’épaule en bataillant, obtenant un penalty pour une main de Rego, après une mésentente avec son gardien.

 

Enfoncer le clou

 

Le succès obtenu permet à Bavois de continuer à prendre ses distances avec la barre. «Le week-end prochain, sur le terrain d’Old Boys (ndlr : le premier relégable, à sept points des Bavoisans), soit on relance les Bâlois, soit on les enfonce, fait remarquer Arnaud Bühler. A présent, il est temps de commencer une série positive, car jusqu’à présent, on fait un pas en avant, puis deux en arrière. Dommage, d’ailleurs, qu’on n’ait pas aussi pris les trois points à La Chaux-de-Fonds, car cela nous aurait permis de nous fixer de nouveaux objectifs.» Ce n’est que partie remise.

 

Bavois – Stade-Lausanne-Ouchy 3-2 (2-1)

 

Buts : 4e Mejri 0-1 ; 25e Demiri 1-1 ; 30e Alvarez 2-1 ; 63e Mejri 2-2 ; 77e Zeneli, pen. 3-2.

Bavois : Enrico ; Kurtic, Le Neün, Bühler, Cuénoud ; Bovay (74e Ouattara), Beynié, Demiri (94e Kilinc); Alvarez, Gauthier (80e Zali), Zeneli. Entraîneur : Bekim Uka.

Stade-Lausanne : Rodrigues ; Danner, Morax, Rego, Dangubic (82e Tebib); Gomis, Carvalho ; Ndongo, Mejri, Bavueza (73e Soos); Kok. Entraîneur : Andrea Binotto.

Notes : Terrain des Peupliers, 418 spectateurs. Arbitrage d’Alessandro Dudic, qui avertit Cuénoud (15e, faute d’antijeu), Zeneli (27e, jeu dur), Carvalho (57e, jeu dur), Demiri (75e, jeu dur) et Enrico (93e, antijeu). L’entraîneur Binotto est renvoyé aux vestiaires (82e, réclamations)

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13 oct 2017

Une capture d’innocence et de tendresse

Vuarrens – Martigny – Pour la première fois, le chenil des célèbres Saint- Bernard a accepté que ses chiots posent sous l’objectif de Cindy Evans, la photographe régionale.

C’est quand même plus sympa de tomber dans les bras de Morphée entouré de ses amis, non ? ©Cindy Evans

C’est quand même plus sympa de tomber dans les bras de Morphée entouré de ses amis, non ?

«Avant que je parte sur mon shooting, mon fiancé m’a précisé : surtout ne reviens pas avec un chiot ! Ce qui n’a pas été facile… En même temps, comment ne pas craquer lorsque l’on travaille avec d’aussi adorables animaux ?», confie la photographe de Vuarrens Cindy Evans, de retour d’un rendez-vous exceptionnel. La jeune femme a eu le privilège de s’immiscer au cœur du cocon des Saint-Bernard à la Fondation Barry, à Martigny, pour réaliser l’un de ses célèbres clichés. Sa spécialité : mêler des nouveau-nés âgés d’au maximum 14 jours -après ce laps de temps, ils perdent de leur souplesse, selon elle- et des petits animaux (voir ci-dessous). L’artiste nous dévoile, en exclusivité, son expérience et le résultat de cette visite (photo ci-dessus).

 

Un cliché unique

 

Ce moment, Cindy Evans l’attendait avec impatience, car cela faisait plus de deux ans qu’elle souhaitait franchir les portes du chenil de Martigny. «J’avais appelé l’éleveur lorsque je travaillais sur mon premier livre, mais cela n’avait pas pu se faire, raconte-t-elle. Alors, quand j’ai vu dans le journal qu’une nouvelle portée venait de naître, je l’ai vite contacté.»

Après de longues négociations, la Fondation Barry a, finalement, accepté qu’elle installe un studio éphémère dans l’enceinte. Autant dire que ce n’était pas le jour pour oublier du matériel ou arriver avec des batteries à plat : «J’avais la pression, parce que c’était la première fois que l’élevage acceptait qu’un photographe professionnel vienne faire un shooting au sein du chenil, explique Cindy Evans. Je n’avais pas le droit à l’erreur.» «C’est vraiment exceptionnel, confirme Anne Hölzer, gardienne d’animaux au chenil de Martigny. Car, généralement, les chiens ne posent pas plus de quinze minutes (ndlr : le shooting a duré près de trois heures) et nous évitons de faire venir plus d’une ou deux personnes en même temps devant les animaux, «parce que si les gens font n’importe quoi, cela pourrait les traumatiser.»

Pour assurer ses arrières, la jeune maman de 35 ans a tout préparé : le décor, les habits et les «mannequins ». «Je voulais absolument un bébé dodu, blanc, garçon, valaisan et avec des cheveux», détaille-t-elle.

 

Une bonne dose de patience

 

Elle a trouvé son bonheur avec «un model», qui a profité du décor confortable pour entreprendre une petite sieste. «C’est incroyable, parce que dès qu’on met ensemble un nouveau-né et un bébé animal, aussi agité soit-il, la nature reprend toujours ses droits car, après quelques instants, tout le monde se calme et s’endort l’un sur l’autre», rapporte celle qui a réalisé plus de nonante portraits avec des chiots, des chatons, des canetons, des porcelets, des cabris et même des serpents.

Et c’est après environ 2h30 de patience et de travail que Cindy Evans capture «le» moment parfait à ses yeux. «Ça valait vraiment la peine d’attendre», conclut-elle.

 

Une huissière passionnée de bébés et de photo

 

©Cindy Evans

©Cindy Evans

Originaire du Jura bernois, Cindy Evans (photo ci-contre) est très vite tombée dans le monde de la photographie, puisque, dès ses 12 ans, elle arpente les rues de son quartier comme un véritable paparazzi. Mais c’est véritablement à 20 ans qu’elle se découvre sa passion, lorsque sa maman l’initie à la photographie en lui léguant son premier reflex. Puis c’est en tant que huissière, qu’elle se lance dans la vie professionnelle. En 2011, elle décide de se consacrer à son art et à sa famille. Elle devient photographe professionnelle en 2014 et, un an plus tard, elle sort son premier livre intitulé «Premiers jours», qui met en scène des nouveaux- nés et des petits animaux. «J’ai toujours adoré les bébés. Quand j’ai un nouveau-né dans les bras, je suis comme dans une petite bulle et j’oublie tous mes soucis, explique l’habitante de Vuarrens. Dès que j’ai commencé à faire de la photo, j’ai vu que j’arrivais mieux avec les bébés, alors j’ai décidé de me focaliser sur ce domaine.»

Depuis la sortie de son livre, qui s’est vendu à quelque 400 exemplaires -son prix est fixé à 75 francs-, c’est l’engrenage : une entreprise lui propose d’exporter ses clichés en Europe, via un calendrier, la banque Raiffeisen expose ses toiles à la succursale d’Echallens jusqu’à la fin de ce mois et, dès le 1er novembre, c’est la maternité de l’Hôpital du Jura-Bernois qui suspendra ses clichés. Finalement, mardi dernier, Cindy Evans a appris qu’elle était sélectionnée par l’Union suisse des photographes professionnels pour exposer ses oeuvres dans une galerie genevoise.

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13 oct 2017

Les dispositions de La Poste inquiète

Nord vaudois – Jean-Pierre Grin, conseiller national, a déposé un postulat devant le Conseil fédéral, au sujet de la fermeture des guichets postaux.

L’avenir des offices postaux reste incertain, comme ici celui de Mathod. ©Duperrex-a

L’avenir des offices postaux reste incertain, comme ici celui de Mathod.

Les mesures prises par La Poste, qui envisage de fermer plusieurs guichets postaux (lire La Région Nord vaudois du 9 octobre), inquiètent les politiques. Le conseiller national Jean-Pierre Grin a donc déposé un postulat, récemment.

«Le Conseil fédéral est chargé de faire en sorte que La Poste communique avec les associations régionales et les communes concernées sur la vision de cette dernière, à moyen et long terme, en ce qui concerne le maintien des bureaux postaux», remarque le Nord-Vaudois. Selon lui, les responsables régionaux et communaux sont particulièrement préoccupés par les intentions du géant jaune, qui annonce non seulement de nombreuses fermetures, mais laissent aussi planer de très grandes incertitudes quant à l’avenir de bureaux de poste situés dans des lieux centraux, tant du point de vue de l’habitat que de l’emploi.

«Le Nord vaudois compte 83 000 habitants et bénéficie actuellement de quinze offices existants, mais seuls trois offices sont estampillés hors danger. Cela pourrait signifier, à terme, un office pour 28 000 habitants, indique Jean- Pierre Grin. Pour lui, le service public de base assuré par La Poste doit être accessible facilement et sans que les usagers parcourent de longs déplacements pour avoir accès à ses prestations. C’est pourquoi un échange entre les acteurs politiques et économiques s’avère nécessaire.

 

Fermeture imminente ?

 

La Municipalité de Donneloye a également été informée de la décision de fermer l’office postal (lire La Région Nord vaudois du 30 août). «On lutte, en vain, pour tenter de maintenir une vie villageoise, constate la syndique Lise Courvoisier. Même si je salue la démarche, je doute que le postulat de Jean-Pierre Grin trouve un écho auprès du Conseil fédéral.»

Par ailleurs, la Commune a le projet de réaliser un nouveau complexe immobilier comprenant un nouveau restaurant, ainsi qu’une boulangerie-épicerie. «Si le Conseil général accepte cette mesure, nous souhaiterions installer une agence postale», poursuit la syndique, qui en a informé La Poste. Cette dernière a accordé un délai à la Municipalité jusqu’à ce que le législatif prenne une décision.

Quant à l’option d’un service à domicile (lire La Région Nord vaudois du 9 octobre), elle n’est pas du tout envisagée pour le moment. «Ce serait la mort de notre village», s’inquiète Lise Courvoisier.

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13 oct 2017

«Il n’y a rien de mieux que de fêter une ascension»

Hockey – 1re ligue – Formé au club, Aymeric Deschenaux est ravi de retrouver un niveau de jeu que le HC Yverdon avait quitté en 2015.

Aymeric Deschenaux, 21 ans, se sent plus affûté que jamais, en ce début de saison. ©Michel Duperrex

Aymeric Deschenaux, 21 ans, se sent plus affûté que jamais, en ce début de saison.

Si le HC Yverdon s’est incliné 6-5 à Sierre, le week-end dernier, il n’en a pas moins réussi une performance bluffante face au favori du championnat. Aymeric Deschenaux s’est mis dans la lumière en inscrivant son nom à cinq reprises sur la feuille de match (deux buts et trois assists). A 21 ans, le puissant ailier du HCY, formé au club, est l’un des grands gagnants du retour de son équipe en 1re ligue. Rencontre avant le match de ce soir, contre Meyrin.

 

Aymeric, quel match contre Sierre ! L’air du Valais semble bien vous convenir.

C’est vrai que samedi passé, tout me réussissait. Mais c’est toute l’équipe qui a bien joué dès le deuxième tiers. On a même, je crois, jamais réalisé un aussi bon match. Et, ce jour-là, c’est principalement à moi que les choses ont souri.

 

Lors de la relégation (sur le tapis vert en 2015) d’Yverdon en 2e ligue, en tant que jeune revenu à votre club formateur, vous faisiez partie des grands déçus. Qu’en est-il désormais ?

Ce qui est génial, c’est d’avoir pu vivre la promotion. Il n’y a rien de mieux, au hockey, que de fêter une ascension. Encore plus avec le club de mes débuts. Au final, je n’ai pas de regret d’avoir choisi de rester au club, avec mes amis et dans la ville où je vis. Cela dit, sur le coup, la relégation avait été blessante car, sportivement, on avait notre place.

 

Finalement, que retirez-vous des deux saisons passées à l’échelon inférieur ?

Cela m’a certainement permis de gagner du temps de jeu, d’avoir un rôle en vue, même si je commençais à m’établir et à obtenir plus de responsabilités en 1re ligue aussi. Malgré mon âge, en 2e ligue, je me suis retrouvé comme l’un des leaders, la plupart des nouveaux arrivés n’ayant jamais encore évolué à ce niveau.

 

Quels sont les principaux changements, par rapport aux deux dernier championnats, que vous avez constaté dans votre nouvelle ligue ?

Il y a tout simplement de plus de beaux matches, avec plus d’enjeu, je pense. Avec la création de la MSL, la 1re ligue est devenue vraiment serrée, et c’est très intéressant.

 

Cette saison, et c’est une première, vous ne disputez plus le double championnat avec, à la fois, la «une» et les juniors du club. Qu’est-ce que cela change ?

Beaucoup de choses. Même si j’en avais avant, je constate que je prends nettement plus de plaisir. Auparavant, avec deux rencontres chaque week-end, cela faisait trop. Je sens que j’ai bien plus envie de me rendre aux entraînements, car j’ai du temps pour me reposer et décompresser. Et puis, physiquement, je suis bien plus frais. Je me sens mieux sur la glace et j’ai moins de petites douleurs, qui m’ont passablement gêné les années précédentes, et notamment l’hiver passé. Je suis certain que ces blessures étaient principalement dues à la fatigue.

 

Depuis des années, vos êtes indissociable de Jérôme Vioget qui, lui, joue au centre de votre trio…

On évolue ensemble depuis mon retour à Yverdon, en 2012, avec les juniors. Et c’est également le cas avec la première équipe. Non seulement on se comprend parfaitement sur la glace, mais on s’entend super bien également en-dehors. Je crois qu’on se complète, lui est dribbleur et passeur, et moi plutôt rapide et physique. Même si on est jeunes, l’entraîneur attend de nous qu’on fasse la différence.

 

Que peut espérer le HC Yverdon cette saison ?

Si on joue comme on l’a fait durant quarante minutes à Sierre, en bossant tous ensemble, alors on peut viser le top 4. On sait que tous les adversaires sont à notre portée.

 

Ce soir, 20h45 : Yverdon – Meyrin.

Demain, 20h15 : Villars – Vallée de Joux.

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12 oct 2017

Michaël Randin, le premier chocolatier bio

Montcherand – L’artisan enchaîne les succès. Après avoir décroché trois médailles au Concours suisse des produits du terroir, il vient de lancer la première production de chocolat suisse certifié du label Le Bourgeon Bio.

Le premier chocolatier certifié Bourgeon Bio de Suisse, Michaël Randin, a confectionné une délicieuse cloche pour la Bourse aux Sonnailles de Romainmôtier, prévue les 12 et 13 octobre prochains. ©Michel Duperrex

Le premier chocolatier certifié Bourgeon Bio de Suisse, Michaël Randin, a confectionné une délicieuse cloche pour la Bourse aux Sonnailles de Romainmôtier, prévue les 12 et 13 octobre prochains.

Nul besoin d’aller bien loin pour dénicher des perles rares. Parfois, elles se trouvent juste sous nos yeux. Ces perles, ce sont celles du chocolatier Michaël Randin, dont l’atelier est basé à Montcherand. Grâce à sa demi-lune au Missile -liqueur de gentiane et bourgeon de sapin fabriquée à la vallée de Joux-, l’artisan vient de décrocher une médaille de bronze au Concours suisse des produits du terroir, à Courtételle. Un prix de plus à accrocher à côté de ses deux médailles d’or remportées en 2015. Et ce n’est pas tout : quatre de ses recettes -sur cinq envoyées- ont été sélectionnées pour le Prix d’excellence du concours Le Bourgeon Bio Gourmet 2017, dont la remise aura lieu le 10 novembre à Zurich. Eh oui, car ses perles de chocolat ne sont pas seulement parmi les meilleures du moment, mais également les seules à être certifiées par le label Bourgeon Bio (voir ci-dessous).

 

32 nouvelles recettes

 

Michaël Randin n’a trouvé que deux fournisseurs suisses de chocolat Bourgeon Bio. Petite surprise : ils ne livrent que par blocs de 10 kilos. ©Michel Duperrex

Michaël Randin n’a trouvé que deux fournisseurs suisses de chocolat Bourgeon Bio. Petite surprise : ils ne livrent que par blocs de 10 kilos.

Honoré de ce titre depuis mai dernier, Michaël Randin vient de commencer la fabrication de ses recettes bio. «J’ai mis plusieurs mois pour m’adapter, explique l’artisan de 33 ans. Car j’ai dû changer toutes mes matières premières pour obtenir la licence et j’ai découvert qu’elles ne se travaillaient pas du tout de la même manière que les ingrédients classiques.»

Première difficulté : trouver des ingrédients Bourgeon Bio. Ce qui n’est pas chose facile : «Je n’ai trouvé que deux fournisseurs en Suisse et ils ne livrent que par bloc de 10 kilos, explique-t-il. Et je dois tout râper à la main.» Mais ce n’est pas le seul changement qu’il a entrepris pour obtenir le fameux Graal vert. «J’ai dû revoir ma façon de cuisiner, parce que le chocolat bio est plus épais que le classique, ainsi que toute ma gestion des stocks, car les matières premières bio ne se conservent pas facilement. Alors je dois commander moins, mais plus souvent.»

Côté finances, ce changement a également un impact : «Le prix des matières a presque doublé», révèle-t-il.

 

Saveurs à la clé

 

Et pourtant, en dépit de toutes les difficultés et des démarches administratives, il ne regrette pas d’avoir sauté le pas. «Le goût du chocolat est beaucoup plus intense, révèle-t-il. C’est un petit peu comme un vin, on sent la différence entre un grand cru et un autre.»

Aujourd’hui, il n’a réussi à obtenir l’étiquette bio que pour 32 de ses cinquante recettes. «Je n’ai pas encore trouvé le moyen de remplacer la poudre de rubis que j’utilise pour ma décoration, mais j’espère pouvoir passer à 100% d’ici à cinq ans», conclut-il.

Michaël Randin a accepté de nous ouvrir les portes de son atelier, et nous en avons profité pour réaliser une vidéo et un interview, à découvrir sur notre site www.Laregion.ch/region-tv ou directement ci-dessous:

Produire du chocolat bio : tout un processus

 

L’Ordonnance fédérale sur l’agriculture biologique définit ce qu’il faut faire pour qu’un produit suisse puisse porter l’étiquette bio. Et même si «nul n’est sensé ignorer la loi», Michaël Randin ne se doutait pas de ce que signifiait le fameux bourgeon bio. Car il y a un cahier des charges très pointu à respecter avant, durant et après la production bio. Le chocolatier doit noter tout ce qui entre et sort de son atelier et n’utiliser que des matières premières certifiées Bourgeon Bio.

«Ainsi, je suis sûr que les vaches qui produisent le lait que j’utilise n’ont jamais été traitées avec des antibiotiques», explique-t-il. Tout le processus, de la recette à l’étiquette, est vérifié par Bio Suisse, un organisme accrédité par l’Etat. «C’est certainement un des labels les plus exigeants du monde, car il ne suffit pas d’avoir des produits bio pour obtenir le certificat. Il faut encore qu’ils suivent une charte éthique», confie l’artisan.

 

Elève de Guignard

 

Apprentis du confiseur urbigène Philippe Guignard, Michaël Randin a toujours rêvé de devenir chocolatier. Une fois son certificat en poche, il a tenté sa chance chez Christian Boillat, à Saint-Prex. «J’ai commencé par faire du chocolat, mais on m’a dit que j’étais mauvais, raconte-t-il. Alors je suis devenu chef pâtissier.» Ensuite, il a fait un bout de chemin à La Fabrique, à Champagne.

Mais une fois encore, il n’a pas décroché le poste qu’il désirait. C’est en 2009, après une petite formation en entrepreneuriat, qu’il a trouvé le courage de réaliser son rêve. Et en 2015 qu’il a décroché ses premières récompenses.

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